Scandale fiscal : Xabi Alonso et Javier Mascherano

Dans un reportage de la première chaîne portugaise, la RTP, des cas d'évasion fiscale de Xabi Alonso et de Javier Mascherano ont été dénoncés. Retour sur une affaire qui risque de faire grand bruit en pleine crise économique.

Xabi Alonso et Javier Mascherano ont beau faire maintenant partie des deux clubs ennemis espagnols, ce n'est pas pour autant qu'ils ne partagent pas quelques bonnes combines. Ainsi, comme l'a révélé la RTP, dans le reportage "Sexta às 9", les deux joueurs auraient tenté de fuir au fisc, en se servant d'entreprises off-shore à Madère, l'île de Cristiano Ronaldo, pour payer moins d'impôts en Espagne. Sandra Felgueiras, journaliste d'investigation, a donc mené l'enquête avec Joao Pedro Matias, de l'Observatoire de l'Economie et de la Gestion des Fraudes.

Une économie de plus de 4,5 millions d'euros !

Premier point en commun entre ces deux joueurs : le même agent, Ignasi Casanovas. D'après les deux chercheurs, le début de l'évasion remonterait en fait aux transferts des deux joueurs de Liverpool vers l'Espagne, en 2009 pour Xabi, en 2011 pour Mascherano. Dans les deux cas, deux contrats ont été signés : un sportif, et un second pour les droits d'image, représentant environ 15% du total, soit près de 5 millions d'euros. Cette somme, aussi bien le Real que le FC Barcelone l'ont payée à deux entreprises basées à Madère - paradis fiscal portugais - Kardzali pour Xabi Alonso, Anadyr Overseas pour Mascherano.

Seulement, ces deux entreprises sont totalement fictives et auraient été créées en 2007 par un certain... Ignasi Casanovas ! Comme cette double-création a eu lieu avant 2007, aucun impôt n'a dû être payé. Mais à partir de l'année prochaine, une taxe à hauteur de 4% sera débitée. Après la création de Casanovas, une société panaméenne s'est emparée des entreprises avant de se faire racheter par Xabi et Mascherano eux-mêmes alors qu'ils avaient déjà signé au Real et au FC Barcelone. Ainsi, les deux petits malins ont récupéré les 5 millions d'euros des droits d'images, sans avoir cédé un seul centime aux impôts.

Les clubs ne parlent pas de cette affaire

Contacté par la RTP, le FC Barcelone a dit qu'il ne détenait aucun droit d'image sur les joueurs. Mais après l'envoi d'une copie du contrat, le club catalan a confirmé avoir reversé des droits d'image aux joueurs. L'agent de Javier n'a quant à lui pas souhaité s'exprimer. Celui de Xabi a lui conseillé aux journalistes de parler à son avocat, tout en ajoutant que "la loi espagnole permet que 15% de la valeur des contrats soient payés par des sociétés/entreprises". Sans compter que Xabi Alonso recevrait même à travers la Kardzali des primes de match, notamment pour avoir participé à l'Euro 2012...

La RTP a donc fait les comptes et en a conclu que si un citoyen portugais devait payer des impôts sur ces 5 millions d'euros, 3 millions devraient être reversés à l'Etat. Avec l'arrivée de la taxe à 4%, Xabi et Mascherano ne payeront maintenant que 200 000 euros. Une affaire qui risque de faire grand bruit aussi bien au Portugal qu'en Espagne, deux pays ravagés par la crise économique.