La Coupe du monde a-t-elle un effet sur le mercato?
La Coupe du monde se déroulant l'été, elle empiète sur le marché des transferts. Mais quel est le véritable impact du Mondial sur la politique de recrutement des clubs?
Le Mondial, révélateur ou perturbateur? La suprême compétition, qui débutera le 11 juin prochain, perturbe plus ou moins le mercato tous les quatre ans. Même si les experts européens s'accordent à dire que la Coupe du monde ne bouleversera pas le marché des transferts, ils prévoient un "effet retard" au mois d'août, ainsi qu'un début d'agitation l'été prochain.
Le Roy: "Ca peut faire exploser le 2e marché"
"Ce n'est pas le Mondial qui va révéler un peu plus Ronaldo ou Messi", explique ainsi Claude Le Roy, sélectionneur d'Oman, sur le site officiel de la FIFA. "Mais pour les joueurs de niveau inférieur, ça permet de confirmer ou de disparaître." Un défi à double tranchant donc pour les espoirs, qui peuvent profiter de la compétition pour se montrer. "Ça peut faire exploser le 2e marché. Mais il y a des grands joueurs de petits championnats qui ne feront jamais des petits joueurs de grands championnats. Ça n'a rien à voir avec la qualité intrinsèque, c'est une question de confiance". Ainsi, l'ancien entraîneur de Strasbourg cite Jean-Luc Ettori, "qui a eu beaucoup de mal à se remettre du Mondial 1982."
Selon Didier Primault, économiste du Centre de Droit et d'Économie du Sport (CDES) de Limoges, il n'y aurait pas d'effet direct post-Coupe du monde sur le recrutement des clubs, mais plus sur le long terme. "Il y a pas un impact immédiat mais plus un effet retard." Ce dernier cite comme exemple les cas de Ribéry et Malouda, transférés respectivement au Bayern Munich et à Chelsea en 2007, après une très belle coupe du monde en 2006.
"Les clubs français ne peut pas se permettre d'attendre"
Concernant la modification du mercato en fonction du Mondial, l'effet général doit cependant être relativisé selon Didier Primault: "Le Mondial ne booste pas le marché. Il ponctue le rythme mais pas le nombre des transactions." En effet, seules les grandes écuries peuvent se permettre d'attendre la fin du Mondial pour en recruter les meilleurs joueurs. La réalité économique des clubs, notamment français, ne leur permet pas ce luxe et les oblige donc à agir le plus vite possible. "Si on est le Barça ou Chelsea, on peut toujours attendre de voir ce que ça va donner pour avoir l'équipe la plus spectaculaire, mais même le plus prestigieux des clubs français ne peut pas se permettre d'attendre et doit faire le recrutement le plus intelligent possible", explique Le Roy.





