Falcao, fer de lance de l'Atlético Madrid en Liga

A égalité de points avec le FC Barcelone, l'Atlético Madrid espère bien mettre fin au règne Barça/Real de ces huit dernières années. A-t-il cependant les cartes pour tenir jusqu'au bout ?

Au sommet de la Liga aux côtés du FC Barcelone, l'Atlético Madrid se prend presque à rêver. Car même s'il peut paraître trop hâtif d'ériger au rang de prétendant au titre l'autre club de Madrid, le début de saison du club est plus qu'encourageant. Mais avec un effectif sans noms reluisants - si l'on écarte Falcao -, et un poil trop court, l'Atlético aura-t-il les moyens de tenir jusqu'au bout ?

Au niveau du Barça

Après 9 journées de Liga, l'Atlético Madrid pointe à une très bonne seconde place, à hauteur du FC Barcelone avec 25 points. Aucune défaite, seulement un match nul, le club de Diego Simeone a déjà mis 7 points à Malaga et 8 à son rival de Madrid, le Real. Deuxième attaque de Liga derrière le Barça, troisième défense, les Colchoneros semblent être parfaitement équilibrés. En Ligue Europa, même si le groupe B n'est pas le plus compliqué de la compétition, l'Atlético domine les débats - et ce en faisant tourner l'effectif -, avec trois victoires en trois matches. Ainsi, le club peut prétendre sagement vouloir remporter la compétition pour la seconde année consécutive. 

Pourtant, en début de championnat, rien ne prédisait un début aussi tonitruant. Car cette année, le recrutement colchonero s'apparentait plus à un dégraissage qu'à une réelle volonté de jouer le haut du tableau. Finis les Diego, Assunçao, Dominguez et Salvio, le club s'est renforcé à petit prix, sans faire appel à de grands noms du football mais plutôt à des joueurs expérimentés ou habitués à jouer dans des grands clubs. A Madrid, on retrouve cette année des Emre, Cristian Rodriguez, mais aussi des retours de prêts qui se sont avérés gagnants. D'ailleurs, pour préparer la saison prochaine, l'Atlético a déjà acquis les droits de Pizzi, l'international portugais qui déchaîne les passions à La Corogne. Dans un groupe sans grands noms donc si l'on écarte Falcao, un homme est tout de même là pour tenir les rênes : Diego Simeone. 

Avec Simeone, finies les folies !

Ces dernières années, l'équipe de l'Atlético était de plus en plus vue comme une équipe de coupes. Avec l'arrivée de Simeone en 2011, le club a véritablement pris un virage à 180 degrés. Car si le club domine les débats en Ligue Europa (2010 et 2012), l'Argentin avait lorsqu'il est arrivé la lourde tâche de redonner à ce club historique ce qui lui était dû en Liga. Et le moins que l'on puisse dire est que cela faisait bien longtemps que l'on ne sentait pas grandir autour de ce club un tel engouement. En effet, cette équipe, bâtie sur le succès en Ligue Europa, peut réellement viser plus haut. "Je suis heureux face à la difficulté que représente la tâche. Mais ça fait mal de pousser sur le banc des joueurs comme Costa, Raul Garcia et Emre. J'en suis arrivé au point qu'à chaque fois que je tiens un onze titulaire, le groupe te donne la possibilité de changer tes plans. C'est difficile car leur comportement est exemplaire", déclare-t-il à Marca, visiblement ravi et convaincu de son effectif.

Face à cet apparent équilibre, Diego Simeone ne se privera cependant jamais d'un joueur, l'inévitable Radamel Falcao. Spécialiste de la Ligue Europa, l'international colombien pourrait bien remporter sa troisième compétition européenne consécutive. Cette année, il s'est littéralement incrusté dans la course au Pichichi, jouant le rôle d'arbitre entre Messi et Ronaldo. D'ailleurs, pour l'entraîneur argentin, l'ancien du FC Porto peut déjà rêver du Ballon d'Or. "Il fait partie des trois meilleurs joueurs du monde. Je suis convaincu de ce que je dis. Il a été le meilleur buteur des deux dernières Ligue Europa, a remporté les deux comme la Supercoupe d'Europe. Messi et Ronaldo évoluent dans un autre contexte mais Falcao n'a rien à leur envier."

Si la seule présence de Falcao - l'homme au but toutes les 58 minutes - peut paraître un peu juste pour mener au sommet l'Atlético Madrid, il n'en reste que l'effectif est plus équilibré que jamais et qu'il pourrait très bien jouer les troubles-fêtes jusqu'en mai. Cependant, comme pour son homologue madrilène, l'effectif de 22 joueurs parait bien trop court pour pouvoir jouer tous les tableaux. D'autant plus que celui-ci devra faire face aux colosses européens cet hiver, avides de peaufiner leurs effectifs et de pourquoi pas faire signer, entre autres, Falcao...