
Après la belle victoire de son pays contre l'Irlande (3-1), le sélectionneur croate Slaven Bilic a affiché une confiance sans faille en son équipe, et se verrait bien passer en quarts. Son adversaire du soir, Giovanni Trapattoni, a lui déploré l'ascendant psychologique pris par les Croates sur ses propres troupes.
Dimanche soir à Poznan, la Croatie s'est imposée facilement (3-1) contre des Irlandais volontaires mais pas assez rigoureux défensivement. Mario Mandzukic, auteur d'un doublé décisif, a joué un grand rôle dans cette victoire d'entrée, qui permet aux hommes de Slaven Bilic de prendre la tête du groupe C de l'Euro 2012. Son homologue du soir, Giovanni Trapattoni, a dû constater les errements de ses joueurs, et en particulier de son gardien, Shay Given.
En conférence de presse d'après-match, Slaven Bilic, aussi enchanté soit-il par la performance de son équipe, a également tenu à souligner la jolie partie menée par ses adversaires : "Je ne veux pas être trop euphorique, mais nous avons très bien joué et battu une équipe très forte. Nous avons été agressifs, nous avons été bons dans les airs. Nous les avons respectés, et je pense que l'Italie et l'Espagne aussi auront des difficultés contre eux. Nous rêvions de cette position en tête du groupe". L'ancien défenseur central de West Ham et Everton a surtout mis en avant le travail effectué en amont de la confrontation, quitte à paraître présomptueux : "Nous étions prêts, nous savions tout sur l'Eire, nous savions que nous étions une meilleure équipe. Je félicite mes joueurs, et je félicite les deux groupes de supporters pour l'ambiance formidable".
D'ailleurs, celui qui coach l'équipe A croate depuis 2006 - une quasi-éternité pour un sélectionneur - se verrait bien passer en quarts de finale, malgré le niveau de ses deux prochains opposants. "Nous pensons pouvoir battre une des deux équipes, l'Espagne ou l'Italie, et une victoire devrait nous permettre d'atteindre les quarts de finale", s'est mis à rêver Slaven Bilic. Le héros du match, Mario Mandzukic, qui a marqué deux buts de la tête, a confirmé les propos de son entraîneur : "Le coach nous avait tout montré sur les Irlandais. On a mérité la victoire, on a marqué vite et après c'était plus facile, mais ce sont des combattants". Puis il en a profité pour adresser une petite dédicace personnelle: "Mon père m'avait demandé de marquer de la tête, j'en profite pour le saluer, excusez-moi ! J'ai dû sauter beaucoup, c'est ce que je fais de mieux".
"Nous nous sommes retrouvés en-dessous psychologiquement", Giovanni Trapattoni (sélectionneur de l'Eire)
Soirée de rêve pour les hommes de l'Adriatique, donc, contrairement à celle des "leprechauns" de l'île émeraude, qui sont tombés sur plus forts qu'eux malgré les efforts déployés. Giovanni Trapattoni, le coach italien de l'Eire, a surtout insisté sur un certain abandon psychologique de ses troupes. "Ils méritent de gagner, ils étaient supérieurs au milieu de terrain. Après avoir concédé ce (premier) but au bout de deux minutes, nous nous sommes retrouvés en-dessous psychologiquement, reconnaît carte sur table le Trapp. Nous sommes un peu malchanceux, mais je le répète, le premier but vient d'une erreur de notre part. C'est peut-être dû à la tension du premier match, mais pour moi, ce n'est pas une excuse. On a bien joué et concédé aucun but pendant de nombreux matches, et là, on en a pris trois. Il faut récupérer psychologiquement, nous devons nous rappeler tous les matches que nous avons joués sans prendre de but". Mais en bon meneur d'hommes, il a rappelé que la partie n'est pas encore terminée et qu'il subsiste des espoirs pour ses protégés : "Il reste encore 180 minutes, et la Croatie doit jouer l'Italie." Trapattoni compte d'ores et déjà sur un coup de pouce de ses compatriotes.
De son côté, la superstar irlandaise Robbie Keane s'est attardée sur un fait de jeu, le tirage de maillot qui le fait tomber dans la surface croate. Pour lui, un pénalty aurait pu modifier le film du match : "Les deux buts nous ont tués, celui juste avant la pause et celui juste après. Y avait-il penalty sur moi ? Oui, je pense que c'était vraiment évident, pas de doute là-dessus, il m'a touché avant d'avoir la balle. L'arbitre était derrière, il faudrait lui demander..." Pas insensible à l'ambiance phénoménale orchestrée par les supporteurs irlandais, l'attaquant des Los Angeles Galaxy a fait son mea culpa quant à l'issue de la rencontre : "Nos supporters ont été extraordinaires, ils sont toujours très en voix, désolé pour eux que nous n'ayons pas décroché un bon résultat".
