
Znedek Zeman est officiellement le nouvel entraîneur de l'AS Rome. Le Tchèque s'est lié pour deux saisons, soit jusqu'en juin 2014, avec les Giallorossi. Retour bref et non exhaustif sur le parcours de l'homme qui a dit : "José Mourinho est un entraîneur médiocre".
Znedek Zeman, qui vient de faire monter Pescara en Serie A pour sa première saison au sein du club, vient de s'engager jusqu'en juin 2014, soit pour deux saisons, avec l'AS Rome. Le Tchèque de 65 ans remplace donc Luis Enrique sur le banc du club de la Louve, même si Vincenzo Montella avait été annoncé dans un premier temps.
Zeman connait déjà bien la maison, puisqu'il entraînait le club de la capitale de 1997 à 1999, juste après avoir passé 3 ans à... la Lazio Rome. Les dirigeants américains poursuivent donc leur projet entamé l'an passé avec la signature de Luis Enrique, censé bâtir un "Barça italien".
Znedek Zeman: "Perdre n'a jamais été une humiliation"
Zeman est en effet connu pour jouer le tout pour l'attaque. Et ce n'est pas qu'une formule toute faite. Une de ses phrases est passée à la postérité : "Perdre n'a jamais été une humiliation". Quand on sait qu'en Italie la culture du résultat prime sur toute autre considération, on comprend à quel point le personnage détonne de l'autre côté des Alpes - à part une saison à Fenerbahçe en 1999 - 2000 et un passage à l'Etoile Rouge de Belgrade en 2008, Znedek Zeman n'a entraîné qu'en Italie. Le Tchèque est du genre à préférer voir son équipe perdre 5-4 plutôt que de la voir arracher un 0-0 à 10 dans la surface. Qu'il joue contre le Barça ou une équipe de bas de classement en Serie A, il ne change pas de philosophie.
Foggia, naissance de "Zemanland"
C'est à Foggia, qu'il reprend en Serie B et qu'il fait monter en Serie A, que naît le "Zemanland", comme l'ont appelé affectueusement les journalistes italiens de l'époque (1989 - 1994). L'adepte du 4-3-3 pratique le marquage en zone, et joue haut comme cela n'est pas permis. Sa ligne de défenseur occupe ainsi souvent la ligne médiane pour jouer le hors jeu. Un risque énorme, à l'image du bonhomme qui n'a peur de rien. Zeman maintient tranquillement Foggia, qui séduit toute l'Italie, et file à la Lazio, donc. Après une seconde et une troisième place (les Biancocelesti terminent meilleure attaque de Serie A en 1995 et en 1996, tout sauf un hasard) obtenues à Rome, il est licencié en janvier 1997, alors que le club de l'Aquila n'est que 12e. Puis il passe à l'AS Rome, le voisin ennemi, où il termine 4e puis 5e lors de ses deux saisons.
Zeman l'ennemi des puissants
Puis il roule sa bosse dans des écuries de moindres envergures, tel le Napoli de 2000, Lecce, Brescia... Zeman préfère s'épanouir professionnellement plutôt que de gagner des millions d'euros dans des grands clubs, plus frileux à l'idée de le laisser mettre en pratique ses fantasmes footballistiques. Offensif sur le terrain, Zeman ne l'est pas moins en dehors. En 1998, il dénonce la pratique du dopage en Italie, et notamment à la Juventus Turin : "Le football devait sortir des pharmacies et des bureaux des financiers". Après 4 ans d'un procès qui semblait interminable, des joueurs comme Zinedine Zidane avouent avoir eu recours régulièrement à des substances comme la créatine. Luciano Moggi, le responsable avéré du Calciopoli (scandale des matches truqués de 2006) est depuis devenu son pire ennemi.
Znedek Zeman: "Mourinho est un entraîneur médiocre"
Zeman aime nager à contre-courant. Alors qu'on s'extasie tous sur le triplé réalisé par José Mourinho en 2010 sur le banc de l'Inter Milan, le bon Znedek, lui, trouve le temps long : "Mourinho est un très grand communicateur qui cache bien sa propre médiocrité comme entraîneur. Je pense qu'il est à l'Inter parce qu'il sait très bien comment gérer les joueurs, même s'il est encore meilleur pour gérer les journalistes. C'est sûr, avec lui, les tifosi nerazzurri ne verront jamais du beau jeu". Les mauvaises langues rétorqueront que eux au moins ont vu des trophées. Question de point de vue, voire de philosophie de vie. A vrai dire, sur le papier, remplacer un romantique utopiste comme Luis Enrique par... un romantique utopiste comme Znedek Zeman, c'est blanc bonnet et bonnet blanc pour la Roma. C'est connu : les fleurs bleues sont d'incorrigibles rêveuses...
