Jallet, un but venu d'ailleurs

Si Christophe Jallet a rendu un fier service à la France en marquant un but sans le faire exprès, face à la Biélorussie ce mardi, ce genre de situations n'est pas un cas isolé dans le football. Retour sur ces ballons qui n'étaient pas destinés à franchir la ligne.

Mardi soir, Stade de France. La rencontre oppose la France à la Biélorussie. Les Bleus, fébriles mènent 1-0 et doutent. Christophe Jallet surgit sur son aile droite, lève la tête, et aperçoit Karim Benzema en plein milieu de la surface. D'un centre dévissé, il arrive à tromper Veremko. Le ballon cogne le bois et termine sa folle trajectoire au fond des filets. Même le Parisien n'y croit pas : "Je veux la centrer fort pour Karim et comble de bonheur, le ballon choisit une autre trajectoire, et termine dans le but, c'est énorme". Ce but aura permis de libérer la France, et d'amuser un Didier Deschamps farceur : "Il s'est entrainé toute la semaine à tirer comme ça". Mais ce but, qui n'aurait pas dû en être un est loin d'être une première dans l'histoire du football.

Christophe Jallet, pas une première

En 1978, l'Italie affronte la France dans un match comptant pour le premier tour de la Coupe du Monde en Argentine. Suite à de multiples assauts italiens, le ballon cogne la transversale. Il est, quelques secondes après, malencontreusement sauvé sur la ligne par un joueur de la Nazionale, après qu'un français ait failli marquer contre son camp. La balle rebondit ensuite sur Paolo Rossi, qui n'a plus qu'à bouger la jambe pour marquer. L'Italie s'impose finalement 2-1. 

Et si le football n'était finalement qu'une histoire de flipper? Après Paolo Rossi, c'est au tour de Darren Anderton de s'amuser à jouer à ce jeu typiquement américain. Dans le cadre de la Coupe Umbro, l'Angleterre affronte la Suède en 1995. Profitant d'une remise aux abords de la surface, Anderton tente une superbe reprise de demi-volée. Le ballon rebondit sur le poteau gauche, avant de taper le bois de l'autre côté. Finalement, il termine son incroyable partie de flipper au fond des filets. Le gardien en sera resté à regarder la balle se balader de part et d'autres de ses cages. Malgré ce but gag, les deux équipes se sont neutralisées sur un score de 3-3.

Quelques années auparavant, en 1979, c'est Bernd Holzenbein, un joueur Allemand aux 40 sélections, qui est l'auteur d'un but sans le vouloir. Suite à un coup-franc, un joueur d'Eintracht Frankfurt prolonge de la tête le ballon, dans la surface de réparation. Holzenbein tente de suivre, mais glisse et tombe. Le gardien intercepte donc le ballon, mais le relâche par mégarde. Par chance, ou malchance, tout dépend le côté, le ballon tombe directement sur la tête du joueur, et franchit la ligne de but.

Son premier but avec Leeds, Tomas Brolin s'en souviendra longtemps. En 1995, son équipe affronte Sheffield Wednesday. Même si son équipe est menée, Brolin n'abdique pas. Il récupère un centre dans la surface, et élimine deux joueurs de la tête. Il fonce ensuite vers le gardien, pied en avant, pour tenter de prolonger le ballon au fond des filets. Le goal rate sa sortie, mais fait tomber Brolin dans son duel. Un défenseur couvre et tente de dégager, mais le ballon rebondit finalement sur la tête du joueur de Leeds, resté à terre, et file au fond des cages. Sur les huit buts de la partie (6-2 pour Sheffield), celui-là restera sans doute le plus chanceux.

Saint-Étienne, des buts chanceux en veux-tu en voilà

Si chaque championnat est un vivier de potentiel de buts gags, la Ligue 1 n'a pas été épargnée. Le réalisme (ou la chance) stéphanoise n'y est pas pour rien. Lors de la saison 2007-2008, l'ASSE reçoit son éternel rival, l'OL. Dans un match fou, où Grégory Coupet réalise une parade de grande classe sur un coup-franc de Dernis, c'est un but casquette qui permet à la bande à Laurent Roussey d'ouvrir le score. Squillaci est à la lutte avec Gomis dans sa surface. Il décide de remettre le ballon en retrait pour son gardien, Greg Coupet. Celui-ci tente de dégager, mais manque totalement sa relance, qui finit directement sur la tête de Bafé Gomis. Le joueur n'a alors plus qu'à pousser le ballon au fond des filets. "La faute à pas de chance", comme dirait certains. Lyon a finalement arraché l'égalisation dans le temps additionnel, suite à un coup-franc de Karim Benzema. 

Deux saisons plus tard, en 2010, l'ASSE est encore témoin d'un but où l'attaquant n'avait pas prévu de marquer. Cette fois-ci, il ne bénéficie pas aux Verts. Sur un terrain imbibé d'eau, Sainté joue Lens. Issam Jemâa récupère un ballon dans la partie gauche de la surface de réparation stéphanoise. Il tente un centre du pied gauche, mais glisse. Son pied d'appui lève néanmoins le ballon, qui lobe toute la défense, et trompe Janot. Un but qui aura été fatal pour l'ASSE, qui s'incline 4-1 à domicile.

L'ont-ils fait exprès?

S'il y a des cas où, comme Jallet, les joueurs ont reconnu ne pas avoir fait exprès de marquer, pour d'autres, c'est plus ambigu. En août 2010, Manchester United affronte Chelsea dans le cadre du Charity Shield. Sur un centre de Cole, Chicharito intercepte la balle, et tente une frappe. Sans succès, il se tire dans son nez. Le ballon va ensuite faire l'improbable, terminer sa course au fond des filets. Les Red Devils se sont finalement imposés 3-1.

Coupe du Monde 2002, le Brésil affronte l'Angleterre pour une place en demi-finale. À la 50e, les deux équipes sont à égalité, 1-1. À une trentaine de mètres des cages, excentré sur le côté droit, Ronaldinho tire un coup-franc. À aucun moment il ne regarde les buts, obnubilé à faire des signes à ses partenaires, regroupés dans la surface de réparation. Du pied droit, il trompe pourtant Seaman, et permet au Brésil d'accéder en demi. S'il dira toujours qu'il l'a fait exprès, rien n'est moins sûr.

En quarts de finale de la Coupe de la Ligue 1997, Marseille reçoit Auxerre. Ce jour-là, Stéphane Guivarc'h est déchainé. Rien ne l'arrête. Ravanelli, Makelele et Laurent Blanc ne peuvent rien face à ses assauts. Déjà auteur de deux buts, la pépite auxerroise n'est pas rassasiée. À la 90e, sur le côté droit, à moins de cinq mètres du poteau de corner, Guivarc'h tente l'impensable. Un espèce de centre tir qui ne laisse aucune chance à François Lemasson. Avec son coup du chapeau, Stéphane envoie Auxerre en demi-finale. Victoire 3-2.