Joie collective pour la Juventus Turin

Chronofoot s'est intéressé à la seule équipe européenne encore invaincue : la Juventus Turin. Comment la Vieille Dame a-t-elle fait peau neuve ? Découvrez-le ici.

Manchester City est tombé hier face à Chelsea, 2-1. Désormais, dans tous les plus grands championnats européens (Anglais, Espagnols, Italiens, Allemands et Français), seule la Juventus reste invaincue. Rien ne prédestinait à priori cette équipe à une telle performance, cet été. La Vieille Dame venait en effet de deux septièmes places consécutives en Serie A, et son effectif présentait au départ une plus large part d'inconnu que de certitude. Alors comment la Vieille Dame a-t-elle retrouvé une seconde jeunesse ? La réponse tient en plusieurs points.

Antonio Conte, l'entraîneur guerrier

Antonio Conte, qui a débuté sa première saison en tant qu'entraîneur de la Juve, est un ancien de la maison. Il était l'aboyeur du milieu de terrain bianconero de 1992 à 2004. C'était un des fidèles de Marcello Lippi. Son credo se résume par les mots suivants, comme il aime à le rappeler lui-même : travail, humilité et faim. Pas question d'entendre Conte promettre la lune à ses tifosi. L'homme se sent investi d'une mission : faire de la Juve une équipe à nouveau respectée en Italie. Et les Bianconeri n'étant pas qualifiés en Coupe d'Europe, l'entraîneur n'a aucun mal à persuader ses hommes que chaque match de championnat est comme une finale pour eux. 

Pirlo, Marchisio, Vidal : la révolution du milieu

Conte a décidé de créer une équipe jouant l'offensive, faisant à la fois preuve d'une technique hors pair mais aussi d'un pressing de tous les instants, asphyxiant pour ses adversaires. Le milieu de terrain de la Juve, ces dernières années, était très limité techniquement. Déjà du temps de Lippi et de Capello, on estimait que c'était le point faible des Bianconeri. Or cette année, si Conte a pu définitivement opter pour le 4-3-3, c'est parce qu'il peut compter sur deux nouveaux soldats : le Chilien Vidal et l'Italien Pirlo.

Le premier est une véritable révélation, et nous rappelle le Boateng du Milan AC. Il sait défendre et attaquer, dégage quand il le faut mais est loin d'être maladroit balle au pied. Pirlo est une vieille connaissance, mais paradoxalement, à 32 ans, il incarne aussi le renouveau de la Juventus. On le disait usé par ses 10 années passées au Milan AC. Faux : Le génie transalpin est devenu le métronome qu'il manquait tant aux Bianconeri.

C'est lui le cerveau de l'équipe, celui par qui passe le jeu. Comme à la belle époque au Milan AC, c'est lui qui décide quand l'équipe doit alterner jeu long et jeu court, accélérer ou gérer. Que dire enfin de Marchisio, qui, à 25 ans, semble atteindre une nouvelle dimension ? Libéré de ses tâches défensives par Vidal, Marchisio est devenu davantage que le second de Pirlo, mais bel et bien le détonateur du jeu turinois. Il compte 6 buts en championnat et un en Coupe d'Italie, quasiment tous de belle facture. Son impact sur la Juve fait qu'on le compare désormais à un Lampard italien. Lippi dit de lui qu'il est le "fuoriclasse" (joueur hors catégorie) de cette Juve. Rien que ça !

Une solidité retrouvée

Certes, les buts d'Alessandro Matri (qui confirme sa bonne saison passée) et la fantaisie ajoutée par Mirko Vucinic, ne sont pas étrangers à la première place de la Juve. Mais que dire de la défense ? Avec 11 buts encaissés en 15 matches, seule l'Udinese et ses 7 buts fait mieux. Gianluigi Buffon, ses pépins physiques enfin mis de côté, retrouve son meilleur niveau. En témoigne le pénalty qu'il a arrêté devant Francesco Totti lors du match nul (1-1) face à l'AS Rome.

Stephan Lichtsteiner s'est imposé comme l'arrière-droit qui manquait à la Juve depuis son retour en Serie A en 2006. Il est déjà une idole des tifosi, et est sans doute le meilleur à son poste en Italie actuellement. Chiellini s'est adapté à son poste d'arrière-gauche, et la paire Barzagli-Bonucci forme une charnière centrale solide, bien que perfectible. Un défenseur central est d'ailleurs en approche à Turin : le nom du Brésilien de Chelsea, Alex, revient avec insistance.

L'exemple Del Piero

Si l'on salue à juste titre la résurrection de Gianluigi Buffon, le mythique capitaine Alessandro Del Piero mérite une citation à part. A 37 ans, le joueur expérimenté est toujours relégué sur le banc par Conte. Et il ne bronche pas. Au contraire, il est le premier supporteur de ses coéquipiers, celui qui donne l'exemple à l'entraînement. Un modèle de professionnalisme, et une sorte d'entraîneur-adjoint pour Antonio Conte, avec qui il entretient d'excellents rapports.

Nouvelle équipe, nouveau stade

Le Juventus Stadium, superbe enceinte d'une capacité d'accueil de 41 000 personnes, a été inauguré cette année. Signe du destin, le premier match qui s'y est déroulé a vu la victoire des Bianconeri 4-1 face à Parme. La Juve a construit le stade à ses frais et le club en est le seul propriétaire. Une première en Italie.

A titre d'exemple, San Siro appartient au Milan et à l'Inter, mais aussi à la ville de Milan. Toutes les recettes du Juventus Stadium vont donc directement renflouer les caisses du club. Ce qui a permis en partie le recrutement des Pirlo, Vidal, Vucinic ou Lichtsteiner. Et qui autorise le club à rêver en grand : ses dirigeants ont en effet annoncé que les revenus inhérents au Juventus Stadium permettraient au club d'être encore actif sur le marché des transferts.

Après des années de galère, la Vieille Dame s'est donc payée un ravalement de façade à tous les étages. Et sa première place actuelle, conjuguée à des prestations toujours plus convaincantes et à une estime retrouvée, pourraient bien être le prélude de son retour définitif dans la cour des plus grands. 

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