Jo-Wilfried Tsonga s'attaque au monument Roger Federer en quart de finale de l'Open d'Australie

Opposé à Roger Federer en quart de finale de l'Open d'Australie (début du match mercredi vers 9h30 heure française), Jo-Wilfried Tsonga est loin de partir favori. Mais le Français peut tout de même croire à l'exploit. Voici pourquoi.

En atteignant les quarts de finale de l'Open d'Australie, Jo-Wilfried Tsonga a déjà réussi son tournoi en faisant respecter la logique de son classement (8e joueur mondial) et celle de son statut de tête de série n°7. La logique du tableau voudrait que son aventure s'arrête là, face à un joueur mieux classé que lui, en l'occurrence Roger Federer. Mais le match que le Français disputera mercredi matin (à partir de 9h30 heure française) face au n°2 mondial est loin d'être perdu. Voici quatre raisons de croire à un exploit de Jo face au plus grand joueur de tous les temps.

Parce qu'il l'a déjà fait : Jo-Wilfried Tsonga est mené 8-3 dans ses face-à-face avec Roger Federer. Mais en Grand Chelem, le rapport de forces est plus équilibré. Les deux hommes se sont en effet affronté trois fois en Majeur, pour deux victoires du Suisse et une du Français. Ce succès de Tsonga, acquis en quart de finale (déjà) de l'édition 2011 de Wimbledon, peut lui servir de référence. D'autant plus qu'il fut historique. Mené deux manches à rien, le Manceau était parvenu à inverser la tendance, devenant le premier homme à remonter deux sets de retard à Federer dans un tournoi du Grand Chelem. Si Jo a battu le maître une fois, dans son jardin londonien qui plus est, il peut nécessairement le refaire.

Parce qu'il est comme chez lui à Melbourne : L'Open d'Australie est le tournoi du Grand Chelem qui réussit le mieux à Jo-Wilfried Tsonga. C'est sur les courts de Melbourne, en 2008, qu'il était entré avec fracas dans le gratin du tennis mondial, atteignant la finale après des exploits répétés, dont une victoire éclatante sur Rafael Nadal. Depuis, il a confirmé ses bonnes sensations australiennes, en disputant un quart (2009) et une demi-finale (2010). A Melbourne, le n°1 français bénéficie du soutien inconditionnel d'un public qui l'a adopté, conquis par sa personnalité et son jeu spectaculaire. Federer lui-même sait que Jo est comme chez lui à l'Open d'Australie. "Dans le passé, il a très bien joué ici quand il a fait l'exploit de battre Rafa, note le Suisse. Je m'attends à un match comme ça."

Parce qu'il est plus affûté que jamais : Depuis le mois de novembre 2012, Jo-Wilfried Tsonga a de nouveau un coach, après plus d'un an à évoluer en solo. Le Manceau a choisi de s'adjoindre les services de Roger Rasheed, ancien entraîneur de Lleyton Hewitt et Gaël Monfils. Cet Australien aux biceps surdéveloppés est connu sur le circuit pour être un maniaque de la préparation physique. Avant le début de cette année 2013, Jo a donc connu la préparation foncière la plus intense de sa carrière. Résultat : quatre kilos de perdus et une vélocité enfin à la hauteur de sa puissance. En plus, Tsonga n'a pas vraiment eu à puiser dans ses réserves lors de ses quatre premiers matches. C'est donc dans une forme olympique qu'il va défier le maître. "J'ai hâte de voir si ce que j'ai fait cet hiver vaut quelque chose ou pas", disait-il après sa qualification pour les quarts. Nous aussi.

Parce que Roger Federer est trop tranquille depuis le début du tournoi : Dire que le n°2 mondial impressionne depuis le début du tournoi est un euphémisme. Roger Federer, qui semble avoir retrouvé ses jambes de 20 ans, s'est jusqu'ici baladé dans cet Open d'Australie, alors même que son tableau était loin d'être évident. Aucun des quatre adversaires (Paire, Davydenko, Tomic, Raonic) qu'a écarté le Suisse durant cette quinzaine n'est classé au-delà de la 50e place mondiale. Pourtant, Federer n'a pas concédé la moindre manche, ni même le moindre break, depuis le début du tournoi. Mais ce parcours très tranquille est peut-être trompeur. Lors du dernier US Open, le Bâlois avait fait le même genre de première semaine quasi-parfaite avant de tomber de haut en quart de finale devant la puissance de Tomas Berdych. Autre problème pour Federer, il n'a pas encore eu à affronter de joueur au style de jeu similaire à celui de Tsonga (gros service, options offensives). En huitième de finale, le bombardier Milos Raonic, au service dévastateur, aurait pu être celui-là, mais le Canadien était blessé au pied, ce qui l'a empêché de défendre correctement ses chances. La transition avec un Tsonga tout feu, tout flamme risque d'être corsée pour le quadruple vainqueur de l'épreuve...