
Cette saison, Nancy et Lorient ont fait le pari de remplacer leur pelouse naturelle par une artificielle capable de résister aux intempéries. Et force est de constater que, pour l'instant, ce changement ne leur réussit pas vraiment.
Depuis le début de la saison, six rencontres se sont déroulées sur une pelouse synthétique en Ligue 1. Bilan: trois défaites pour Nancy et deux pour Lorient. Si pour Nancy, qui avait déjà chuté à neuf reprises à domicile la saison passée, cette mauvaise série n'est pas une surprise, pour le club breton, c'est plus inquiétant. En effet, les Bretons n'avaient chuté sur leur pelouse que deux fois l'an passé, qui plus est face à l'OM et l'OL, respectivement futur champion et vice-champion de France.
Interrogé par Chronofoot, Christian Gourcuff, l'entraîneur lorientais ne pense pas que les mauvais résultats soient liés au changement de condition de jeu: "Ce serait malvenu de corroborer les mauvais résultats à domicile et la pelouse synthétique. Il est vrai que cela favorise la vitesse de jeu, donc les déficiences se paient plus facilement. Ce gazon n'offre pas de faux-rebond, donc les approximations se voient plus que sur une autre pelouse. C'est un plus grand révélateur d'insuffisances".
La vitesse: une arme à double tranchant
Cette vitesse en gêne plus d'un. Morgan Amalfitano, pièce maitresse du jeu breton, a ainsi beaucoup de mal à s'adapter à cette nouvelle surface. "Le ballon va plus vite, ce qui réduit le temps où l’on peut regarder le jeu avant de recevoir le ballon. Je n’aime pas" avait-il lâché après la défaite face à Nice lors de la 2e journée de Ligue 1. Le coach azuréen, Eric Roy, avait étudié la question pour trouver la faille ce soir-là: "Je suis persuadé que le fait de jouer contre les Lorientais à cette période de l'année nous a été profitable. Si nous les avions affrontés dans quatre mois, la donne aurait été foncièrement différente".
Sur une pelouse qui favorise la rapidité d'exécution, le contre semble être une arme redoutable pour mettre à mal une formation qui tente de jouer haut et d'avoir la maîtrise du ballon: "Le dernier match contre Caen on prend un but en contre. C'est à prévoir avec ce type de pelouse qui permet beaucoup de vitesse" confirme Christian Gourcuff.
Pourquoi avoir changé ?
Si les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, le coach breton estime que ce n'est uniquement dû au changement de pelouse. Pour lui, cette mesure entre dans un plan de réflexion bien plus large. Il veut que le club progresse et est persuadé que son pari n'en est pas un: "On ne va pas creuser des tranchées dans notre terrain pour avoir des résultats. L'an passé nous jouions sur une surface horrible. C'était irrespectueux pour le jeu, les spectateurs et les adversaires. Il fallait faire quelque chose. C'est sûr que d'avoir un excellent gazon est préférable mais nous n'avons pas les infrastructures et les moyens de le faire tout au long de l'année. Je préfèrerai jouer sur la pelouse du Barça ou de l'Emirates (Arsenal, ndlr), c'est sûr, mais ce n'est pas possible".
Aussi, Christian Gourcuff, estime que ce type de pelouse permet à son projet de prendre forme. Pour un coach qui préconise un style de jeu léché et plutôt séduisant, une surface sans défaut est un impératif même si les résultats peinent encore à venir: "Nous n'avons pas décidé d'adopter une pelouse synthétique pour nous donner un avantage. L'an passé nous avons gagné un match au Mans (3-0) dans un véritable bourbier. Ce n'était pas du foot, c'était du pousse-ballon. J'avais dit que j'étais mécontent".
Un pari payant dans quelques mois...
L'un des principaux avantages d'une pelouse synthétique est sa durée de vie. Beaucoup moins fragile que le gazon naturel, il permet à un club qui cherche de la constance à obtenir celle-ci, du moins. De plus, les reports de matches durant l'hiver ne seront plus un problème pour le club. Dès lors, les plages de récupérations seront régulières et sans surprise, contrairement aux autres clubs qui devront faire avec les aléas des matches reportés. "Nous n'avons plus de soucis de calendrier. La pelouse va pouvoir supporter trois matches consécutifs. La qualité du spectacle sera toujours au rendez-vous, du moins les conditions le permettront" prévient Gourcuff.
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