Michel Platini: "Tout n'est pas pourri à la FIFA"

Info rédaction, publiée le 29 juillet 2011
Michel Platini

Dans un long entretien, Michel Platini revient sur les nombreuses critiques portées contre la FIFA, sur la bi-nationalité ainsi que sur l'arrivée des Qataris au PSG.

Dans un long entretien accordé à l'hebdomadaire Jeune Afrique, Michel Platini a donné son point de vue sur de nombreux sujets. Réélu en mars dernier à la tête de la présidence de l'UEFA, il ne défend pas Sepp Blatter, au moment d'aborder les nombreuses voix qui s'élèvent actuellement contre la FIFA, notamment suite au renvoi de Mohammed Bin Hammam.

"La FIFA est gérée depuis quarante ans par des politiques: il y a eu Joao Havelange, puis Blatter. J'espère que d'anciens sportifs prendront bientôt la place. Quand l'institution qui dirige le football mondial est critiquée, ce n'est pas très bon", a t-il déclaré, avant d'évoquer le président de la fédération internationale. "Il n'y a rien contre Blatter, et d'ailleurs il s'est engagé à régler les problèmes. On va observer tout ça avec attention. Tout n'est pas pourri à la FIFA, mais si certains ont fait des conneries, ils devront partir. Mohammed Bin Hamman s'est présenté davantage en tant qu'anti-Blatter qu'en tant anti-FIFA. Comme beaucoup d'autres, il n'accepte plus la façon dont l'instance est gérée". Parmi eux, le président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge, qui s'est complètement lâché mercredi à l'encontre des instances du football mondial.
"La bi-nationalité, un bon débat"
Concernant le débat sur la bi-nationalité, qui a connu des remous au cours des derniers mois avec l'affaire des quotas en équipe de France, Platini semble penser à l'instar du sélectionneur Laurent Blanc, que de nouvelles règles doivent être établies au sein du football tricolore: "C'est un bon débat, la b-inationalité. La DTN est là pour former des joueurs pour l'équipe de France, pas pour la Pologne, la Croatie ou l'Algérie. Il est normal qu'elle se pose la question. Pour moi, il faudrait qu'à 18 ans les joueurs décident. Tu ne peux pas faire la Coupe du monde des moins de 17 ans avec un pays, puis les Jeux olympiques avec un autre", explique l'ancien meneur de jeu de la Juventus Turin. "Imaginez qu'en Algérie il y ait un super joueur de 17 ans et que les Français aillent le chercher! Les Algériens feraient un peu la gueule, non ?".
"Quand les Qataris partiront, que se passera-t-il ?"
Autre sujet d'actualité, l'arrivée des Qataris au PSG et le mercato très ambitieux mené par Leonardo. Si Platoche avait déjà exprimé son scepticisme à l'égard de ce genre de reprise de clubs européens à coups de pétrodollars, il remet le couvercle et pose déjà la question de l'après-Nasser Al Khelaifi: "Il y a cinq ans, j'avais dit que je n'étais pas fan quand des Américains investissaient en Angleterre. Je ne vais pas dire autre chose quand des Qataris arrivent au Paris Saint-Germain. Qu'est-ce que cela va apporter au club d'avoir un entraîneur italien, un directeur sportif brésilien et des joueurs allemands ?", lâche t-il. "Où est le lien avec Paris ? Je ne suis pas contre, parce que je ne peux pas l'empêcher: c'est la mondialisation. Mais je ne suis pas certain que les supporteurs parisiens s'y retrouvent. Et quand les Qataris partiront, que se passera-t-il ?".

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