Michel Platini : "Sarkozy ne m'a jamais demandé d'appuyer la candidature du Qatar"
Michel Platini, le président de l'UEFA, s'est exprimé sur le fair-play financier, les investisseurs qataris et la Coupe du Monde 2022 dans les colonnes du Parisien.
Michel Platini a accordé une interview au journal Le Parisien. Il a évidemment été question du recrutement du PSG et des Qataris. Mais aussi de l'argent dans le football, et notamment du fameux fair-play financier, voté pour lutter contre les excès financiers en tous genres des clubs européens.
"Je ne suis pas fan des Qataris"
Il se murmurait avec insistance que Nicolas Sarkozy avait demandé à Michel Platini d'appuyer la candidature du Qatar pour l'organisation de la Coupe du Monde 2022, au nom de l'amitié franco-qatarie. Ce que le président de l'UEFA dément formellement : "Pas du tout. Nicolas Sarkozy ne m’a jamais demandé de voter en faveur du Qatar et je pense qu’il ne se permettrait jamais de le faire". Il est vrai que l'attribution de l'organisation du Mondial 2022 au Qatar a fait beaucoup parlé dans les chaumières. Jouera-t-on sous des bulles d'oxygène ? Platini met fin aux spéculations les plus farfelues : "J’ai formulé une seule condition : que cette Coupe du monde ait lieu au mois de décembre ou janvier. L’été, c’est impossible. Il fait 50°C à Doha… On peut tout à fait aménager le calendrier international en conséquence".
Même s'il pratique la langue de bois quand on lui demande ce qu'il pense du recrutement du PSG et de Javier Pastore ("Je ne connais pas le sujet. Et je ne regardais pas les matches de Palerme"), "Platoche" a quand même son avis sur les investisseurs qataris qui rendent le club de la capitale de plus en plus compétitif : "Je n’étais pas 'réticent'. Je l’ai dit à l’époque et je le redis : je ne suis pas fan. Pour moi, l’identité d’un club doit correspondre avec l’identité locale. Là, ce n’est pas le président de l’UEFA qui parle, c’est Michel Platini, ce que je suis. Je préférerais que le propriétaire du PSG ou le président ou le directeur sportif soit un Parisien. Ce n’est pas le cas… Mais les supporteurs du PSG doivent sûrement être très contents de l’arrivée des Qataris".
"Le Fair-Play financier ? Des sanctions tomberont dès 2014"
Qui dit interview de Platini dit fair-play financier. Logique. Désormais, les clubs européens ne pourront pas dépenser plus que ce qu'ils ne gagnent réellement : "Les clubs sont désormais soumis à une surveillance de leurs comptes. En 2013, nous ferons un premier bilan. D’ici à 2013, les clubs européens pourront ainsi afficher un déficit cumulé d’un montant maximum de 45 millions d’euros. Mais pour être autorisé, il faudra que ce dépassement soit entièrement couvert par les actionnaires. Sinon, les clubs qui ne rentreront pas dans les clous seront exclus des compétitions européennes. Les premières sanctions pourront tomber à partir de la saison 2014-2015".
Par contre, cette nouvelle règle instaurée par l'UEFA ne prévoit pas de mesures coercitives pour les clubs lourdement endettés, tels que Manchester United (800 millions d'euros) et le Barça (500 millions). Ce qui ne gêne pas outre-mesure Platini : "Ça ne me dérange pas puisque les clubs dont vous me parlez sont capables de rembourser leurs emprunts... Quand vous achetez une maison, vous êtes bien obligés de vous endetter, non ?" Une pirouette rhétorique dont le bon Michel a le secret. Ou comment occulter une réalité dérangeante à l'aide du blabla.
"Un déficit de 1,2 milliard d’euros"
Le fair-play financier est là pour "aider" les clubs, pas pour les "éliminer", parole de Michel : "A l’échelle des cinq grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, France), les clubs ont un déficit de 1,2 milliard d’euros. Le système que nous proposons est une réponse à cette situation alarmante". On verra si les choses bougeront vraiment dans les prochaines saisons, ou si les grands clubs et leurs dettes seront toujours intouchables.





