Morgan Amalfitano Benoît Trémoulinas

A six journées de la fin, la Ligue 1 n'est pas près d'être plus facile à lire. Alors en attendant d'en savoir un peu plus, Chronofoot vous décrypte les enjeux de la 33e journée du championnat de France.

A la manière d'une élection présidentielle qui ne semble jamais autant indécise à mesure qu'on se rapproche de son résultat, le championnat de France de Ligue 1 a rarement mis autant de temps à accoucher de son verdict. Journée après journée, et celle-ci n'y fait pas exception, la Ligue 1 se resserre, voit les poursuivants se rapprocher d'échappés en perte de vitesse, tandis que les prétendants au podium n'en finissent pas de faire du chasse-patate. A l'arrière du peloton, on se retrouve avec un groupe de 8 écuries, peut-être 9, qui pourraient bien finir dans le rouge. Alors on joue des coudes, sans retenir ses coups, et c'est finalement la lanterne rouge qui pourrait bien finir par lâcher, à moins qu'elle ne retrouve un second souffle ce week-end.

Les trois premiers contre les derniers de la classe 

Passée la métaphore cycliste, passons au concret, voulez-vous. Alors que Montpellier (1e) reçoit Valenciennes (12e), le PSG, deuxième à deux points, accueille Sochaux (18e). Les deux têtes de proue de la Ligue 1 auront probablement à coeur d'effacer les affronts du week-end précédent. Que Montpellier ne se figure par que la tâche sera plus évidente face aux Nordistes car si, pendant un temps, on aurait pu imaginer que les hommes de Daniel Sanchez couleraient une fin de saison dans le ventre douillet du championnat, ils n'ont plus que 4 points d'avance sur Sochaux, qui s'en ira au Parc des Princes sans illusion, mais avec tout à gagner.

Tout comme ses devanciers, Lille rencontre une équipe engagée dans la course au maintien. Les Dogues se déplacent à Dijon (16e) avec l'ambition de réduire à deux points l'écart avec Paris, tandis que Dijon, on s'en doute, n'aura pas d'autre ambition que de préserver sa cage inviolée pour quérir un point plus que précieux pour le maintien.

Bas de tableau: sept équipes en deux points 

Un maintien qui se joue décidément au cordeau puisque, tenez-vous bien, sept équipes, du 19e au 13e, se tiennent en 2 points. Devant Saint-Etienne (7e), Caen (15e) tâchera de bonifier le point obtenu à Marseille mercredi dernier. Ajaccio (19e) aura l'avantage de recevoir Nancy (11e), quasiment assuré de son maintien et qui pourrait relâcher un peu la bride après une série très fructueuse de 5 victoires en 7 matches. Le match qui fout les jetons aura lieu entre Nice (14e) avec un petit point d'avance sur la zone rouge et Auxerre (20e), qui galère à 5 points de la surface.

Pour le reste, Lyon ferait bien de se remuer face à Lorient s'il espère ne pas finir plus loin que la 4e place cette saison, car Toulouse, son tortionnaire de la semaine (3-0) est placé juste derrière la faute à un but en moins et se déplace à Evian (9e), qui est d'ores et déjà maintenu. Enfin, dans le cadre de l'opération "Faisons oublier notre humiliation en demi-finale de la Coupe de France", Rennes (6e) aurait une inspiration fabuleuse en ne faisant qu'une bouchée de Brest (17e) lors de son déplacement dans la rade. Ce serait quand même dommage de se priver de faire semblant de jouer l'Europa League une troisième saison d'affilée.

Bordeaux - Marseille, mémoires de nos pères 

Pour terminer, ayons une pensée nostalgique pour ces deux anciens géants du football tricolore que sont l'Olympique Marseille et les Girondins de Bordeaux, qui raviveront samedi soir à 21h le souvenir des années 1980, de la fin des années 1990 et des années 2000. Le temps glorieux où ils se disputaient le titre est bien loin, et celui où, d'une joute verbale, Bernard Tapie remplissait les pages de La Provence et Claude Bez, celles de Sud-Ouest, l'est encore plus. 

Alors, quand Jaroslav Plasil, Yoan Gouffran d'un côté, Jérémy Morel et Rod Fanni de l'autre, fouleront la pelouse pour savoir laquelle de ces deux équipes sera la mieux placée du ventre mou, s'affichera sur nos tristes figures un sourire affadi en mémoire du temps où Yoann Gourcuff enchantait les pelouses et où Gabriel Heinze s'arrachait pour gratter le moindre ballon. Du temps où ces deux équipes étaient encore au sommet du foot français.