
Chaque mardi, Chronofoot élit le boulet de la semaine. Cette fois-ci, c'est le FC Lorient qui a le droit aux foudres de la rédaction. Depuis leur défaite de samedi (2-0 à Nice), les Merlus sont happés pour la première fois de la saison dans les bas-fonds de la zone rouge. A seulement 7 journées du terme du championnat, le danger plane sur l'écurie bretonne.
On parle souvent d'équipes qui avancent masquées, mais rarement d'équipes qui reculent masquées. Et pourtant, l'expression sied totalement aux performances lorientaises en cette fin de saison. Sans faire parler de lui, le club breton a lentement dégringolé au classement, jusqu'à entrer finalement dans la zone de non-droit, la zone de relégation, passeport pour la Ligue 2. Il fut difficile pendant longtemps de concevoir cette baisse de régime lorientaise, tout simplement parce que les Merlus prodiguent généralement un jeu léché qui, à défaut d'être fructueux, érige une façade dorée maquillant des contre-performances malheureusement chroniques. D'ailleurs, les Bretons sont en général confortablement lotis en milieu de classement (10e en 2008 et 2009, 7e en 2010, 11e en 2011), preuve que l'équipe de Christian Gourcuff, sans être mirobolante, tient son rang au sein de l'élite...
La descente aux enfers
Il n'y a rien d'étrange si, en début de saison, les coéquipiers de Yann Jouffre assuraient des prestations tout à fait correctes. Fin novembre, après 15 rencontres disputées, les orange et noir pointaient à la 7e place du classement avec une marge d'avance conséquente sur le premier relégable. Et pourtant, depuis cette échéance, c'est plutôt l'échec qui anime les Lorientais. Une seule victoire lors des 16 derniers matchs (c'était contre Brest, 3-1 le 17 mars), et 9 défaites au compteur, qui font de Lorient l'équipe la plus mauvaise de 2012. Un sombre bilan pour une équipe virevoltante qu'on aime bien voir en Ligue 1. A Nice (0-2), Lorient a affiché l'un de ses pires visages, et est en proie à de profonds doutes alors que s'amorce l'ultime virage de la saison.
Le syndrome du Mans ?
Et si, en définitive, la "vague orange" de talents avait perdu de sa force ? Et si les Merlus payaient actuellement le prix de tous ces départs précipités des dernières années ? Après tout, chaque club connaît à un moment ou un autre une période de marée basse. Véritable usine à prodiges, le FC Lorient a dû se séparer ces dernières saisons de Kevin Gameiro (parti au PSG), Morgan Amalfitano (milieu-clé de l'OM), Jérémy Morel, Laurent Koscielny (titulaire indiscutable à Arsenal), Fabrice Abriel ou encore Michaël Ciani. Des poids lourds que la modeste écurie bretonne a peiné à remplacer, ce qui explique peut-être son coup de mou actuel. Un marasme qui n'a pas été endigué par les blessures à répétition des attaquants du club.
Bref, Lorient serait-il en train de vivre la même descente aux enfers que Le Mans ? On se souvient en effet que le club sarthois avait brillé au milieu des années 2000 grâce à sa mine d'or de joueurs, dont avaient notamment été extraits Romaric, Gervinho, Matsui, Grafite, Sessègnon et autres Yohann Pelé. Puis au final, l'an dernier, le MUC était relégué en seconde division, et il lutte encore actuellement pour échapper au National. On ne souhaite évidemment pas un si funeste destin au FC Lorient, mais le calendrier des Merlus ne laisse rien présager de bon. Au programme : Montpellier, Lyon et Marseille, avant de finir l'exercice par la réception de Paris. Les Merlus ont le potentiel de revenir, mais ils vont devoir se transcender. Peut être que la récente arrivée de Tiburce, le coach tout-terrain de la Star Ac', est la solution à tous les maux lorientais.
