Steed Malbranque (OL) et Zlatan Ibrahimovic (PSG), certainement les meilleurs joueurs de leur équipe respective

Un OL qui plane, aussi bien sur l'Europe que sur l'Hexagone, un PSG en manque de vitesse en Ligue 1 ? Le championnat de France est-il en train de perdre sa "tête". 

Vous conviendrez qu'entre un Rémi Garde et un Carlo Ancelotti, un Bisevac et un Thiago Silva, un Bafé et un Zlatan, l'écart de strate - du moins sur le papier - est abyssal. Pourtant la bande à Garde est en train de bouleverser les petits papiers des bookmakers cette saison. L'OL, que l'on n'attendait sans doute pas aussi étincelant - la faute à un mercato de misère - est bien parti pour créer la surprise en Ligue 1, quitte à faire vaciller l'ogre parisien, ses millions et ses étoiles.

La mayonnaise lyonnaise prend bien

Elle est lointaine l'époque où le bulldozer lyonnais écrasait tout sur son passage. Une ère dorée révolue, cédant sa place à la décadence. Une longue chute ponctuée la saison dernière par une non-qualification à la Ligue des Champions, la première après 13 années de service européen pour les Gones. De quoi succomber à la superstition, n'est-ce pas ? Bref, Lyon est tombé, mais c'était peut-être pour mieux se relever. Loin des strass et paillettes des dix dernières années - le porte-feuille d'OL Groupe, déficitaire de 30 millions d'euros, ne le permettait plus - l'Olympique lyonnais s'est reconstruit sur son terroir - un terroir aux vertus reconnues - et un effectif déjà rondement étoffé.

Certes, les exodes de marque, en trombe, pouvaient présager le pire, Lyon perdant son meilleur élément - aka Hugo Lloris - et son maître à jouer du milieu de terrain - aka Kim Kallström - mais Lyon a trouvé sa relève. Vercoutre, à qui l'on augurait une saison calamiteuse, assure magnifiquement le relais devant les cages rhodaniennes, bien couvert - il est vrai - par une arrière-garde Lovren-Bisevac globalement étanche, chose que l'on n'a que trop rarement constaté du coté de Gerland ces dernières années. Au milieu, c'est un vieux de la vieille, un revenant, un made in Lyon, un vrai de vrai - histoire de redorer le blason déjà emblématique de la formation lyonnais - Steed Malbranque qui a fait son trou - que dis-je, son cratère - dans l'entrejeu lyonnais. Sans oublier, un autre revenant, Yoann Gourcuff, dont l'éclat n'a été que trop éphémère avec l'OL, mais dont le retour de blessure laisse présager une suite radieuse pour les Olympiques.

Paris, en manque de vitesse

Bref, un savant mélange de fougue, d'expérience et de classe, pour un Lyon en apesanteur depuis le début de saison, en témoigne sa dernière sortie pleine d'autorité sur les terres du Bilbao (3-2), et une qualification pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa acquise sans sourciller (4 matches, 4 victoires). Ajoutez à cela un beau début de saison en Ligue 1, et vous retrouvez un Olympique lyonnais conquérant, qui n'est, par ailleurs qu'à un point d'un leader parisien en manque de vitesse, et qui compte un match de plus.

Parlons-en du PSG justement. Certes Paris est premier, certes, Paris perd peu... Mais Paris n'a jamais (ou presque) fait respecter son statut de grosse cylindrée française depuis le début de saison. La bande à Zlatan ne brille pas en Ligue 1, loin de là, se contentant de fades succès à l'heure où l'on en attendait sans doute plus (1-0 face à Reims, 1-0 face à Nancy). Et puis c'est bien girond de se faire une santé sur des escouades de seconde zone, mais le PSG n'a que rarement (excepté à Lille) été décisif face aux poids lourds de l'Hexagone (0-0 face Bordeaux, 2-2 à Marseille, 1-2 face à l'ASSE). De quoi y voir une déhiérarchisation de la Ligue 1 ? Premiers éléments de réponse dès ce samedi...