Lucas Mendes

Arrivé à l'OM alors qu'il est inconnu de tous en France, Lucas Mendes jouit pourtant d'une bonne réputation au Brésil. L'équipe de Chronofoot a voulu en savoir plus et a contacté son club de toujours, Coritiba.

Mardi dernier, le club de Coritiba confirmait sur son site internet le départ de son latéral gauche Lucas Mendes, âgé de 22 ans, pour l'Olympique de Marseille, après pas moins de 12 années passées au club. Contacté par nos soins, le club nous a dressé le portrait de son ancien poulain.

Un pur produit de la formation

Au club depuis son plus jeune âge, Lucas Mendes est le joueur-symbole de la réussite du club de la ville de Curitiba, située dans le sud du Brésil. Dès l'âge de dix ans, le joueur intègre l'équipe de jeunes du Coritiba Football Club et va vivre avec lui la (re)naissance d'un club qui n'a remporté qu'une fois le championnat national. Interrogé sur le parcours du joueur brésilien, Rodrigo Weinhardt, l'un des membres du staff, nous a plus dépeint l'importance d'avoir eu au sein de son équipe un joueur aussi talentueux que respectueux, parfaitement en accord avec les directives du club. "Il vient des catégories de jeunes du Coritiba, il était au club depuis qu'il avait 10 ans. Le club a toujours voulu aider les jeunes, s'est toujours efforcé de construire des structures capables d'offrir aux jeunes l'appui nécessaire, de manière à les accompagner, aussi bien sur le terrain au niveau tactique et technique, qu'en dehors. On a presque un rôle d'assistant social, on essaye de faire en sorte qu'ils réussissent à l'école, on leur enseigne des valeurs sportives mais également morales."

Et d'après lui, le joueur qu'a signé l'OM est l'exemple parfait de la réussite de cet accompagnement presque initiatique. "Il n'a jamais eu aucun problème. Il était bon à l'école, très ouvert, très bien éduqué. Je ne me fais pas de soucis pour lui." A ses débuts, Lucas Mendes était plus un libéro, qui petit à petit a gagné en polyvalence puis s'est finalement installé sur le côté gauche. Aujourd'hui, il peut même jouer en tant que milieu récupérateur. Une aubaine donc pour l'OM qui s'est vu dépouiller de son milieu avec les départs de Diarra et de M'bia cet été. Joueur exemplaire, polyvalent et très versatile, Lucas Mendes serait-il un joueur sans défauts ?

"Un Brésilien aux caractéristiques européennes"

A partir du moment où le joueur passe pro, celui-ci devient vraiment par définition un latéral gauche, très porté vers l'attaque, "très bon au marquage, avec un bon toucher de balle, se projetant très vite vers l'avant, et avec une bonne qualité de passe." Son seul problème était que, vu qu'il était un défenseur central de formation, il éprouvait une certaine difficulté à ses débuts à aller de l'avant, chose qu'il a aujourd'hui parfaitement dépassé, exploitant beaucoup mieux son potentiel offensif. 

Des points négatifs ? A en croire Rodrigo, il n'y en a que très peu voire aucun. Peut-être que le joueur manque encore un peu d'expérience malgré ses presque 140 matches avec Coritiba. Peut-être, concède-t-il, "qu'il doit étoffer un peu plus son jeu", mais d'après lui, "il n'aura aucun problème à s'adapter au football européen." En effet, d'après l'attaché de presse du club, on distinguerait parfaitement les joueurs qui sont susceptibles de s'imposer en Europe de ceux qui n'y réussiront jamais. "Il possède toutes les caractéristiques du footballeur européen, il n'aura aucun problème d'adaptation. Même si je ne sais pas comment joue l'OM actuellement, il ne devrait y avoir aucun problème." Élément non-négligeable également, Lucas Mendes a été pré-convoqué pour les JO avec le Brésil... et reste même après son départ, très apprécié des supporteurs.

Lucas Mendes, le joueur-vitrine

Pour le club, le départ de Lucas Mendes sert de véritable vitrine pour d'éventuels futurs transferts. La vente de l'un des principaux joueurs de Coritiba a en effet mis sur la scène européenne le nom du club brésilien, d'autant plus qu'il peut se targuer "pour le première fois d'avoir réussi à démarcher directement avec l'OM sans intermédiaires, récupérant le total du montant du transfert." Alors quand on lui demande si les supporteurs n'ont pas trop été choqués de la vente de Lucas Mendes pour un montant si faible (aux alentours de 2 millions), celui-ci nous a tout de suite coupé et a affirmé que "les Brésiliens étaient habitués à voir partir très tôt leurs joueurs, que c'était normal et qu'ils lui étaient malgré tout encore très reconnaissants."

S'il est vrai que certains commentaires sur les forums vont dans ce sens, comme celui lâché par COXA100NACAO, "Bonne chance Lucas Mendes, continue à faire un bon travail, fais toi une place et deviens titulaire. Les clubs brésiliens doivent se préparer à ça. Tout le monde sait que les clubs d'Europe recherchent les talents pour 12/13. Le départ de Lucas est très valorisant pour l'image du club", d'autres sont bien plus virulents à son encontre mais aussi à celle des dirigeants: "vous ne pensez qu'à l'argent en vendant Lucas Mendes", "C'est un mercenaire, c'est pour ça qu'il ne jouait plus très bien."

Au milieu de tout ça restent quand même les déclarations d'un joueur qui aimait véritablement son club et qui dit avoir tout donné pendant 12 années de sa vie. "C'est le moment que tout athlète attend, mais ça me fait quand même mal au cœur. C'est sûr que je veux partir, jouer dans un championnat plus compétitif, avec d'excellents joueurs, mais j'ai passé une bonne partie de ma vie ici, au "Coxa", le club que j'ai toujours supporté et que je respecte beaucoup. Je suis très heureux d'avoir participé au bon moment du club, d'avoir été champion (de Serie B) et d'avoir laissé des choses positives ici. C'était un honneur pour moi de participer à l'histoire du Coritiba. Je peux dire que j'ai vu le club grandir et que j'en ai fait partie. J'en suis fier. Je continuerai de supporter le Coritiba", a-t-il déclaré sur Globoesporte.

Versatilité, polyvalence, très ouvert et chéri des supporteurs, Lucas Mendes a donc tout pour s'adapter sans trop de soucis à l'OM. Reste à savoir si la traversée de l'Atlantique et les kilomètres qui le séparent de sa ville natale ne l'affecteront pas trop, lui qui a presque joué toute sa vie à Coritiba.