Assassinat en Corse : Alain Orsoni craint pour sa vie et pense à quitter l'AC Ajaccio

Après l'assassinat de quatre membres de l'entourage d'Alain Orsoni, président de l'AC Ajaccio, le président corse songe à quitter son poste, et même la France suite aux accusations et aux raccourcis dont il fait l'objet.

L'étau se resserre autour d'Alain Orsoni, président de l'AC Ajaccio. Ces derniers temps, quatre de ses proches ont été assassinés dont le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud et secrétaire de l'ACA Jacques Nacer ainsi que l'avocat Antoine Sollacaro, ancien militant nationaliste et conseil de l'ACA. Après cette série d’assassinats, le président de l'AC Ajaccio pense être le prochain sur la liste et craint pour sa vie. Il songe même à quitter la France. De son côté, Manuel Valls, ministre de l'intérieur, veut que le Corse brise l'omerta. 

"Plus que de la peur, c'est du désespoir. Je pense que je vais quitter l'ACA"

Après l'assassinat d'Antoine Sollacaro, Alain Orsoni avait décidé de ne pas s'étaler dans la presse. Mais cette fois-ci c'en est trop. Dans Le Parisien - Aujourd'hui en France, l'ancien dirigeant nationaliste raconte que la mort de Jacques Nacer a été le coup de trop, et qu'il a atteint "un tel stade de désespérance qu'il se sent presque obligé de parler." Ce jeudi déjà, le président de l'ACA s'était longuement exprimé sur les ondes de France Inter et avouait avoir songé à quitter le club corse. "Bien sûr que j'ai peur, parce que j'ai une famille, des enfants, une mère. Plus que de la peur, c'est du désespoir. Je vis très mal (cette situation). Je pense que je vais quitter l'ACA. Nous sommes dans une situation complètement folle. Je crois comprendre que la majorité des journalistes a trouvé la solution. Je suis personnellement atterré par ce que j'entends. On est en train de mettre une cible sur ma personne."

Plus que de quitter Ajaccio, Alain Orsoni pense même à quitter l'île et la France. "Je vais peut-être demander au juge de modifier mon contrôle judiciaire afin que je puisse quitter l'île et la France. Je ne veux pas me soustraire à la justice. Je répondrai à chaque convocation. Après, dès que cette affaire sera soldée sur le plan judiciaire, je quitterai définitivement la France. Si je suis toujours en vie. Tout ce qui se dit sur moi ne peut pas être sans conséquence, surtout dans une situation aussi folle que celle que traverse aujourd'hui la Corse. Je suis devenu une cible prioritaire et je ne sais pas comment m'en sortir. C'est plus que de la peur."

Manuel Valls veut briser la loi du silence

L'affaire corse prend une ampleur médiatique presque aussi retentissante que celle qu'a connu la ville de Marseille il y a quelques temps. Et comme dans la Canebière, Manuel Valls le ministre de l'Intérieur se veut omniprésent. "Orsoni sait sans doute des choses alors qu'il parle. En Corse, les professionnels de l'immobilier, les notaires, les responsables des cercles de jeux se singularisent par leurs très faibles contributions en matière de déclarations et pourtant les infractions qui sont identifiées par Tracfin révèlent un lien entre ces secteurs et la criminalité organisée", demande Manuel Valls dans RTL ce vendredi matin.

Plus fort encore, le ministre exige que tous les Corses cessent de respecter cette loi du silence qui va de paire avec le banditisme en tout genre. "Je demande à tout le monde, aux élus, aux responsables économiques, aux Corses en général, de se mobiliser ! Nous sommes obligés d’agir avec les moyens de loi mais en même temps en se mobilisant. Ça veut dire parlez, arrêtez de vous taire !"

Une affaire dont l'AC Ajaccio se serait bien passée. Rappelons tout de même qu'Alain Orsoni est depuis quelques années déjà sur le qui-vive, lui qui a vécu treize années exilé en Amérique Latine et en Espagne avant de revenir en Corse en 2008 pour prendre les rênes de l'AC Ajaccio et qu'un attentat contre lui avait été déjoué dans les mois qui suivirent son arrivée.