Jupp Heynckes

Ultra-dominateur dans le jeu, le Bayern a de quoi regretter la défaite samedi en finale de la Ligue des Champions. Jupp Heynckes, l'entraîneur bavarois en est le premier frustré.

43 tirs dont 7 cadrés, 20 corners, un pénalty manqué et une insolente domination dans le jeu. De quoi s'arracher les cheveux au bout de 120 minutes. Et quand au final, le sacre échappe au jeu du "quitte ou double", il y a de quoi perdre la foi en les Dieux du foot. Jupp Heynckes est de ceux qui ont sombrer cet l'athéisme-là, samedi. "C'est sûrement aujourd'hui une défaite très amère pour le club et mes joueurs, a regretté le technicien bavarois. Mon équipe est très déçue par le scénario et le résultat. Il ne faut pas mettre cela sur le compte du style de jeu de Chelsea : quand on a autant d'occasions, il faut en profiter mieux, on n'a pas su le faire."

Des regrets

Il faut dire qu'en face, Chelsea a fait du... Chelsea. A neuf derrière, en balançant vers l'avant, Saint Drogba se démiellera. Ca a dégouté la bande à Messi, ça écoeurera aussi les Allemands. Heynckes est le premier à le constater. "Mon équipe a fait une grande performance contre un adversaire qui a agi comme on le pensait, comme dans ses derniers matches de Ligue des champions, a déclaré l'ancien artilleur de Mönchengladbach. Il faut regretter de ne pas avoir concrétisé nos nombreuses occasions, on a même raté un penalty. Quand on arrive aux tirs au but, c'est la loterie, on connaît la chanson. Chelsea a eu plus de chance, ils ont joué comme ils le pouvaient. Je les félicite, ils ont bien combattu, bien résisté défensivement, et à travers les tirs au but sont devenus champions d'Europe."

Sur un siège éjectable

Deuxième de Bundesliga, finaliste de la coupe d'Allemagne et désormais simple finaliste de la Ligue des Champions, le Bayern clôture donc une année sans sacre, comme en 2011, sous l'égide de Louis Van Gaal (puis Andries Jonker). Pire, les Bavarois auront hérité de l'étiquette peu flatteuse d'éternels seconds, cette saison. Jupp Heynckes s'attend forcément à un déluge de critiques. "Je sais bien quels seront les commentaires dans les jours qui viennent, a admis l'entraîneur. Le Bayern est le club en Allemagne qui a eu beaucoup de succès ces dernières années. Quand on ne remporte aucun titre pour la deuxième saison de suite, c'est sûr que c'est une mauvaise saison. On a pris 73 points en Championnat, on a été champion cinq fois lors des dix dernières saisons... On va subir des critiques, je le sais, j'ai de l'expérience dans le football, mais il faudra supporter ces critiques." Plus que les critiques, c'est pour son siège dorénavant éjectable que Heynckes devra s'inquiéter. Son prédécesseur batave, pourtant champion de Bundesliga et vainqueur de la coupe d'Allemagne en 2010, n'avait pas passé l'été en Bavière après une saison vierge en 2011. Accroche-toi bien Jupp...