Laurent Blanc

Le sélectionneur de l'équipe de France de football s'est montré, comme à son habitude, très mesuré après la rencontre contre l'Angleterre. Le sentiment général ? Ses joueurs méritaient de gagner, mais vu le début de match, on se satisfera de ne pas avoir perdu.

Du classique. Lors du passage en zone mixte, les joueurs de l'équipe de France qui ont bien voulu s'y arrêter n'ont pas livré une analyse du match bien innovante. Le mot d'ordre ? "On a été timide pendant les vingt premières minutes, et par la suite, on a bien réagi." Martin, Ben Arfai, Benzema, avaient été briefés et ça se sentait. Comme si la manie des fameux éléments de langage qu'on croyait propre au milieu politique avait contaminé celui du foot, déjà pas très généreux en la matière.

"On a été puni" 

De toute façon, on a du mal à imaginer ce que les Bleus auraient pu dire d'autre, à cela près qu'ils avaient dominé et qu'ils n'avaient pas pu ou su en tirer les bénéfices. Laurent Blanc, prudent comme de coutûme, a donné des bons points un peu partout: "On est partagé. Les Anglais doivent avoir le même sentiment. Ils ont bien débuté les 20 premières minutes. Nous, on a été timide et on a été puni." Symbole de cette timidité teintée de torpeur, le retard à l'allumage d'Alou Diarra sur le marquage du buteur Jodeon Lescott, qui a eu l'effet d'une piqûre de rappel: "Le but a eu le mérite de nous faire entrer dans le match." S'il est rassurant de savoir ses troupes prêtes à réagir dans ce genre de situation, Blanc ne souhaite pourtant pas connaître l'expérience une fois de plus: "J'espère qu'on sera présent dès la 1e minute le prochain match."

Au rayon des satisfactions, la performance d'Alou Diarra, "transcendé par la responsabilité qu'il a eue sur le but", tout comme le comportement de la charnière centrale, malgré un Adil Rami légèrement en-deçà. "Vous [la presse] aviez des interrogations sur le charnière centrale. [...] Ils ont donné la meilleure des réponses. On s'y attendait, fallait-il encore le faire." Et évidemment, Samir Nasri, qu'il a longtemps asticoté pour arriver au niveau qui a été le sien contre les Three Lions: "Avec les joueurs de talent, il faut être plus patient et à un moment donné, ils vous donnent la bonne réponse. Je suis heureux pour lui et pour nous." C'est à peine s'il évoque la réaction du Minot après son but, intimant à certains journalistes de "fermer leur gueule" à son sujet: "C'est entre lui et ses détracteurs. [...] Il était content de marquer et de faire un bon match. Pour ce qui concerne ses gestes d'humeur, il faut lui poser la question."

"L'équipe de France a fait le jeu" 

Et au final, quelle impression reste-t-il d'un match nul clairement et nettement dominé dans sa majorité ? "Il y a un sentiment de déception car on avait préparé ce match pour le gagner", concède le sélectionneur, avant de nuancer aussitôt son propos: "Mais il faut être réaliste: avec notre entame, on aurait pu le perdre." Reste aussi que, côté positif, "l'équipe qui a fait le plus de jeu, c'est l'équipe de France." Et ce contre "la meilleure équipe du groupe." Très rassurant, effectivement, alors que le chantier de la qualification pourrait bien se boucler ou presque au prochain match. Pareillement, Blanc a voulu souligné le "net progrès" du secteur offensif, ainsi que l'absence de cartons pris par les siens, en plus d'avoir rendu une copie presque parfaite en défense. On s'en contentera, donc, en espérant que ces bonnes intentions trouveront meilleure récompense contre l'Ukraine.