Marco Verrati est il un ange ou un démon ? La question se pose

Auteur d'un début de saison grandiose avec le PSG, le jeune milieu de terrain italien Marco Verratti semble marquer le pas depuis quelques semaines. Et se distingue surtout par son tempérament sanguin, et les coups bas dont il se rend coupable sur le terrain.

A l'instar d'un Docteur Jekyll et Mister Hyde, où de Harvey Dent alias "Double-Face" dans Batman, le néo-Parisien Marco Verratti semble posséder un alter-ego maléfique, capable de faire son apparition à tout instant au cours d'une rencontre.

Un génie au sang chaud 

Côté pile, il y a un joueur à la technique hautement raffinée, qui régale les supporteurs parisiens de louches, talonnades et autres arabesques depuis son arrivée. Culotté, Marco Verratti s'était même lancé dans une série de dribbles osée aux abords de sa propre surface face à Chelsea pour sa première apparition sous le maillot du PSG en juillet dernier. Des gestes de classe qui lui avaient valu une compilation spéciale "Marco Verratti vs Chelsea" sur la toile. Côté face, il y a ce petit milieu de terrain roi du croc-en-jambe à l'adversaire, jamais très loin de l'arbitre ni des échauffourées, et qui a déjà reçu six cartons jaunes toutes compétitions confondues depuis qu'il a posé ses valises dans la capitale française.

Face à Montpellier dimanche dernier, l'attitude du "Pirlo des Abruzzes" a viré à la caricature. Des les premiers instants de la partie, son effronterie non loin du but de Sirigu, offrait une grosse occasion à Younès Belhanda. Quelques instants plus tard, son tempérament joueur jouait un bien mauvais tour à son coéquipier Mamadou Sakho, expulsé après avoir mal négocié un vilain ballon de Verratti, et retenu Charbonnier par le maillot en position de dernier défenseur. Au bout de 10 petites minutes de jeu, cela faisait déjà beaucoup à ajouter au passif du bilan du jeune transalpin ! Mais plutôt que de revenir à des choses plus basiques, le numéro 24 parisien a livré un duel acharné et souvent à la limite du raisonnable, à son vis-à-vis Younès Belhanda, autre génie au sang bouillant.

La première saison en Première division pour un gamin de 20 ans 

Afin d'éviter à sa formation de se retrouver réduite à 9, Carlo Ancelotti n'a eu d'autre choix que sortir son joueur à la 55ème  minute, mettant ainsi un terme définitif "au combat de rue" auquel s'étaient abandonnés Verratti et le numéro 10 montpelliérain. Une intuition qui aurait d'ailleurs dû inciter son homologue René Girard à en faire de même puisque Belhanda, trop nerveux, remettra les deux équipes à égalité numérique dix minutes plus tard pour un deuxième carton jaune reçu, suite à une faute de main stupide dans le rond central. Sortir l'ancien joueur de Pescara pour lui éviter un retour au vestiaire prématuré n'est pas une première pour le Mister puisqu'il avait déjà procédé de la même manière à Lille, à Marseille ou plus récemment à Nancy.

Il faut dire que Verratti, qui malgré son arrivée incognito au PSG le même jour qu'un certain Zlatan Ibrahimovic, enchaîne les rencontres (16 toutes compétitions confondues) alors qu'il ne partait pas forcement comme un titulaire au départ. Sachant qu'il n'avait jamais évolué au plus haut niveau en Italie, celui qui est également devenu international italien en cette fin d'année 2012, connaît une logique baisse de régime depuis quelques semaines. Car à seulement 20 printemps, tout s'est accéléré dans la vie de Verratti qui a quitté son cocon pour se lancer dans l'aventure parisienne.

Un pari risqué pour un jeune espoir, qui bénéficie tout de même des précieux conseils de Carlo Ancelotti et Claude Makélélé, experts dans le rôle de milieu récupérateur lorsqu'ils portaient encore short et crampons. Mais un choix pas illogique selon son capitaine en sélection Gianluigi Buffon : "Aujourd'hui, Verratti est devenu titulaire dans un grand club et joue la Ligue des champions. C'est ce que Paris lui avait promis. En Italie, personne n'a eu le courage de lui faire des promesses", tance le gardien de la Juve qui regrette quelque peu cette fuite des talents dans son pays. Avec ses traits angéliques, Marco Verratti promène la réputation de "nouveau Pirlo", un surnom donné par les médias italiens. Peut-être que "Pirlottuso" aurait été un sobriquet plus judicieux...