Gomis et Gourcuff ont été décisifs pour l'OL

Ce samedi soir le Trophée des Champions s'est déroulé de bien belle manière devant les 25.000 spectateurs du Red Bull Arena à New York. Faisant fi des statistiques, c'est le vainqueur de la Coupe de France, l'OL, qui a défait le champion de France en titre, Montpellier (2-2, 4-3 aux pénalties). Des occasions, du jeu, du suspens... Le cocktail parfait pour donner le plus bel aperçu du football français... 

En choisissant de délocaliser le Trophée des Champions, Frédéric Thiriez avait un objectif affiché : promouvoir la Ligue 1, et plus globalement le football français, à l'étranger. Mission réussie puisque tous les ingrédients étaient présents, samedi, pour une belle soirée de football, et une belle victoire, méritée, de l'Olympique Lyonnais. Cette année, le Trophée des Champions a été une excellente vitrine du football français. Bref, même les supporteurs new-yorkais, qui peuvent régulièrement admirer "Titi" Henry dans ses oeuvres, étaient comblés.

Vitrine du jeu offensif

C'est à un match plaisant que les fans de "soccer" ont pu assister ce samedi entre Lyon et Montpellier, respectivement 4e et champion de Ligue 1. Le match a été mouvementé et riche en émotions. Dès le début des hostilités, le ton est donné puisque les deux équipes imposent un dur combat au milieu de terrain. Le MHSC sûr de ses forces cherche comme l'année dernière à dicter son jeu, tandis que les Lyonnais veulent prouver que même privés de Lisandro Lopez, Kallström et Bastos, ils restent capables de rivaliser dans le jeu avec les champions en titre. A ce jeu là, ce sont les Montpellierains qui prennent les premiers le dessus : à la 27e minute, John Utaka, titularisé avec Mounier, Herrera et Cabella sur le front de l'attaque, concrétise avec lucidité une belle occasion suite à deux contres favorables. Dès lors, les actions s'enchaînent, et accouchent rapidement de réelles occasions de but. A la 30e, c'est Mounier qui manque de doubler la mise d'un poil. Mais juste avant la mi-temps, un peu contre le cours du jeu, Yohan Gourcuff adresse depuis le côté gauche un centre millimétré pour la tête de Gomis qui crucifie Jourdren au point de pénalty. Un bel éclair de génie de Gourcuff, très en jambe ce soir, qui relance totalement le club rhodanien et lui permet d'aborder le deuxième acte avec des ambitions retrouvées.

En seconde mi-temps, les deux équipes gardent le même tempo. Montpellier reprend l'avantage grâce à un pénalty très gracieusement accordé par M. Gonzalez pour une main involontaire de Gomis dans la surface. C'est Emmanuel Herrera, la nouvelle recrue argentine, qui ne tremble pas et remporte son duel avec le portier des Bleus. Un Herrera qui a laissé entrevoir de bonnes choses grâce à des appels bien sentis, mais qui a été un sérieux cran en dessous de son prédécesseur sur le plan athlétique. Ce but un peu injuste à la 55e se révèle être l'électrochoc nécessaire aux Lyonnais, qui repartent de l'avant sous l'impulsion d'un très bon Jimmy Briand et d'un Yohan Gourcuff techniquement inspiré, qui deux minutes plus tard décale parfaitement Fofana à l'entrée de la surface dont la frappe puissante rase la lucarne du gardien héraultais. A force de pousser, les Lyonnais se procurent de plus en plus d'actions dangereuses, si bien que Briand concrétise dès la 77e minute une très belle action collective en reprenant de volée un centre de Lacazette au second poteau. A 2-2, le vent pousse clairement dans le dos des Gones, qui semblent beaucoup plus en jambes que les montpellierains. Deux minutes après la réduction du score, ces derniers se retrouvent même à 10 suite à un attentat d'Estrada sur Yacine Benzia, qui oblige René Girard à remplacer Anthony Mounier, discret, par Benjamin Stambouli. Suite à la réduction du score, les choses s'accélèrent. Les Lyonnais ne veulent pas risquer le loto des séances de tirs au but, et le font savoir sur le terrain. A la 88e, Briand est à un cheveu d'inscrire le but de ce début de saison, d'un incroyable retourné qui vient mourir sur le poteau droit de Jourdren. Cela n'aura fait que retarder l'échéance, puisque c'est ce même Jimmy Briand qui inscrira quelques minutes plus tard, au bout du suspens, le pénalty victorieux, suite à une séance de tirs au but qui permettra aux deux gardiens, eux aussi, de montrer leurs qualités à l'étranger. 

Vitrine de la formation à la française

Les deux clubs qui ont participé à cette jolie rencontre sont tous deux réputés pour la qualité de leurs centres de formation, et pour la confiance qu'ils y accordent. Beaucoup des jeunes Montpellierains vainqueurs de la coupe Gambardella en 2009, comme Cabella, Stambouli, Saihi ont pu se montrer en tant que titulaires ou remplaçants. Et ceux-ci ont convaincu, participant pleinement au beau jeu collectif et offensif qui a rythmé le match. Du côté Lyonnais, autre centre de formation historique, l'entrée à la place de Gomis d'un tout jeune espoir, Yacine Benzia, a été l'une des clés du match. A seulement 17 ans, l'attaquant formé à Tola Vologe a fait preuve d'un grand potentiel, à tel point que les comparaisons avec Karim Benzema circulent déjà. Il a, en seconde mi-temps, dynamité le jeu offensif lyonnais, et a provoqué l'exclusion de Marco Estrada. Autre joueur formé au club, Lacazette s'est montré très remuant sur son côté gauche, bien qu'ayant raté l'immanquable à la 84e minute suite à une belle action de Jimmy Briand, incontestable homme du match. 

Sans oublier l'une des plus belles vitrines de la formation rhodanienne de ces dernières années, consacré ce samedi soir par Rémi Garde qui lui a confié le brassard de capitaine et le rôle de leader du milieu de terrain. Il s'agit bien sûr de Maxime Gonalons, qui a livré un match propre et concentré. Par ce transfert de responsabilités, Rémi Garde montre qu'il compte bien sur le milieu défensif formé au club cette saison, qui pourrait attirer rapidement l'attention de Didier Deschamps.