Le Real Madrid est tombé, comme beaucoup des autres grands clubs en Ligue des champions

Le Milan AC, le Real Madrid, Chelsea, Arsenal, ou encore Manchester City sont tous tombés en Ligue des champions cette semaine. Est-ce un simple accident de parcours ou au contraire, le début d'un véritable changement ? Chronofoot tente une autopsie du phénomène.

Chelsea ? Tombé 2-1 dans la Donbass Arena du Shaktar Donetsk. Arsenal ? Surpris 0-2 à l'Emirates par Schalke 04. Le Real Madrid ? Battu 2-1 à la régulière par le Borussia Dortmund. Le Milan AC ? Vaincu 1-0 par le surprenant club de Malaga. Manchester City ? Sonné 3-1 par le réveil brutal de l'Ajax d'Amsterdam. Si l'on y ajoute les pires difficultés rencontrées par le FC Barcelone pour venir à bout du Celtic Glasgow dans les arrêts de jeu (2-1), la Juve qui a frisé la correctionnelle à Nordsjaelland (1-1) ou encore le Bayern Munich au petit trot face à Lille (1-0), c'est une épidémie qui a visiblement frappé les grands d'Europe en Ligue des champions lors de la 3e journée.

Des clubs dans le dur également en championnat

Pour certains, les difficultés rencontrées en championnat ont trouvé un prolongement sur la scène européenne. Occupant une indigne 16e place en Serie A, quoi de plus logique finalement que de voir le Milan AC, véritablement sur le déclin, tomber à Malaga ? De même, le Real Madrid 4e de la Liga à 8 points du Barça et en retard sur ses standards habituels en championnat, connaît un inquiétant retard à l'allumage, dont ont su parfaitement profiter les "marsupiaux" du Borussia Dortmund mercredi soir. Et que dire d'Arsenal, surpris à domicile par Schalke 04  ? Sevré de titre de champion depuis 2004, et qui, au vu de 9ème place occupée actuellement (à 10 points de Chelsea), sait déjà que ce ne devrait pas être pour cette année encore. 

Mais ces places fortes du football européen qui piochent dans leurs tâches domestiques, ne sont pas les seules à avoir vécu le pire ou presque cette semaine en C1. Des difficultés qui trouvent certainement leur source dans les cadences infernales, imposées aux joueurs qui évoluent dans ces grands clubs. Le FC Barcelone a ainsi vu 15 internationaux rejoindre leurs sélections pour disputer des matchs aux quatre coins de la planète en octobre dernier. A 33 ans, le maître à jouer de la Juventus Andrea Pirlo a disputé 56 matches en 2011-2012 (dont 6 pendant le dernier Euro avec l'Italie), et en est déjà à 15 depuis le début de la saison. S'il n'est pas un titulaire indiscutable à Manchester United, Javier "Chicharito" Hernandez, a tout de même dû avaler les 17 000 kilomètres aller-retour qui séparent Manchester du Mexique, pour disputer deux matches de qualification au mondial 2014 avec sa sélection ce mois-ci...

Projets solides ou puits sans fond financiers, des clubs se rapprochent du Top

Si voir la Juventus de Turin accrochée 1-1 au Danemark par Nordsjaelland peut constituer une surprise, d'autres résultat en revanche, ne le sont qu'a moitié. Est-il par exemple nécessaire de rappeler que Schalke 04, qui a triomphé à l'Emirates Stadium, faisait partie du dernier carré de la C1 en 2011 ? Ou que le club de la Ruhr possède en son sein un buteur de classe mondiale en la personne d'Huntelaar, et un joueur parmi les meilleurs ailiers de la planète (Ibrahim Affelay) arrivé l'été dernier en provenance du Barça ? De même, il n'y a rien d'indécent à voir le voisin de Dortmund disposer du grand Real Madrid, eu égard des deux dernières saisons.  Les hommes de Jurgen Klopp, qui dispose d'un groupe jeune, stable et en constante progression, font tourner le rival munichois en bourrique depuis deux ans en Allemagne.

De l'autre côté, il y a ces clubs à la puissance financière sans nom, et qui peuvent se permettre d'attirer des bons joueurs dans des championnats dits "mineurs". Le Shakthar Donetsk de Rinat Akhmetov (39e fortune mondiale), qui s'est doté d'une enceinte 5 étoiles en 2009, a bâti patiemment son édifice ces dernières années en enrôlant quelques brésiliens prometteurs (Luiz Adriano, Willian...). Vainqueur de la Ligue Europa en 2009, le Shaktar fait presque office de terreur à l'échelle européenne aujourd'hui comme le déclarait l'entraîneur de la Juventus Massimo Carrera après l'avoir croisée en septembre (2-2) : "L'équipe du Shaktar était très sous-évaluée [...] elle serait un bon concurrent pour nous si elle jouait en Italie". Et il en va de même pour Malaga, détenu par le cheikh Bin Nasser al-Thani depuis 2010, et qui s'éveille à la grande Europe aujourd'hui...

Et si la Ligue des champions 2012-2013 offrait un vainqueur surprise

La réforme Platini, entrée en vigueur en 2009, et visant à offrir un accès plus simple à la Ligue des Champions aux clubs issus des petits pays européens, semble également porter ses fruits. En effet, des clubs comme Nordsjaelland (Danemark), Cluj (Roumanie), ou encore l'Apoel Nicosie la saison passée (quart de finaliste), jouent parfaitement le rôle de trouble fête, en attendant qui sait, des jours meilleurs très prochainement. Tous les voyants semblent apparemment réunis pour peut-être assister au printemps, à une surprise de grande ampleur. Comme ce fut les cas en 2004, lorsque toute l'Europe du football avait les yeux rivés vers Gelsenkirchen, pour admirer Porto et l'AS Monaco se disputer la coupe aux grandes oreilles...