Julie et Charlotte Bonaventura sont jumelles et arbitrent en binôme des matches de handball

La journée de la Femme, c'est l'occasion de mettre en avant des actrices essentielles pour tous les sports : les arbitres féminines. Cinq "femmes en noir" ont accepté de livrer leur vision de l'arbitrage féminin, fortement aidé par La Poste. Propos machistes, physique souvent décrié, différences entre les hommes et les femmes... Témoignage.

Vendredi 8 mars, c'est la journée de la Femme. L'occasion d'évaluer la place de celle qui "est l'avenir de l'homme", comme disait Jean Ferrat. Pour l'occasion, la rédaction de Gentside Sport a voulu enquêter sur celles qui ont autorité sur les hommes dans le sport : les arbitres féminines.

Le milieu de l'arbitrage (sponsorisé par La Poste) est un secteur où la relation homme-femme en est à son paroxysme. En effet, comment agir lorsque l'on est une femme et que l'on a face à soi de grands gaillards assoiffés de victoire ? "Une femme est plus ouverte au dialogue avec un homme, tout comme un homme est plus ouvert avec une femme", commente Stéphanie Frappart qui arbitre des footballeurs en National. "La relation homme-femme, ça se passe avant la rencontre. Très rapidement, je deviens l'arbitre de la rencontre et le fait que je sois une femme ne compte plus, renchérit Sylvie Bros, arbitre en Fédéral 1 de rugby. J'ai gagné le match lorsque les joueurs m'appellent Monsieur l'Arbitre". "Comme dans la société, une femme doit prouver deux fois plus pour être arbitre et pour rester au plus haut niveau", continuent les Sœurs Bonaventura (Julie et Charlotte) qui arbitrent en binôme les handballeurs de Division 1.

Seulement 20% de femmes arbitres

Si les sports féminins commencent à véritablement se faire une place au soleil, l'arbitrage des hommes restent un métier compliqué à atteindre pour les femmes. En France, elles étaient environ 43 000 arbitres féminines (sur 210 000) à officier en 2012 sur tous les terrains de sport. Parmi elles, seule une petite poignée officie devant la gent masculine. Par exemple, la plupart des championnats majeurs des sports français ne comptent pas d'arbitres féminines cette saison. C'est notamment le cas du Top 14 (rugby) et de la Ligue 1 (football) tandis que la Pro A (basket) n'en compte qu'une...

Une raison qui s'explique, selon Carole Delaune, l'unique arbitre féminine en Pro A, par le mode de vie des femmes : "Arbitrer, c'est avant tout faire des sacrifices, notamment au niveau de la famille, ce qui n'est pas facile à accepter quand on est mère, explique celle qui est également formatrice à la Fédération Française de Basket Ball (FFBB). Il y a également les modes de vie qui diffèrent. Après avoir été enceinte, il est plus difficile physiquement pour une femme d'arbitrer au haut niveau". Une explication contredite par Sylvie Bros puisque celle-ci a eu un enfant en 2011. Quatre mois après l'accouchement, elle reprenait la compétition et arbitrait lors du Tournoi des VI Nations féminines...

"Que les gens effacent l'adjectif féminin"

La condition physique justement, un autre argument utilisé par certains pour abaisser les femmes arbitres. "En football, les femmes ont exactement les mêmes tests physiques que les hommes", précise Stéphanie Frappart. "Il faut beaucoup de sérieux et d'entraînement pour être autant voire meilleures physiquement que les hommes", ajoutent les Soeurs Bonaventura.

Non, le principal ennemi des arbitres féminines, ce ne sont pas les joueurs qu'elles dirigent mais les supporteurs autour des terrains. Les tribunes, un endroit où le machisme est roi. "J'ai souvent entendu dire qu'il fallait que je retourne faire la vaisselle, faire le ménage ou alors que j'étais là que pour la bonne et simple raison que j'étais une femme... Des propos machistes classiques qui ne m'atteignent même pas", raconte Sylvie Bros. Malgré tout, le nombre de femmes arbitres progresse. Et dans le futur, le principal désir de Julie Bonaventura est simple : "Que les gens effacent l'adjectif féminin".