
Si la Ligue 1 s'est faite spécialiste des joueurs sur-cotés portés aux nues après une seule bonne saison, elle regorge malgré tout de talents pas toujours suffisamment reconnus. Petit tour d'horizon de ces joueurs sous-évalués du championnat.
Grougi, dans l'ombre de Roux
Longtemps éclipsé par par Nolan Roux, Grougi n'en est pas moins le meilleur buteur brestois depuis le retour du club breton en Ligue 1. Moins sexy et moins charismatique que le peroxydé lillois, le meneur de jeu formé à Caen n'en est pas moins le sauveur de son club, inscrivant près du tiers des buts de Brest l'an passé. Sa grande qualité technique, sa capacité à bien frapper les coups de pied arrêtés et son expérience font de ce joueur jamais avare d'efforts le véritable métronome de son équipe. Incontestablement l'une des valeurs sûres de notre championnat.
Aboubakar, l'autre perle noire
Pas toujours dans les plans de Philippe Montagnier à son arrivée en France, Vincent Aboubakar a connu quelques problèmes d'adaptation, avant de se révéler l'an dernier sous les ordres de Daniel Sanchez. Grégory Pujol souvent blessé, parfois en méforme, le Camerounais annoncé par certains comme le successeur de Samuel Eto'o a enfin pu montrer son talent déjà entrevu lors de la Coupe du Monde 2010. Vif, bon dribbleur et capable de coups d'éclat étonnants, il doit néanmoins encore progresser dans la finition, s'il veut mériter sa comparaison avec son glorieux modèle.
Landry N'Guemo, Alou qui ?
Délestés d'un Alou Diarra en fin de parcourt, les Bordelais ont fait une très bonne affaire avec l'ancien nancéien Landry N'Guemo. Pas forcément en réussite à ses débuts en Gironde, il est, à l'instar de son club, monté en puissance au fil de la saison. Doté d'un volume de jeu énorme, le Lion Indomptable possède les caractéristiques du récupérateur moderne, sachant allier rigueur défensive et qualités techniques. Son activité incessante et sa capacité à se projeter vers l'avant en font ainsi l'une des pièces maitresses du 3-5-2 de Francis Gillot.
Paul Baysse, le Puyol du Finistère
Le parallèle est aussi rapide que facile à faire. Touffe imposante, esprit de guerrier, débuts comme latéral droit et probable futur défenseur central, difficile de ne pas comparer Paul Baysse à Carles Puyol. Le fougueux brestois fait, il est vrai, rarement dans la dentelle, ce qui est loin d'être un défaut pour un défenseur. Intraitable dans les duels, maître des airs, Baysse est déjà craint par les attaquants de Ligue 1, il attend d'ailleurs de pied ferme Zlatan Ibrahimovic, déclarant récemment à France Football : "Il est évident que c’est actuellement l’un des meilleurs attaquant au monde. Cela dit, il ne faut pas en faire une montagne non plus. Que l’on soit peut être impressionné en dehors, OK, mais sur le terrain, il ne faudra plus le regarder".
Gaël Danic, une régularité incontestable
Révélé tardivement, Gaël Danic a bien su rattraper une carrière qui s'annonçait comme celle d'un éternel joueur de Ligue 2. Repéré par Antoine Kombouaré, magnifié par Philippe Montagnier, le gaucher formé au Stade Rennais fait partie des éléments essentiels du jeu attractif développé par Valenciennes depuis plusieurs années. Redoutable centreur offrant nombre de caviars à ses attaquants, il sait également se transformer en buteur grâce à sa redoutable patte gauche quand son équipe en a besoin. Parfois maladroit, souvent malchanceux devant le but, il possède un profil de loser magnifique qui mériterait une expérience dans un grand club.
Maurice-Belay, l'inattendu
Longtemps pris pour un attaquant aux pieds carrés incapable de planter un pion, Nicolas Maurice-Belay peut remercier Francis Gillot. Le joueur formé à Monaco a en effet pris une toute autre dimension sous les ordres de ce dernier, à Sochaux comme à Bordeaux. Utilisé à bon escient par Gillot qui exploite à 100% ses qualités de percussion, l'ancien Lionceau est devenu l'un des éléments majeurs du système de jeu aussi vintage qu'innovant du technicien bordelais. Mieux vaut parfois ne pas s'arrêter à une feuille de stats tristounette.
Daniel Wass, le polyvalent
Après une adaptation compliquée et un abonnement au banc de touche à Evian, Daniel Wass a fini par mettre tout le monde d'accord en Savoie. D'abord barré par Dja Djéjé, le Danois passé par le Benfica Lisbonne va se révéler peu à peu en Ligue 1. Ses montées tranchantes, sa force de frappe et son engagement font de lui l'un des piliers de Pablo Correa lors de la seconde partie de saison, le technicien uruguayen le baladant entre plusieurs postes. A seulement 23 ans, le polyvalent Danois est peut-être l'une des étoiles montantes de notre championnat.
- Photos : Grougi, N'Guemo, Aboubakar... Les sous-cotés de la Ligue 1
- Moins sexy, moins charismatique que Nolan Roux, Grougi est depuis deux ans le véritable sauveur de Brest.
- Comparé un peu vite à Samuel Eto'o, Vincent Aboubakar n'en est pas moins un buteur prometteur.
- En quelques mois à Bordeaux, Landry N'Guemo a totalement fait oublier Alou Diarra.
- Le qualités et le look du rugueux Paul Baysse ne sont pas sans rappeler un certains Carles Puyol.
- Décisif et toujours très utile dans le jeu valenciennois, Gaël Danic est encore oublié par les grosses écuries de Ligue 1.
- Longtemps catalogué comme un pied carré, Maurice-Belay a été véritablement révélé sous les ordres de Francis Gillot
- Illustre inconnu à son arrivée en France, Daniel Wass a effectué une première saison très prometteuse à Evian
