Equipe de France : une victoire prometteuse face à la Bosnie

Voilà, c’est fait, nous sommes qualifiés pour l’Euro 2012 ! La finale de ce groupe, qui nous opposait hier à l’équipe de Bosnie, s’est soldée par un match nul (1-1) plutôt heureux mais qui suffit à notre bonheur. Le score, comme la manière ne nous permettent pas de parler de victoire, on peut en revanche évoquer le succès de cette équipe à l’heure de contempler le chemin parcouru depuis Knysna. Ce succès appartient aux joueurs bien sûr, mais aussi et surtout à Laurent Blanc qui est parti d’une feuille blanche pour nous amener là ou nous sommes. Car malgré les critiques, force est de constater que ce succès lui appartient en grande partie, car il en est l’architecte.

Il faut remonter à un France – Chypre (4-0) d’octobre 2005 pour trouver trace d’un parcours qualificatif achevé en apothéose, et, vu que la Bosnie n’est pas Chypre, vu que cette génération n’a pas encore son Zidane, ce résultat nul s’inscrit dans une certaine logique. Il est le reflet d’une génération qui hume pour la première fois le parfum des matchs internationaux à fort enjeu. Alors si nous pouvons regretter que les Bleus aient débuté leur rencontre par un « non-match », on peut aussi rendre hommage à une équipe de Bosnie qui tel un challenger en boxe a joué crânement sa chance tenant son avantage aussi longtemps qu’elle le pouvait… jusqu’à ce qu’elle ne soit rappelée à l’ordre par une erreur de jeunesse aussi dommageable qu’évitable. 

Disposée dans une sorte de 4-1-3-2 en phase défensive, la Bosnie s’est attachée à gêner notre relance en disposant 5 joueurs dans notre camp. Son pressing très haut nous a fait déjouer, il engendrait un déchet technique aussi considérable qu’inhabituel, qui permettait à nos visiteurs d’investir notre moitié de terrain dans les meilleures conditions. Sans l’incroyable maladresse d’Edin Dzeko, nous aurions pu rentrer aux vestiaires avec au minimum deux buts de retard. Et ce, alors que cette première période aurait pu prendre une toute autre tournure au moment ou Florent Malouda récupérait le ballon au cœur d’un temps fort adverse pour lancer Loïc Remy seul au but, malheureusement, une fois de plus, le Marseillais poussait trop son ballon pour l’offrir au gardien.

Dans les vestiaires, les joueurs en ont témoigné, les murs ont vibré… La soufflante fut malheureusement sans effet sur le début de la seconde période, la faute à nos vaillants visiteurs qui néanmoins baissaient d’intensité dans l’impact physique. Voyant l’affaire mal engagée, Laurent Blanc procédait à deux changements : Kevin Gameiro et Marvin Martin prenaient le relais de Florent Malouda et Yoann Cabaye. Ces changements eurent plusieurs effets dont le passage de Jérémy Menez à gauche : c’est un événement majeur, tant le Parisien a pesé sur les débats. On vit aussi Marvin Martin devenir un point d’appui privilégié pour Samir Nasri et enfin Loïc Remy investir l’aile droite de l’attaque, dans un rôle qui lui va infiniment mieux que celui d’avant centre. 

Les ballons remontaient beaucoup plus proprement et facilement, tandis que Jérémy Menez prenait ses responsabilités dans des proportions surprenantes pour un joueur tancé pour sa nonchalance. Même constat pour un Samir Nasri, qu’on a senti conscient de l’enjeu, et qui a tout tenté, avec une réussite relative (coup franc détourné sur la barre par le gardien bosnien) mais avec une farouche volonté. On était loin du joueur amorphe et plus ou moins planqué entre deux lignes qu’on avait vu en Albanie. Vous l’aurez compris, tous les ingrédients étaient réunis pour réussir ce but salvateur, qui survint au moment ou l’arbitre désigna le point de pénalty suite à une faute complètement stupide du libéro bosnien sur l’ex-Marseillais. 

Samir Nasri s’est alors emparé du ballon, sur l’air de « c’est pour moi les gars », et il exécuta parfaitement son tir au but. Le plus important de sa carrière, en souhaitant, pour lui et pour nous qu’il y en ait d’autres. Il ne restait plus qu’un quart d’heure aux Bosniens pour reprendre l’avantage, mais Laurent Blanc fermait la boutique en sortant Loïc Remy pour Alou Diarra. Rien de plus à signaler donc, si ce n’est une certaine fraîcheur pour des Bleus qui pensaient plus à marquer un second but qu’à gérer tranquillement. Signe d’une certaine naïveté, mais réaction agréable toutefois dans ce qu’elle comporte d’enthousiasme, et puisqu’elle fut sans conséquence bien sûr.

Désormais, les Bleus vont pouvoir préparer sereinement, et avec un maximum de temps devant eux, cet Euro. Les matchs de novembre seront bien des rencontres amicales, c’est un enseignement majeur de cette soirée en même temps qu’une aubaine pour les prétendants à l’équipe de France pourront profiter de l’occasion pour se montrer… Laurent Blanc l’a promis et gageons qu’il tiendra parole. Cette campagne démontre, si besoin en était, à quel point les supposés seconds couteaux sont bien plus que des roues de secours. Nous pensons à Jérémy Menez qui ne s’est pas découragé hier soir alors qu’en première mi-temps, le jeu pesait largement à gauche. On peut saluer Samir Nasri qui doit encore confirmer, mais qui est sans doute sur le bon chemin. Cette fois, c’est sûr, tout peut commencer.