FC Bâle - Bayern Munich

C'est l'opposition la plus régionale de ces huitièmes de finale de la Ligue des Champions. L'an dernier, les deux clubs avaient fréquenté le même groupe dans cette compétition, et les Bavarois s'en étaient sortis deux fois vainqueurs. Même scénario cette année ?

On a beau avoir mis trois mois pour s'y accoutumer, la présence du FC Bâle aux huitièmes de finale de Ligue des Champions paraît toujours aussi incongrue. Mais bon, les huitièmes de finale ont déjà accueilli l'APOEL Nicosie et deux clubs russes cette année, sans parler de la surprise du FC Copenhague l'an dernier, alors pourquoi pas un club suisse ? Et peu importe que ce dernier soit une surprise : les Suisses germaniques ont éliminé Manchester United, finaliste de la dernière édition, ce qui suffirait à construire rapidement une légitimité à n'importe quel club. 

Dans ce groupe C, le FC Bâle, mené par l'ancien Rennais Alexander Frei, auteur de 5 buts, son homonyme triple buteur Fabian Frei et le jeune prodige d'origine kosovare Xherdan Shaqiri, les Suisses ont livré un match dantesque à Old Trafford, arraché le match nul 3-3 et battu dans leur Parc Saint-Jacques des Red Devils méconnaissables. Et si, face au Benfica, la confrontation fut plus compliquée, c'est avec deux points d'avance sur Man U que les Bâlois sont sortis de leur poule.

Le FC Bâle seul au monde en championnat 

Même si Alexander Frei s'en inquiète dans L'Equipe ("Tout le monde ne parle que de ça et du Bayern, et cela me fait peur. Je serai content quant tout cela sera terminé"), le club rhénan mène très bon train dans un championnat qui n'avait pas été autant troublé depuis longtemps, si ce n'est jamais. Les 35 points enlevés au FC Sion par l'UEFA pour cause d'alignement de joueurs aux transferts non-validés par l'instance européenne ont débarrassé les Bâlois d'un adversaire plus que sérieux. Autre club aux ambitions clamées bien haut, le Neuchâtel Xanax ne peut plus jouer en Super League depuis janvier et a dû déposer le bilan suite à la gestion calamiteuse de son troublant président, Bulat Chagaev, mis en examen pour contrefaçon, retards de paiement et gestion déloyale. Avec un match en retard, Bâle a six points d'avance sur le second, les Young Boys de Berne.

Moindre expérience oblige, les Suisses auront la partie difficile face à l'obstacle qui se dresse devant eux. Leurs quelques participations à la Coupe de l'UEFA et aux phases de groupe de la Ligue des Champions ne suffisent pas à en faire des adversaires effrayants. Surtout quand se dresse en face le Bayern Munich, probablement le club le plus titré de ce côté du Rhin, qui débarquera au Parc Saint-Jacques de Bâle avec la ferme intention de donner une suite à son fabuleux palmarès : 4 Ligue des Champions, une Coupe des Coupes et une Coupe de l'UEFA, ça vous fait une réputation à faire peur et de quoi trembler d'avance.

Le Bayern Munich en favori 

Que les Suisses ne se fient pas aux récents déboires en championnat des Bavarois, descendus à la troisième place et désormais distancés de 4 points par le Borussia Dortmund. Il y a deux ans, on croyait l'Olympique Lyonnais tout à fait capable d'écarter un Bayern sur une seule patte, en demi-finale de la Ligue des Champions, et ce sont finalement les Allemands qui gagnèrent le droit de défier les Interistes en finale. Avec son escadron d'internationaux, le Bayern Munich a gagné le droit d'aborder en favori et avec un matelas de confiance assez conséquent cette rencontre, même si le droit à l'erreur est assez limité. Franck Ribéry est en grande forme, mais Arjen Robben n'a pas le même rayonnement que les précédentes saisons.

Pour le Néerlandais, ce match pourrait d'ailleurs revêtir un aspect particulier et pas nécessairement porteur de bons espoirs. En effet, ils sont nombreux à voir en Xherdan Shaqiri, déjà acheté par le Bayern Munich mais qui sera bien Bâlois ce soir, son successeur dès la fin de la saison 2011-2012. Pour l'ancien entraîneur et actuel sélectionneur de l'équipe de Suisse Ottmar Hitzfeld, Shaqiri est "un joueur exceptionnel, sanguin et mort de faim." Tout le contraire d'un Robben en demi-teinte depuis le début de la saison, et que "Kaiser" Franz Beckenbauer, président d'honneur du club, trouve "égoïste".

Mais si on met se psychodrame de côté, on ne voit pas bien ce qui empêcherait le Bayern de passer ces huitièmes de finale. Au FC Bâle de faire mentir cette sombre prédiction. 

Les Kaiser du Bayern Munich en images