Alou Diarra et Samir Nasri

A un peu plus de trois mois de l'Euro, Laurent Blanc commence à connaitre la liste définitive des 23 qui l'accompagneront à l'Euro en Pologne et en Ukraine. Mais durant la campagne de matches amicaux qui attend la France, certains joueurs ont une carte à jouer pour se glisser in extremis dans cette short-list.

Avant chaque compétition internationale, c'est toujours la même rengaine: tout le monde veut faire partie de la liste des 23, mais malheureusement les places sont limitées. Et si Laurent Blanc dispose déjà d'un noyau dur dont on est quasi certains qu'il ira à l'Euro, certains ont une grosse carte à jouer lors de cette campagne de matches amicaux, pour s'attirer les faveurs du sélectionneur français. Face à l'Allemagne, la France jouera sont dernier match test avant d'entamer la dernière ligne droite avant l'Euro (Islande, Serbie, Estonie entre le 27 mai et 5 juin).

Défensivement, les cadres sont plus ou moins connus. On sait très bien que la charnière titulaire de Laurent Blanc devrait être composée d'Adil Rami et Philippe Mexès, comme il l'a lui-même avoué en conférence de presse. Sur le flanc gauche, Eric Abidal semble tenir la corde face à Patrice Evra, tandis qu'à droite, la hiérarchie n'est pas encore fixée. En l'absence de Sagna, de retour de blessure et jugé trop juste par Laurent Blanc, ce sont Mathieu Debuchy et Anthony Réveillère qui ont été convoqués. Mais on peut légitimement penser que l'ancien coach bordelais n'emmènera que deux latéraux droits de formation. Le Lyonnais et le Lillois vont donc se disputer une place pour deux. Si Réveillère à l'avantage au niveau des sélections (16 contre deux pour Debuchy), le Lillois a l'atout d'être régulier et souvent décisif avec son club. Mercredi soir, ce sera vraisemblablement l'occasion pour un des deux de provisoirement dire au revoir aux Bleus. 

Le temps presse 

L'autre paramètre déterminant qu'a évoqué Laurent Blanc pour faire son choix définitif concerne le temps de jeu des internationaux français. Et de nombreux Français passent plus de temps sur le banc que sur les terrains dans leur club respectif. En premier lieu, on retrouve Florent Malouda, écarté de l'équipe type de Chelsea depuis l'arrivée d'André Villas Boas. Après avoir enchaîné plusieurs prestations décevantes avec les Bleus, le Guyanais a contre l'Allemagne une dernière chance de prouver à Laurent Blanc qu'il mérite une place dans le groupe des 23. D'autant que la concurrence est rude sur l'aile gauche tricolore, avec Franck Ribéry ou encore Samir Nasri qui briguent le poste.

Le Marseillais est dans le même cas que Malouda. Étincelant lors de son arrivée à Manchester City, Samir Nasri s'est peu à peu éteint pour finalement être relégué sur le banc des remplaçants par Roberto Mancini. Son parcours en équipe de France a été du même acabit. Censé remplacer ni plus ni moins que Zidane, Nasri a quasiment tout le temps déçu lors de ses sorties avec les Bleus, que ce soit au poste de meneur de jeu axial ou bien en tant que milieu excentré. Seul son match face à la Bosnie en novembre peut relever le niveau. A moins d'une remise en question rapide, Nasri pourrait encore une fois manquer une grande compétition internationale, comme ce fut le cas lors du Mondial 2010.

Pas de passe-droit 

Coté attaquant, tout semblait sourire à Kevin Gameiro en début de saison, fraîchement débarqué à Paris en provenance de Lorient. Après trois mois de folie qui l'ont vu inscrire but sur but et caracoler en tête du classement des buteurs, le petit attaquant a connu une période de disette encore en cours. D'ailleurs, elle pourrait se prolonger au vu du coaching gagnant d'Ancelotti, qui a récemment préféré titulariser Hoarau plutôt que Gameiro, avec le succès que l'on connait. Aucune place n'est définitivement acquise, comme le découvre actuellement Gameiro au PSG, et peut-être bientôt en équipe de France. 

Parmi la dernière liste concoctée par Laurent Blanc, certains font figure de surprise permanente. C'est le cas d'Alou Diarra par exemple, qui a été plus qu'en dessous de son niveau ces derniers mois. Mais le milieu de terrain a gardé de bons contacts avec Laurent Blanc, alors que les deux hommes évoluaient alors à Bordeaux. Mais les liens d'amitié ne seront peut-être pas suffisants pour compenser les lacunes réelles de Diarra sur le plan du jeu. Celui qui faisait partie de la short-list de Laurent Blanc pour le poste de capitaine des Bleus a d'ailleurs été écarté au profit d'Hugo Lloris. Un indice sur le futur de Diarra en équipe de France ?

Chimbonda, Gomis, et maintenant ? 

Enfin, il y a une dernière catégorie, celle dont la convocation s'est avérée être une surprise, et qui n'ont finalement rien à perdre. Morgan Amalfitano fait partie de cette espèce à part, et se voit logiquement récompensé de ses excellentes performances avec Marseille. Pourtant, de nombreux joueurs avaient fait leur première apparition en équipe de France peu avant une grande compétition internationale, sans que cela ne soit couronné de succès. A Amalfitano de faire mentir cette "tradition" et de démontrer à Laurent Blanc qu'il a vraiment quelque chose à apporter aux Bleus. Il pourrait d'ailleurs recréer la doublette inarrêtable qui sévissait l'année dernière à Lorient avec Kevin Gameiro. 

Et last but not least, le revenant Louis Saha. Arrivée surprise en raisons des forfaits conjugués de Karim Benzema et Loïc Rémy, l'attaquant français passé par Fulham, Manchester United et désormais Tottenham, retrouve les Bleus après plus de 18 mois d'absence. Une convocation que Petit Louis prend avec philosophie: il sait très bien qu'il n'a que très peu de chance de participer à l'Euro, à moins d'un forfait longue durée d'un attaquant vedette des Bleus. Mais qui sait, ses performances de mercredi vont peut-être modifier la hiérarchie établie par Laurent Blanc. C'est aussi à cela que servent les matches amicaux, non ?

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