Carlo Ancelotti

Chaque semaine, Chronofoot désigne son boulet. Aujourd'hui, c'est le coach du Paris Saint-Germain, Carlo Ancelotti, qui hérite de ce titre honorifique.

Carlo Ancelotti a enfin connu son premier revers en championnat depuis sa prise de fonction toute fin 2011. Une défaite en 11 matches de Ligue 1, c'est un peu dur pour être nommé Boulet de la semaine, non ? On vous explique pourquoi Carlo a été élu au premier tour lors de la conférence de rédaction...

Le Paris Saint-Germain avait l'occasion de mettre une énorme pression sur Montpellier ce week-end, et de frapper un grand coup avant son clasico face à l'OM. En effet, les hommes de René Girard avaient vu leur match décalé (contre l'OM, hasard du calendrier) au 11 avril prochain en raison du match de Ligue des champions des Olympiens face au Bayern. Carlo et sa bande avaient donc la voie libre pour disposer d'une formation nancéienne, certes en regain de forme, mais loin d'être un foudre de guerre. L'équation était simple. Une victoire (ou même un nul) et le PSG s'offrait un clasico en position de leader du championnat. Mais Carlo Ancelotti a décidé de rendre l'opération mathématique bien plus complexe en y ajoutant quelques inconnues.

Carlo, l'élève Ducobu

En effet, le technicien italien est allé au tableau et a profondément modifié son plan de classe. Ainsi, les élèves Sakho, Tiéné et Nenê ont été envoyés en colle pendant qu'Armand et Camara retrouvaient le premier rang. Un choix osé, voire incongru quand on sait que le PSG n'a plus que le championnat à jouer.

Oui mais voilà. Ancelotti a voulu marquer les esprits. Pas aussi fort que Paul Le Guen en 2008 à Valenciennes (0-0) où le Breton avait quasiment aligné l'équipe réserve avec un certain Mamadou Sakho capitaine pour sa première titularisation, mais quand même. Après la contre-performance à domicile contre Bordeaux, Ancelotti avait tapé du poing sur la table et avait franchement bousculé ses troupes. La conséquence technique a suivi face à Nancy avec donc des "cadres" sur le banc avec le résultat que l'on connaît. En somme, un coup de gueule qui s'est transformé en coup d'épée dans l'eau.

Une nouvelle guerre des égos ?

Malgré ce revers, Carlo Ancelotti était paradoxalement satisfait de la prestation de son équipe. Comme s'il voulait se convaincre qu'il avait fait le bon choix: "Nous avons perdu mais je suis très content de la performance de l'équipe. Nous avons perdu un match que nous ne méritions pas de perdre. Je pense qu'avec l'état d'esprit et l'attitude de ce soir, on peut être confiant pour les prochains matches. Je ne suis pas inquiet, je l'étais plus après le match de Bordeaux que ce soir", déclarait-il samedi.

Car le Carlo au charme italien avait prévenu: il ne vas pas se priver de couper des têtes. "Pastore n'est pas indispensable", déclarait-il avant le match en Lorraine. Finalement, l'Argentin était titulaire au coup d'envoi malgré une forme douteuse, mais Nenê faisait bien banquette. Une première cette saison. Drôle de management de se passer de son meilleur buteur quand on a besoin de gagner. Le Brésilien l'a évidemment mal pris. On a même parlé d'un refus d'entrer en jeu. Une rumeur que Nenê a tué dans l’œuf tout aussi rapidement. Reste néanmoins qu'un climat moins jovial s'est instauré dans le groupe parisien. La guerre des égos, souvent évoquée sous l'ère Kombouaré sans qu'elle soit véritable, verrait-elle le jour sous le joug d'Ancelotti ?

Ancelotti, un mal pour un bien ?

Qu'on se le dise, le bilan d'Ancelotti est loin d'être meilleur que celui de Kombouaré. Démis de ses fonctions en décembre, le coach Kanak a laissé le PSG en tête avec 40 points et une avance de trois unités sur Montpellier. Trois mois plus tard, le PSG est à 60 points, à égalité avec le club de Loulou Nicollin, mais un match en plus. Ancelotti pourrait perdre en 10 journées 6 points sur Montpellier. La question de la nécessité du remplacement de Kombouaré au profit d'Ancelotti peut-être remise en cause d'un point de vue sportif. Le Kanak tournait à 2,1 points par match. L'Italien ronronne à 1,8 point par rencontre. Mais au lieu de tomber à bras-raccourcis sur les dirigeants parisiens, et leur tête de gondole, Leonardo, prenons un moment de réflexion pour comprendre le choix de ces derniers.

Ancelotti a donné une nouvelle aura au club de la capitale et permis, par son simple nom, de faire venir de grands noms. Et cela ne devrait aller qu'en s'améliorant pour le plus grand bien du club. Loulou Nicollin craint même de "bouffer du PSG pendant 5 ou 6 ans". Prophétie ? A vérifier. En tout cas, cela aura peut-être couté un championnat au PSG...

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