Le roman de Raymond (ép.12): "Les Réunionnais ne doivent pas capter RMC"
Dans le cadre d'un plan de communication établi avec la FFF, le sélectionneur de l'équipe de France a décidé de faire partager son aventure en Afrique du Sud avec les internautes. Plongez dans le douzième épisode du roman de Raymond. Un faux journal intime qui raconte les aventures déjantées du coach français.
J'ai lu un jour que "toute biographie digne d'être écrite est le récit d'une ascension". Alors, je vais vous raconter ma Coupe du monde 2010. Car ce sera forcément une ascension. Je vous donne rendez-vous le 11 juillet 2010, je serais sur le plateau du Vélo Club de Gérard Holtz sur une étape du tour de France.
On a quitté la Tunisie. Direction La Réunion. Doucement, mais sûrement on se rapproche de l'Afrique du Sud. Le voyage en avion a été long. Evra et Ribéry ont tenu à imiter Omar et Fred (voir photo), en faisant le sketch du commandant de bord. Pendant qu'à l'autre bout de l'appareil Toulalan préparait son concours d'entrée à Science-Po (voir photo). C'était pas drôle, puis ça a vexé Gallas. Winnie, il est triste en ce moment. Wenger veut plus de lui, personne veut le recruter pour l'année prochaine. Même le PSG n'en veut pas. C'est dire. Bref, il tire la tronche, et il se plaint tout le temps de la génération Y: Tous ces petits jeunes avec leurs iPad, leurs casques multicolores et leurs tatouages malabars (voir photo)...
Un voyage en avion avec l'équipe de France, c'est stressant. C'est beaucoup d'organisation. C'est un peu comme une colonie. Faut gérer les cris, les pleurs, les goûters. Pour le voyage, il nous manquait un billet. Du coup, on a pris Valbuena en bagage à main. A notre arrivée, il y avait 500 personnes. Ici, c'est comme si la moitié de l'île s'était déplacée. C'est génial. Les Réunionnais ne doivent pas capter RMC, parce qu'il sont tous fans de l'équipe de France. Bon ils nous demandent tous où sont Zidane et Hoarau ? Mais c'est pas grave. Ça fait plaisir tous ces sourires. Seul hic, à l'hôtel, mon bagagiste m'a pris à partie:
"- Pourquoi vous n'avez pas sélectionné Laurent Robert ? C'est l'enfant du pays.
- Il n'a plus le niveau, monsieur.
- Henry non plus, il n'a plus le niveau.
- Oui, mais Henry, c'est 1998, 2000, c'est 2006, c'est la main contre l'Irlande. Vous comprenez, c'est pas le même statut.
- Non, je ne comprends pas. Lolo Robert, il s'est entraîné dur avec la réserve du PSG pour se maintenir en forme pour faire partie des 23. Vous n'aimez pas les Robert, un point c'est tout.
- Non, c'est un choix purement sportif.
- Alors, pourquoi Robert Pirès, Laurent Robert, Robert Trezeguet ? Pourquoi ? Vous êtes un con monsieur Domenech!"
Cette petite histoire m'a énervé, alors j'ai décidé d'annuler l'entraînement et nous sommes tous partis faire une ballade en vélo. Un footeux qui fait du vélo, c'est au moins aussi drôle qu'un cycliste qui fait du football. On a décollé un peu en retard parce que Djibril Cissé a tenu à faire quelques modifs sur sa bécane. On l'a arrêté quand il a parlé de changer le pot d'échappement. Le vélo, c'est vraiment bien. J'ai essayé de pousser Anelka dans un virage. Une blessure m'aurait permis de le virer de l'équipe titulaire. Demain on va voir le piton de la Fournaise, j'essaierai un nouveau truc.





