
Le titre en balance, la course à l'Europa League tout pareil et le maintien qui se profile à l'horizon de quelques bienheureux... La 37e journée de Ligue 1 pourrait bien désigner quelques passe-droits pour le paradis et d'autres pour le purgatoire de la Ligue 2. Chronofoot vous explique tout.
Ça se précise, ça se précise... Encore deux journées à souffrir, amis suiveurs de notre beau championnat de France, et vous connaîtrez à la fois le nom du champion, celui des participants à la Ligue des Champions, les remisés de l'Europa League et les condamnés à une Ligue 2 qui ne sera pas si terrible que ce qu'on croit.
Mais peut-être, je dis bien peut-être, aura-t-on droit à quelques précisions avant le terme. Après tout, ce ne serait que justice, vu le peu de pitié que les clubs hexagonaux ont eu pour nos pauvres palpitants. Que de suspense nous aura-t-elle réservé, cette Ligue 1 ! A l'heure où vous lisez ces lignes, on compte encore 3 clubs concernés par le titre, 5 pour l'Europa League et 9 pour la relégation. Ce qui donne un pourcentage d'équipes ayant sincèrement intérêt à rester concentrées jusqu'à la fin de 85%. Balèze. Histoire d'apporter de l'eau à vos moulins avides de comparaison, sachez que l'an dernier, le titre était déjà joué, tandis que deux places étaient déjà réservées pour la descente. C'était à peu près le même embouteillage pour l'Europa League, notamment parce que Lille et Marseille, 1e et 2e, avaient remporté les deux coupes, décalant la lutte pour l'Europe jusqu'à la 6e place, contre la 5e cette année.
A Lille, Montpellier ou Paris, il y aura des larmes
Vous l'aurez conclu tous seuls, on ne risque pas de s'ennuyer ce dimanche, lors du multiplex qui retransmettra cette avant-dernière joute de la saison. Déjà, on aura droit à deux bon petits chocs de derrière les fagots avec Montpellier-Lille, duel entre le 1e et le 3e, qui peut soit quasiment donner le titre aux leaders sudistes, soit offrir une dernière chance aux Nordistes (qui se rapprocheraient alors à 2 points), ou alors épaissir la menace parisienne. Laquelle prendra la forme de la réception de Rennes (5e) au Parc des Princes. Un choc dont devraient se méfier les Parisiens car les Bretons sont en lutte pour l'Europa League, à égalité avec points de Saint-Etienne. La petite statistique qui fera bien flipper les Parisiens: pas une victoire au Parc contre les Rouge et Noir depuis 2006 (2 nuls et 2 défaites).
Les disciples d'Antonetti ont d'autant moins intérêt à se louper que leurs rivaux Verts devraient avoir la partie plus facile sur le terrain de Nancy, qui a confortablement obtenu son maintien. Autre rivaux pour les Bretons, Bordeaux, qui recevra de bien faibles Lorientais et qui reste sur 4 matches sans victoire et pointe à deux points de la sacro-sainte 5e place. Même topo pour Toulouse, pour le moins à la ramasse depuis sept journées (5 points sur 21 possibles) et qui aurait une riche idée en s'imposant à Dijon pour s'éviter des semaines trop tranquilles la saison prochaine. Enfin, si c'est pour négliger la C3 comme les clubs français en ont l'habitude, c'est bien à se demander si ça vaut la peine de s'arracher pour la disputer, cette compétition... En tout cas, Lyon devrait assurer sa 4e place, tandis que le strapontin suivant sera probablement l'objet de toutes les convoitises jusqu'au bout.
Le maintien, drogue pour clubs modestes
Et parce que le football, ce n'est pas que strass, paillettes et duel au sommet entre Romain Pitau et Laurent Bonnart, ayons une pensée pour ces clubs qui, la peur au ventre, un oeil sur le résultat des concurrents et l'autre sur le ballon s'en iront sortir leurs tripes pour conquérir de haute lutte le maintien. Un bonheur que trois malheureux groupes n'auront pas la chance de partager. Mais trêve d'apitoiement sur ces damnés de la Ligue 1, l'heure est au don de soi, aux organes génitaux sur la pelouse et à l'absence totale de remords. A quelques heures de cette 37e journée, Auxerre est la seule équipe à même d'être reléguée. Mais tout de même, une équipe qui colle un 4-0 à la meilleure défense de Ligue 1, Brest, ne mériterait-elle pas de rester en Ligue 1 l'an prochain ? Et très franchement, j'aurais le coeur beaucoup trop serré de voir le bonnet de Guy Roux aux abords des stades de Tours et Châteauroux l'an prochain.
Maintien toujours, on aura aussi le droit à ce qu'il conviendrait d'appeler une finale des pauvres, de celles qui font rêver les purs fans de Ligue 1: Caen-Sochaux. Un match dont le vainqueur restera dans l'élite l'an prochain, et qui devrait faire l'objet d'écoulement de litres de sueur dans les travées du stade d'Ornano. Le lot de toutes les équipes qui évoluent entre deux eaux: Dijon, Brest, Caen, Nice etc. De la crispation, de la joie ou des larmes. Comme si seule la libération qui intervient une fois le maintien obtenu pouvait leur conférer cette décharge émotionnelle. On parie que quelques équipes la ressentiront déjà dimanche soir. Pour les autres, il faudra encore cravacher une semaine.
