José Mourinho a confiance en Luka Modric

L'arrivée des recrues Modric et Essien, le cas Kaka, la Liga et la Ligue des Champions... José Mourinho est revenu, vendredi, pour le quotidien espagnol AS sur le début de saison agité du Real Madrid.

Jeudi, une première partie de l'interview exclusive de José Mourinho accordée au quotidien AS avait été mise en ligne. Ce vendredi, le journal espagnol en a délivré la deuxième partie, dans laquelle l'entraîneur portugais est revenu sur ses recrues Luka Modric et Essien, le cas Kaka, mais surtout sur le possible manque de motivation qui existerait chez ses joueurs, privilégierait la Ligue des Champions au détriment de la Liga.

Manque de motivation ?

Les journalistes espagnols ont dans cette seconde partie commencé par les questions qui fâchent. Comment faire pour que les joueurs soient toujours motivés alors qu'on sous-entend régulièrement que le seul objectif du Real cette année est la Ligue des Champions ? "Chez moi ça, ça n'arrive pas, je peux vous l'assurer. Et je crois qu'à l'équipe ça n'arrivera pas non plus. Mais un entraîneur ne doit écarter aucune possibilité, aussi rare soit-elle, et doit être très attentif à ça."

Mourinho a alors tenu à rassurer tout le monde : tout joueur manquant de motivation en Liga se verra privé de Ligue des Champions. "Je ferais comprendre aux joueurs que s'ils veulent être candidats, seulement des candidats, à la victoire en Ligue des Champions, il faut qu'ils soient à un très bon niveau toute la saison. Et je leur dirais que pour ça, il ne faut pas être à fond que pour un match ou contre un rival. Si on veut être au top en Ligue des Champions, on doit l'être aussi en Liga et en Coupe du Roi. Ainsi, chaque match doit être joué avec l'intention de le gagner, de s'améliorer, de progresser. Je ne dis pas que je veux la perfection parce que ça n'existe pas. Mais s'en approcher, essayer du moins, c'est le devoir du Real. Et si je détecte qu'un joueur ne comprend pas ça, en tant qu'entraîneur, j'ai les armes pour l'éviter : par exemple, si un joueur ne donne pas tout en Liga en pensant à la Ligue des Champions, il aura une surprise et ne jouera pas la Ligue des Champions." 

Et si le Portugais ne dit pas qu'il est impossible que ses joueurs viennent à manquer un jour de motivation, il a précisé qu'il n'avait, pour le moment, rien détecté et qu'il allait faire très attention à cela. Après le début de championnat mitigé en Liga, le technicien veut que l'on soit plus patient, même "s'il n'aime pas que ses joueurs pensent qu'il est patient pour ne pas qu'il se détendent." Il pense aussi que l'Euro 2012 a également joué un rôle dans ce début de saison du Real et a ensuite parlé longuement des sélections.

Entre son poste d'entraîneur actuel et celui de sélectionneur plus tard

En tant que futur candidat au poste de sélectionneur national, José Mourinho ne sait plus vraiment s'il doit critiquer les matches amicaux des sélections ou non. "D'un côté, si j'étais sélectionneur, je défendrais jusqu'au bout chaque match, chaque date fixée par la FIFA, et toutes celles-ci me paraîtraient trop peu nombreuses. J'en demanderais plus. Mais en tant qu'entraîneur de club... Je reconnais que c'est un problème", a-t-il avoué pointant du doigt les match amicaux d'août et les "voyages intercontinentaux" alors que les joueurs sont en pleine saison avec leur club.

Même s'il accorde que des matches doivent être joués dans tous les continents parce que "l'Asie, l'Afrique et l'Amérique ont le droit de voir jouer les meilleures sélections du monde", il trouve qu'il faudrait repenser le calendrier et propose le mois de juillet. Il finit son analyse par une phrase mourinhesque : "Il ne faut pas oublier que ce sont les clubs qui payent les joueurs."

Et s'il avoue qu'il aimerait bien être sélectionneur un jour, le fait de ne plus être autant avec ses joueurs - trois fois par semaine - ne l'attire pas vraiment. Mais que les clubs se rassurent, Mourinho ne prévoit pas de devenir sélectionneur de si tôt, ils peuvent donc encore rêver de l'avoir. "J'ai 49 ans, je finirai la saison avec 50 et je pense que je ne suis qu'au début de ma carrière. Avant, il y a quelques années, je disais à ma femme qu'un jour j'arrêterais, qu'on profiterait de nos enfants, de nos passions. Maintenant, j'arrive à la maison et ma fille est partie faire un tour avec ses amis, mon fils va jouer avec le club de Canillas. Je me sens entraîneur à temps complet. J'ai toujours la même joie que le premier jour où j'ai gagné, la même haine, la même déception que le premier jour où j'ai perdu", confie-t-il un brin mélancolique. Dans une dernière partie, le technicien portugais a tenu à parler de Modric... et de Kaka.

Modric et... Kaka

"Je suis sûr qu'il plaira aux supporteurs de Madrid. Il est talentueux, discipliné tactiquement. C'est un joueur d'équipe, de projet commun, qui cherche et donne beaucoup à ses coéquipiers." C'est en ces mots que Mourinho a décrit sa nouvelle coqueluche, Luka Modric avant d'évoquer un de ses concurrents, toujours en poste au Real malgré ses velléités de départ, Kaka.

Malgré les clashs, malgré les rumeurs de départ, Mourinho confirme qu'il tient toujours à son milieu brésilien. "On a un effectif très court, avec seulement vingt joueurs, parmi lesquels Alex et Nacho, qui devront aider la Castilla (la réserve madrilène). Je suis sûr que Kaka aura une opportunité. La fatigue, les cartons, l'effectif court... Je suis convaincu que, le moment venu, Kaka répondra et aidera Madrid." En attendant, Mourinho ne manquera pas de choix au poste de meneur de jeu.