Pep Guardiola

Ce vendredi, Pep Guardiola disputera son dernier match sur le banc du Barça, lors de la finale de la Coupe du Roi, face à l'Athletic Bilbao. L'occasion d'ajouter un trophée dans sa vitrine déjà bien remplie et de dire adieu à tout un peuple, avec le sentiment du devoir accompli.

Ce vendredi soir, Pep Guardiola tirera sa révérence en tant que coach de Barcelone à l'occasion de la finale de la Coupe du Roi face à l'Athletic Bilbao. La fin d'une ère dorée pour le Barça, qui a remporté pas moins de 13 trophées sous son égide et pourrait d'ailleurs porter ce total à 14 en cas de victoire face aux Basques. Un petit clin d'oeil au numéro fétiche de Johan Cruijff, autre légende du club catalan, instigateur de la signature de Guardiola, il y a quatre ans, contre l'avis général: "Avant même que Rijkaard ne s'en aille, j'avais déjà dans l'idée de donner les rênes de l'équipe à Pep, indique le Néerlandais dans As. A l'époque, recruter un Catalan n'était pas tellement bien vu. Lors de son premier contact avec le vestiaire, il avait l'air d'un enfant. Mais dès les deux premières semaines, il a eu des décisions difficiles à prendre et il a chaque fois fait le choix parfait. A ce moment là, j'ai su qu'on tenait notre homme".

Visionnaire, Johan Cruijff l'a assurément été car dès sa première année, l'ancien milieu de terrain remporte trois trophées et pas des moindres: une Coupe du Roi pour commencer, une Ligue des Champions dans la foulée et un championnat pour terminer en beauté. Au total l'enfant de la Masia aura remporté 13 trophées dont deux C1, trois championnats et une Coupe du Roi, seul récompense qu'il ne compte qu'en un seul exemplaire. Tant qu'à s'intéresser aux chiffres, le bilan statistique de Guardiola est impressionnant: sur 242 matches joués, il en a remporté 175 contre seulement 46 perdus, tandis que ses protégés ont inscrit 618 buts pour 178 encaissés. Difficile de faire mieux.

Un bilan impressionnant, qui mérite bien un peu de repos. En effet, si Guardiola a annoncé il y a bien longtemps qu'il laissait les clés de la maison catalane à Tito Vilanova dès la fin de cette saison, il n'a rien laissé filtrer quant à son avenir. Mais aux dernières nouvelles, le stratège blaugrana aurait décidé de prendre une année sabbatique à New York, avec sa famille, loin des tracas quotidien du football européen de haut niveau. Après son exil outre-atlantique, Pep Guardiola n'écarte pas la possibilité d'entraîner à nouveau. Nul doute que de nombreuses grosses écuries européennes seront à ses pieds à ce moment là. 

L'héritage de Guardiola 

Mais à New York ou pas, Guardiola laissera une empreinte indélébile sur le club, ne serait-ce que dans la vitrine des trophées devant laquelle ont l'habitude de passer les joueurs chaque jour. En outre l'ADN de Guardiola restera ancré dans l'effectif du club, puisqu'il a fait émerger de nombreuses jeunes pousses de la Masia. On pense évidemment à Pedro Rodriguez, Thiago Alcantara ou bien Isaac Cuenca, qui ont prolongé la déjà longue lignée de joueurs issus du cru. Cependant, le technicien catalan n'a pas fait que puiser dans son jardin, mais a aussi été voir dans celui des autres. De nombreuses stars sont en effet venues garnir les rangs des Blaugrana, avec succès pour Cesc Fabregas, Alexis Sanchez ou bien Dani Alves, moins pour Zlatan Ibrahimovic et Dmytro Chygrynskyi. Et oui, même sur les factures du Barça Guardiola laissera des traces puisqu'il a dépensé pas moins de 333 millions d'euros tout compris. C'est peut-être cela son vrai point faible: ne pas toujours avoir le nez fin en matière de transfert.

Mais tout cela fait désormais partie du passé, Guardiola ayant déjà fait ses adieux au Camp Nou le 5 mai dernier. Pour boucler la boucle en beauté, reste maintenant au coach catalan de remporter la Coupe du Roi face à l'Athletic Bilbao. Ironie de l'histoire, c'est face à cette même équipe et dans la même compétition que Guardiola avait entamé sa moisson de trophées avec le Barça. Avant cette rencontre, et comme il en a l'habitude, l'ancien milieu de terrain ne tarit pas d'éloges à propos de son adversaire: "C'est une équipe qui ne s'avoue jamais vaincue. Elle à une âme et un amour du maillot bien particulier. Je m'attends à un match compliqué". Et bien qu'il espère bien évidemment partir sur une victoire, Guardiola attend tout de même des Basques qu'ils produisent le meilleur jeu possible, par amour du beau jeu: "J'espère voir le Bilbao que j'ai vu évoluer toute la saison. Celui de Manchester United ou de Schalke".

Une finale douce-amère 

Ce vendredi soir si Barcelone s'impose, les supporteurs catalans seront bien évidemment tiraillés entre la joie d'un nouveau titre mais aussi les regrets de voir partir une légende du club. Désormais le Barça va devoir faire sans son entraîneur adoré, et Tito Vilanova aura du pain sur la planche s'il souhaite arriver à la cheville de son prédécesseur. Mais après tout, lorsqu'il est arrivé à la tête des Blaugrana, Guardiola ne faisait pas non plus l'unanimité, jugé trop inexpérimenté et rapidement condamné par certains à ne faire qu'un intérim sur le banc de l'équipe. Il sera finalement resté un peu plus longtemps, mais tire désormais sa révérence. Alors merci pour tout et bon vent.