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Après une saison prometteuse mais finalement décevante, l'ASSE tentera de se relancer pour l'exercice 2012/2013, en misant sur l'équilibre entre jeunesse et expérience. Chronofoot a imaginé quelques scénarii possibles pour la suite des évènements dans le Chaudron, sous la direction de Christophe Galtier. Second degré exigé...

En place depuis 2009 à la tête des Verts, Christophe Galtier aime construire une équipe sur la durée. 17ème pour sa première saison, 10ème en mai 2011, c'est à la 7ème place que Galtier a échoué pour sa troisième saison en Ligue 1. En privilégiant la stabilité de son groupe, et sa progression continue, le technicien stéphanois prend le contrepied total de la politique en vogue dans les hautes sphères de la Ligue 1 : celui du renforcement de l'effectif à coup de grands noms. Pas de ça dans le Chaudron : cet été, seules les signatures gratuites de Renaud Cohade (ex Valenciennes) et François Clerc (ex Nice) viennent peaufiner un groupe déjà bien solide. A partir de là, tous les scénarios sont envisageables pour une équipe en devenir, mais qui manque encore de confiance en elle. 

Et si on revenait 40 ans en arrière ?

En 2012/13, ce ne sera toujours pas l'année du PSG. Après s'être fait voler la vedette par la surprise montpelliéraine, ce sont les revenants stéphanois qui leur confisqueront le siège de leader de la 1ère à la dernière journée. Tous les ingrédients sont présents pour démarrer la saison en trombe : une équipe homogène, composée de jeunes talents (Aubameyang, Zouma, Ghoulam, Guilavogui...) et de cadres expérimentés (Mignot, Clerc, Brison, Marchal). Bref, tout roule du côté de la Loire. Aubameyang confirme une bonne fois pour toute que le Milan AC n'aurait jamais du le lâcher, Clerc retrouve sa vista lyonnaise, et Ruffier reste égal à lui même. Même Bakary Sako se met au diapason et arrête de viser les montants. Le Grand Saint Etienne est de retour et domine la Ligue 1 de la tête aux pieds, le Chaudron revit : Nicolita finit meilleur passeur de Ligue 1, Jérémy Clément et Fabien Lemoine sont appelés en équipe de France, et pour faire honneur à la tradition, Roland Romeyer y va de sa coupe personnalisée aux couleurs du club, façon Taribo West.

Tel un symbole, la saison des Verts se termine en apothéose face aux Galactics parisiens à Geoffroy Guichard. Dès la 10ème minute et deux duels remportés plus tard, Jérémy Janot, titularisé pour son jubilé, a fini de dégoûter Ibrahimovic. Sur la contre attaque qui suit, François Clerc resté aux avant postes trompe Sirigu d'une pichenette lobée pied droit. Score final : 4 - 0. Courroucé par cet affront, Ibracadabra annonce son départ pour le Shenghai Shensua le soir même, séduit par le projet sportif de Nicolas Anelka nouvellement nommé président du club. C'en est trop pour Leonardo, qui annonce la fin de sa carrière et part réaliser son rêve d'enfance : élever des lamas au Pérou.

La descente aux en verts ?

Un équilibre est souvent fragile dans le football. Didier Deschamps en a fait l'amère expérience avec l'OM la saison dernière, il n'y a pas de raison pour que ce ne soit pas le cas de Christophe Galthier et l'ASSE, autre club historique français, cette année. Car si une mayonnaise peut prendre, elle peut aussi tourner. A commencer par le jeune Faouzi Ghoulam, premier annonciateur des péripéties : en refusant de signer une prolongation de contrat, alors que le club lui proposait 7 fois son salaire actuel, le latéral gauche espoir se met à dos l'équipe et la direction. Relégué en CFA ad vitam aeternam par décret constitutionnel, c'est trop tard pour panser les blessures de l'équipe première. La scission est faite, et là c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres ... Ruffier laisse l'équipe en plan et part rejoindre le 3 septembre au soir l'Olympique Lyonnais veuf d'Hugo Lloris, Aubameyang redevient Aubameyang, Kurt Zouma se rappelle enfin qu'il n'a que 17 ans et entame sa crise d'adolescence, et François Clerc reste égal à lui même. Bref, le sort s'acharne sur les Verts, qui pointent à la trêve hivernale à une fastidieuse 19ème place (juste derrière l'OM d'Elie Baup). 

Les stéphanois passeront alors la seconde moitié de saison à lutter contre une nouvelle relégation. Le match de la peur intervient à la 37ème à domicile face au rival pour le maintien : l'Olympique de Marseille. Coup d'envoi, prise de balle de Gignac qui envoie un missile des 40 mètres en pleine lucarne, Jérémy Janot ne peut rien faire. Oui, ce n'est vraiment pas la saison de l'ASSE. Surpris de mener, les Phocéens se regroupent dans leur surface, assiégés jusqu'à la fin du match par une équipe stéphanoise maintenant obligée de marquer pour rester dans l'élite. C'est pourquoi tout le Chaudron se lève comme un seul homme quand Aubameyang à la dernière seconde, envoie une magnifique frappe enroulée ... sur les poteaux carrés, mis en place la semaine précédente à l'occasion des 36 ans de l'anniversaire de la finale à Hampden Park. 

Et si Fabien remplaçait Christophe ?

Un Galtier en vaut il un autre ? C'est la question que s'est posée Roland Romeyer, un matin de juillet en savourant son bol de chicoré. Ni une ni deux, c'est Fabien Galtier qui débarque le lendemain au Chaudron remettre l'équipe dans le droit chemin. Tout de suite, Fabien entame son recrutement : séduit par son profil de talonneur, Brandao arrive en fin de contrat, André-Pierre Gignac et Roberto Carlos le suivent de près. Grâce à leur formation inédite en 6 - 4 - 3 - 1, les Stéphanois, rebaptisés All Green l'occasion, écrasent tous leurs adversaires des matches amicaux. Les choses se compliquent au début du championnat, quand la Fédération explique au nouvel entraîneur qu'il ne peut titulariser 15 joueurs. Pour compenser cet handicap, Galtier décide donc de s'en remettre ouvertement à ce qui fait sa force : le jeu physique. C'est pas sexy, mais c'est efficace. L'équipe dégringole au classement fair-play, mais tient le coup au classement général. Au Chaudron, le sifflet retentit en moyenne 300 fois/match. "Peut être que l'arbitre siffle beaucoup de fautes à notre encontre, mais grâce à ma tactique exclusivement en passes en retrait, il ne siffle jamais hors jeu" se dédouanera Fabien Galtier en conférence de presse, après une rencontre particulièrement engagée. Alain Giresse est aux anges. 

Au final, Fabien parvient à se hisser dans le ventre mou du championnat. Mais, lassés des touches longues de Clerc "à la Ibañez" et des fautes de mains récurrentes de leurs joueurs, les supporters stéphanois réclament à corps et à cris le retour du beau jeu. Ca tombe bien, dans le même temps, Christophe ne s'en sort pas beaucoup mieux au Montpellier Hérault Rugby, qu'il a rétrogradé en Pro D2.