
Si en Ligue 1, la plupart des équipes craignent l'hégémonie du PSG et l'arrivée de certaines des plus grandes stars du football mondial, en Ligue 2, c'est l'AS Monaco qui effraye tout le monde. Bénéficiant d'un recrutement réfléchi -rare ces derniers temps sur le Rocher- d'une image et de bénéfices fiscaux toujours aussi attrayants pour les investisseurs étrangers, l'AS Monaco pourrait très vite rivaliser avec le club de la capitale. Affaire à suivre...
Le tout nouveau défenseur de Monaco Andrea Raggi, déclarait à Nice-Matin il y a quelques jours : l'ASM "rivalisera bientôt avec le PSG" même si le club doit "d'abord se concentrer pour remporter le championnat de L2." L'affirmation, même si elle n'a pas fait le bruit que l'on attendait, a pour le moins le mérite de fixer les nouveaux objectifs du club monégasque : s'inspirer de la stratégie marketing et commerciale du club de la capitale, d'autant plus qu'il dispose de plusieurs éléments semblables, et même, plus attirants...
Un recrutement bling-bling version L2
6, c'est le nombre de joueurs recrutés par l'ASM pour la saison 2012-2013 -et pas des moindres. Deux de plus seulement que le PSG : Emir Bajrami, Sebastian Ribas, Andrea Raggi, Jakob Poulsen, Delvin Ndinga et le vétéran Flavio Roma, de retour à 38 ans. Seulement, le Suédois et l'Uruguayen reviennent d'une saison plus que compliquée, l'ancien joueur de Twente relégué au banc des remplaçants à Twente et Ribas, prêté au Sporting et abonné aux mauvaises performances le peu de fois où il a été titularisé. Ces deux joueurs, à 24 ans, n'ont donc qu'une hâte : relancer leur carrière pour retrouver le niveau qui les a rendu célèbres. Mais sur le Rocher, rien n'est sûr, et l'arrivée d'une star peut très vite se transformer en échec cuisant comme l'ont montré les cas de Di Vaio, Christian Vieri, Mohamed Kallon, ou Oliver Bierhoff.
Et le potentiel d'échec, ces deux recrues en ont! Auteur d'une saison brillante et plus de vingt buts avec Dijon en Ligue 2 en 2010-2011, l'attaquant uruguayen est arrivé à Genoa avec le statut de star potentielle... mais personne n'aura vu en lui un talent au-dessus de la norme, le joueur étant très vite envoyé au Portugal, rejoignant la colonie de joueurs qui ont tenté de se relancer au Sporting, sans grand succès (Angulo, Sinama-Pongolle, Bojinov entre autres). Et à l'ASM, Ibrahima Touré laissera difficilement sa place, surtout avec les stats qu'il affiche depuis son arrivée. Emir Bajrami est quant à lui doté d'une expérience non-négligeable en Coupe d'Europe avec Twente. Jamais titulaire indiscutable avec le club hollandais, il devra batailler dur pour gagner sa place à l'ASM, même si son splendide coup-franc face à Sivasspor en match amical lui a fait gagner quelques points.
Contrairement à ce que l'on dit, c'est pourtant en défense que le club monégasque a signé le gros coup, avec l'arrivée d'Andrea Raggi, 28 ans et 31 matches de Série A cette saison avec Bologne. Sans oublier les recrues Jakob Poulsen, milieu expérimenté international danois, qui a participé à l'Euro 2012, comme Bajrami. Passé par l'Eredivisie comme l'ancien joueur de Twente, il est également vu comme un milieu solide même s'il a perdu sa place de titulaire à Heerenveen, précipitant son retour au Danemark pour se refaire une santé, ou encore Delvin Ndinga, le puissant et vif milieu défensif qui pourrait apporter une certaine stabilité au milieu de terrain. A 24 ans, l'ancien joueur de l'AJA va donc renforcer l'un des concurrents des Auxerrois à la montée. Et enfin, on l'a appris ce mercredi, le retour de l'international italien Flavio Roma, plus de 200 matches sur le Rocher et abonné au banc des remplaçants à Milan.
L'influence étrangère, teintée d'Italie
A Monaco comme à Paris, la saison 2011-2012 a vu l'arrivée de richissimes investisseurs prêts à débourser des millions pour relancer des clubs. Sûrement pour surfer sur la vague des millionnaires riches de l'Est qui pullulent le long de la Méditerranée, le Russe Dmitry Rybolovlev a pris les rênes du club. Et comme par magie, les résultats se sont plus qu'améliorés, alors que l'ASM était bonne dernière de Ligue 2 après 18 journées. Pourquoi avoir investi sur le Rocher ? Monaco bénéficie d'une image sexy et attrayante aux yeux des investisseurs étrangers : des avantages fiscaux, alliés au charme et au soleil du Sud, mais aussi pour sa situation géographique privilégiée, bloqué entre Italie et France.
Cette double influence, Monaco en a fait sa force, puisqu'elle recrute à tout va des joueurs étrangers mettant en avant les avantages fiscaux. Seulement, cet aspect a toujours fait débat en France, les mauvaises langues affirmant que Monaco n'est pas un club français... Mais maintenant, avec un PSG à l'effectif de plus en plus étranger, l'ASM gagne un peu plus en légitimité, et les clubs français ne peuvent plus se réunir pour contester l'action monégasque puisqu'ils devraient en faire de même pour le club de la capitale.
Qu'ils soient Qataris ou Russes, les nouveaux investisseurs du monde du football aiment piller l'Italie. Après plusieurs années de déclin au niveau des résultats sportifs, la Série A est également de plus en plus affectée par la crise économique qui gangrène le pays, et ne peut refuser des offres trop alléchantes. Dans cette optique, quelques entraîneurs et joueurs italiens arrivent en France : Ranieri et Ancelotti sont tous deux des références du football italien, même si le Parisien est beaucoup plus titré que le néo-monégasque. Malgré ses résultats mitigés au sein des divers clubs par lesquels il est passé, le coach bénéficiait encore d'une certain cote. Reste à savoir si celle-ci sera suffisante pour s'emparer de la Ligue 2... Pour Monaco -contrairement au PSG- l'option italienne est loin d'être une nouveauté, même si le club ne compte aujourd'hui que deux Italiens. Dans le passé bon nombre d'athlètes venus d'Italie ont renforcé le club, et avec l'arrivée de Ranieri, cette "italianisation" de l'effectif monégasque est bien partie pour être plus visible.
Et si le PSG n'était qu'un pas intermédiaire avant que les joueurs les plus huppés n'opte plus pour Monaco, une fois arrivés en L1 ? Gênés par les impôts français trop lourds, le PSG pourrait voir l'arrivée du club rouge et blanc parmi l'élite un rival de choix dans la course à la meilleure recrue. On avait notamment déjà évoqué le cas de Zlatan Ibrahimovic qui craignait la taxe des 75% de François Hollande, et qui, si Monaco avait eu de meilleurs résultats sportifs, aurait certainement opté pour le soleil et les avantages fiscaux au lieu d'un séjour au pied de la Tour Eiffel. Mais tout n'est pas fini : et si Zlatan finissait sa carrière à Monaco, comme tant d'autres stars l'ont fait ?
