Equipe de France : une histoire tumultueuse avec ses supporteurs

par Onsenfoot, publié le 11 octobre 2011

Alors que l’équipe de France de football doit jouer son dernier match ce mardi contre la Bosnie, on apprend que le Stade de France n’est pas encore plein ! C’est pourtant une sorte de finale qui n’en est pas une qui va déterminer si la France sera directement qualifiée ou pas… Retour sur une impopularité croissante de cette équipe nationale.

L’histoire de l’équipe de France est faite de hauts et de bas. Mise à part la quatrième place de la Coupe du monde 1958 et l’épopée de Justo Fontaine auteur de 13 buts en Suède, les Bleus de France ne montrent rien de probant entre 1930 et 1978 ! Un gouffre où différentes générations se sont cassées les dents, une période significative du peu d’attrait aux sports collectifs et plus particulièrement le football. La mainmise des Verts sur le championnat de France va conditionner un renouveau relatif de la sélection et l’aventure européenne de Saint-Etienne peut être considérée comme le renouveau du football français.

Mais à partir de 1978, la génération Platini prend peu à peu le pouvoir et c’est quand l’ancien meilleur buteur de la sélection était au sommet que l’équipe a réalisé ses plus beaux résultats : quatrième en 82 avec cette demi-finale de Séville qui est restée dans la mémoire collective. C’est ce deuxième évènement footballistique français qui va susciter plus d’attirance envers le foot français. Puis est venu le premier sacre du football français, l’Euro 84 à Paris, une équipe de France emmenée par un Platini en fusion avec neuf buts inscrits dans la compétition, record à battre. Le public était au rendez-vous et a continué de surfer sur la vague 82. La Coupe du monde 86 a vu la France atteindre le podium, une nouvelle fois privée de finale par l’Allemagne en demie, après un quart de finale face au Brésil que bon nombre de connaisseurs qualifient comme match du siècle !

Suite à ces nouveaux succès, l’équipe de France retombe dans ses travers en ne se qualifiant pas pour l’Euro 88 et la Coupe du monde 90, pourtant emmenée par Platini. Puis le public reprend espoir en la sélection nationale où les Bleus établissent un parcours parfait lors des qualifications de l’Euro 92. Papin et Cantona sont les deux têtes d’affiche de la sélection et font le bonheur des aficionados. Mais cette équipe rate complètement son Euro… Cela aura des conséquences sur les qualifications pour les USA en 94. L’équipe change peu, un combat entre Marseillais et Parisiens pollue la sélection, le public est divisé, la sélection ne s’unit pas dans la dernière ligne droite, puis arrivent les deux dernières confrontations contre Israël et la Bulgarie pour le résultat final que l’on sait…

Et c’est là que l’histoire de l’équipe de France prend un virage à 180 degrés. Aimé Jacquet, l’ancien adjoint de Houiller, reprend la sélection. Et il choisit un groupe d’hommes pour préparer la Coupe du Monde 98 en France. Pour cela, il met de côté les deux idoles du public français, Ginola et Cantona pour mieux unifier le groupe. L’histoire lui donnera raison mais sur le coup, le public français ne comprend pas les choix du sélectionneur qui est décrié par toute la presse, et donc la cote de popularité de l’homme de Sail-sous-Couzan baisse. Malgré tout, l’équipe de France se qualifie pour l’Euro 96 Anglais et parvient en demi-finale avant de perdre aux tirs-aux-buts devant les Tchèques.

La succession de matchs amicaux pour préparer la Coupe du monde à la maison n’est pas franchement une réussite sur le plan du jeu, les médias français se plaignent à tout va et la fronde est menée contre Jacquet. Seulement, le technicien et son staff créent un groupe uni et défensif qui remporte le Graal en battant le Brésil en finale trois zéro, avec un doublé de la nouvelle icône nationale et planétaire, Zinedine Zidane… Et dès lors, aucune autre équipe nationale n’aura fait autant levé les foules, les Français sont descendus dans la rue, le PIB du pays a augmenté de +0.5% par rapport aux prévisions, les joueurs ont tous fait des publicités, ils étaient invités sur tous les plateaux télés, les radios, allaient aux Enfoirés…

France 98 est devenue une image forte, le public français s’est identifié à elle et la sélection nationale est devenue le symbole de la victoire, un bien fou au moral des français. Ce sentiment s’est amplifié lors de l’Euro 2000 où elle est devenue invincible, avec ce but égalisateur de Wiltord alors qu’il ne restait que 55 secondes de jeu lors du temps additionnel de quatre minutes. Trézéguet a envoyé la France au sommet de son art en catapultant le ballon dans la lucarne gauche de Toldo à la 103ème. La France s’est une nouvelle fois levée pour ce match qui aura constitué, à l’époque, la meilleure audience en France de tous les temps…

La France surfe sur les succès en remportant la Coupe des Confédérations en 2001 au Japon, tournoi préparatoire de l’échéance mondiale l’année suivante. Alors que tous les joueurs de l’équipe de France sont au sommet de leur art dans leurs clubs respectifs, la sélection nationale emmenée par Lemerre arrive complètement cramée en Corée du Sud. Annoncée déjà gagnante du Mondial, on se rappelle de la publicité d’Adidas montrant la deuxième étoile sur le maillot frappé du coq, le public français pense que c’est obligatoire que ses protégés reviennent avec la breloque. La blessure de Zidane contre la Corée, quatre jours avant le match d’ouverture contre le Sénégal, porte un gros coup au moral du reste de l’effectif comme du public qui va devoir regarder son équipe sans son Messie. Deux défaites et un nul plus tard, les Bleus rentrent au pays traumatisés et le regard de toute une nation change déjà.

Cette équipe de France est pour bon nombre de Français la meilleure du monde et doit tout gagner. Elle renoue cependant avec le succès lors de la Coupe des Confédérations 2003 qu’elle organise. Sa victoire, avec un Thierry Henry réclamé par tout un peuple et de loin le meilleur de la compétition, est entachée par la mort de Marc-Vivien Foé à Gerland, ce joueur lyonnais tombé raide dans le rond central de son stade en demie finale. Puis vient l’épisode 2004.

La France s’est qualifiée brillamment pour le Portugal en remportant ses huit matchs éliminatoires, avec en prime une victoire probante en Allemagne 3-0. Le public français pense alors que la Corée n’était que l’exception qui confirmait la règle et que cette équipe allait encore tout rafler. Les premiers signes d’alarme interviennent dès le premier match contre l’Angleterre où Lampard ouvre le score avant que Beckham ne voit son pénalty repoussé par Barthez. Puis le Messie arrive et offre la victoire à tout un peuple en deux minutes, d’un maître coup franc suivi d’un pénalty à la dernière seconde. Encore une fois, la France croit en son équipe, et avec Zidane, le meilleur joueur de tous les temps pour les supporters actuels, rien ne peut lui arriver. Sauf qu’elle joue en 4-4-2 avec Zidane sur le côté gauche, Henry et Trézéguet devant et Desailly derrière complètement à la ramasse. Et les Bleus tombent contre une équipe de Grèce moche et chiante à jouer au possible, maîtrisant parfaitement le contre, eux qui parviendront à remporter l’épreuve.

Suite à ce nouvel échec, les cadres du groupe, à savoir Zidane, Thuram et Makélélé décident de s’arrêter. Domenech reprend la sélection et souhaite insuffler un sang nouveau en intégrant les jeunes. Sauf que les matchs nuls se suivent et se ressemblent, tous aussi ennuyeux que ternes les uns que les autres. Et en plein mois d’août, le Messie revient et l’annonce à L’Equipe qui en fait sa Une (IL REVIENT). Le génie français aurait rêvé se voir en finale de la Coupe du Monde un an plus tard… C’est véritablement un bol d’air pour toute une nation qui reprend espoir et qui se remet à aimer son équipe, d’autant plus qu’elle enchaîne les victoires dont ce fameux 1-0 à Dublin si important, qui les envoie en Allemagne.

C’est la Coupe du Monde 2006 et Zidane a annoncé qu’il mettrait fin à sa carrière. Cependant, personne ou presque n’ose avouer avant le début de la compétition et pendant les matchs de poule que la France a une chance de gagner une deuxième étoile. Les deux premiers matchs se soldent par des nuls malheureux contre la Suisse et la Corée du Sud. D’ailleurs Zidane prend deux cartons jaunes en deux matchs et ne pourra pas jouer le décisif contre le Togo, que Henry et Vieira se chargeront de remporter. Vient alors la phase à élimination directe et c’est le réveil du génie. Sous l’impulsion d’un Zidane au sommet de son art, accompagnée d’une équipe soudée, resserrée et certaine de son potentiel, l’équipe de France allonge l’Espagne qui voulait mettre à la retraite le numéro 10 français, puis Zidane réalise le meilleur match de sa vie contre le Brésil où il aura tout fait, même délivré sa première passe décisive à Henry ! C’est Zidane qui envoie la France en finale en convertissant le pénalty contre les Portugais de son ami Luis Figo. Et contre l’Italie, c’est le drame du 21ème siècle.

En effet, la France et le public français sera passé par tous les sentiments. Tout d’abord la joie devant le génie absolu de Zidane qui réussit une Panenka sur son pénalty à la 7ème, la déception devant l’égalisation de Materazzi dix minutes plus tard puis la frustration devant une grosse domination stérile française, on pense à la frappe de Ribéry à côté ou bien la tête de Zizou lors de la première prolongation. Et survient ce fameux coup de boule. Zidane expulsé, la France finit à dix, parvient à la loterie générale et sans son capitaine, le navire bleu coule sur la transversale de Trézéguet.

Cependant, les joueurs français sont accueillis en héros à Paris le lendemain après leur avoir donné tant de bonheur. Zidane est pardonné par tout un peuple, son président en tête. Et Zidane arrête sa carrière internationale, mais reste le symbole de la victoire. Mais ce départ n’est pas anodin, car depuis qu’il n’est plus là, alors que le nombre de licenciés football en France ne cessait de croître pour atteindre un total de plus de 2.2 millions, ce nombre baisse. Et il baisse en même temps que les résultats de la sélection nationale.

La nouvelle équipe de France de Domenech, où Thuram est capitaine, est conduite par Henry et Makélélé. Cependant, il manque à ce groupe ce génie qui a toujours été nécessaire à une équipe Bleue pour remporter un trophée et bien figurer dans une compétition. Si Henry bat le record de buts en sélection de Platini, il n’est plus l’artificier d’Arsenal qui transforme une demie occasion en but. Et ses pourvoyeurs de ballons ne sont plus aussi talentueux. Malouda et Ribéry ne prennent pas la succession du Messie. A l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche, les Bleus tombent dans un groupe très compliqué avec la Roumanie en hors d’œuvre mais avec les Pays-Bas et l’Italie. A la grande époque, à l’Euro 2000, le groupe de la France était composé du Danemark, de la République Tchèque et des Pays-Bas. Sauf qu’en huit ans, les choses ont bien changé. Et avec un nul et deux défaites, la France est piteusement éliminée, avec Henry qui marque le seul but Bleu de cette compétition.

Suite à cet échec incroyable, la FFF décide, après moult débats dans les médias et une pression énorme de la presse et du peuple, de conserver en poste Raymond Domenech, qui n’avait rien trouvé de mieux que de demander la main de sa femme en mariage au soir du naufrage contre l’Italie… Déjà que l’équipe de France ne présentait pas un beau visage, ne faisait pas plaisir à regarder jouer, qu’elle était vieillissante et sans envie, elle avait à sa tête un homme qui faisait la guerre aux médias, avec une communication exécrable et qui souhaitait se barricader dans des bunkers improvisés.

Domenech maintenu, il devait désormais faire sans Thuram et Makélélé véritablement partis à la retraite. Et la mayonnaise ne prend pas à tel point que le sort du sélectionneur réside au résultat du match en Roumanie. Menée deux zéro, l’équipe de France remonte à deux partout avec des réalisations de Ribéry et Gourcuff, son plus beau but en Bleu. Elle continue ses qualifications en terminant seconde derrière la Serbie et doit passer par les barrages pour se donner le droit d’aller en Afrique du Sud.

Ce sera l’Irlande. Cette double confrontation restera marquée dans les annales du football français. Auteur d’un match grotesque à l’extérieur, la France doit se remettre à une frappe déviée d’Anelka, heurtant le poteau avant de rentrer pour revenir à Clairefontaine avec la victoire. Et le match retour, quatre jours plus tard, soulèvera la première énorme polémique de l’histoire du foot hexagonal. La France se qualifie au prix d’une rencontre où elle aura montré une fébrilité flagrante, les Irlandais profitant des largesses défensives locales. La France menée 1-0 au bout de 90 minutes, la main de Thierry Henry permettra à William Gallas de marquer le but égalisateur et d’envoyer le pays en Coupe du Monde.

Toute la France sera amenée à parler de « la main », les politiques s’en mêlent et on distingue dans le public français deux groupes : ceux qui trouvent cela scandaleux veulent la qualification de l’Irlande au prix du fair-play ou au minimum que le match soit rejoué ; et ceux qui considèrent le résultat acquis, même sans la manière, et que la France « s’était assez faite avoir dans le passé ».

En tout cas, tout le monde s’accorde à dire que la fête sur le terrain après la qualification était de mauvais goût. Cette histoire éclate donc dans tous les médias et l’image de l’équipe de France est très sérieusement écornée. Elle l’était déjà fortement avec le comportement de son sélectionneur et cette affaire a empiré les choses. Le public ne s’identifie plus à sa sélection, ne croit plus en elle. Cette équipe manque de leader, indéniablement.

Puis est venu l’épisode Zahia impliquant notamment Franck Ribéry et Karim Benzema. C’est le Munichois qui sera principalement visé, ce qui n’arrangera pas l’image de l’équipe de France et des footballeurs français. Ils sont pour le public trop payés, incultes, n’ont pas l’amour du maillot, ne se comportent pas en tant que citoyens modèles. Cette image va se dégrader en Afrique du Sud. Là-bas, jamais une sélection n’aura provoqué autant de désamour de son peuple et du monde entier. Pas impliqués sur le terrain, les joueurs de l’équipe de France ne montrent rien. A la mi-temps de France-Mexique, Nicolas Anelka assène ces mots à son coach : « Va te faire enculer, sale fils de pute ». Sorti aussitôt et remplacé par Gignac, les Français perdent le match 2-0, méritant de prendre une valise.

Anelka est viré de l’équipe de France pour ses propos. Ses coéquipiers protestent contre l’éviction de l’avant-centre qui bénéficie des soutiens des faux leaders de cette équipe. Ils ne respectent plus leur travail ni leurs fans en ne voulant pas s’entraîner ! On se souvient tous de ces images de Telefoot où Ribéry débarque en tongs et pleure quelques heures avant le coup du bus, sur le terrain d’entraînement, l’image du bus, du sélectionneur qui lit une lettre écrite par l’agent de Toulalan… La pire image du sport français en quelques heures, à n’en pas douter. L’affaire du bus a fait couler énormément d’encre, de débats. Toute la France en parle et ne se reconnaît plus dans cette équipe. Les états généraux du football y ont été décrétés.

Raymond Domenech n’est plus l’entraîneur de cette équipe de France que tant de gens détestent. Le président de la Fédération, Jean-Pierre Escalettes, a démissionné sous la contrainte gouvernementale. Ces actes n’ont cependant pas amélioré l’image de l’équipe de France bien que dirigée désormais par un homme dont l’aura est mondiale, Laurent Blanc. Les 23 de Knysna ont été « punis » en ne pouvant pas être sélectionnés pour le premier match de la nouvelle ère, en Norvège. Sauf que petit à petit, les mutins crétins sont revenus un à un, une fois leurs sanctions purgées.

Et le retour de Ribéry au Stade de France s’est accompagné de sifflets mêlés d’encouragements. Critiqué par une grande partie du public français, il s’est accompagné de celui d’Evra dont chaque apparition en France fait l’objet de sifflets. Dès lors, la sélection française donne l’impression de ne pas se donner à fond. L’image des footballeurs, casqués et injoignables, se prenant pour des personnes qui ne s’en sont pas, se dégrade de plus en plus auprès du public.

Tous ces agissements n’ont fait que diminuer le nombre de suiveurs de l’équipe de France, les résultats des audiences télévisées des Bleus en attestent. Le nombre de licenciés également, en chute libre depuis la saison 2006-2007, dernière année où les Bleus ont procuré du bonheur à leurs supporters. Cette saison, la baisse sera encore de 7%. Les deux millions habituellement affichés ne sont plus que 1.550.000. Et le public français ne se déplace plus en masse dans les stades où joue cette équipe. Le Stade de France n’a accueilli que 65.000 personnes pour un match à enjeu vendredi dernier contre l’Albanie et lundi soir, alors que la Bosnie se présente face aux Bleus pour le match ultime, 5.000 billets étaient encore en vente…

Cette équipe de France n’est plus aussi populaire qu’avant et seuls les résultats en compétition internationale associés aux comportements des joueurs pourront changer la donne. Prendre l’exemple sur le handball et le basket par exemple. Sauf qu’en rappelant les instigateurs de Knysna, Laurent Blanc n’a rien fait de bon pour le football français. Et cela a un impact direct sur l’image et la popularité du football français.

Depuis cinq ans, la popularité de cette équipe de France décroit. Les jeunes qui s’installent dans cette sélection donnent un souffle nouveau. Mais les Ribéry et Evra sont les symboles du désamour français. Le football bling bling doit laisser place à une envie de jouer pour son pays, contre l’amour de l’argent. En période de crise, c’est encore plus malvenu qu’à l’accoutumée. Et malheureusement, le changement n’est pas prêt d’arriver. Les amateurs de football d’autrefois se rangent vers d’autres sports qui gagnent et qui se donnent à fond sur le terrain, aux valeurs bien plus proches et rationnelles que celles de ces personnes qui n’ont qu’à enfiler le maillot Bleu pour empocher 20.000 euros… ll aurait fallu tirer un trait sur Knysna, et repartir de zéro avec des hommes sains. Mais ça, c’est visiblement pour une autre fois…

Les matches en direct Ligue 1 - Journée 38
 Dimanche 20 Mai 2012
Ter.
Auxerre
- 2
Montpellier
Ter.
Evian Thonon G.
- 1
Brest
Ter.
Lille
- 1
Nancy
Ter.
Lorient
- 2
Paris SG
Ter.
Lyon
- 4
Nice
Ter.
Rennes
- 0
Dijon
Ter.
Saint-Etienne
- 3
Bordeaux
Ter.
Sochaux
- 0
Marseille
Ter.
Toulouse
- 2
Ajaccio
Ter.
Valenciennes
- 1
Caen