
Alors que le deuxième tour de l'élection présidentielle se profile à l'horizon, L'Equipe a invité les deux prétendants à la magistrature suprême. Ce vendredi, c'est François Hollande qui a été interrogé. Nicolas Sarkozy sera, lui, en visite demain.
Lors de l'entretien qu'il a accordé à L'Equipe, François Hollande a parlé d'autre chose que de football: de courses automobiles, de Jeux Olympiques, d'Al-Jazeera et de George Foreman. On aimerait bien vous dire que le candidat socialiste trouve que le sport mécanique ne le fait pas vraiment vibrer parce que, dit-il, "ça finit toujours de la même façon: le vainqueur secoue une bouteille de champagne", mais comme Chronofoot traite exclusivement de... foot, on se contentera des déclarations du candidat à propos du ballon rond.
"Les footballeurs doivent être exemplaires"
Interrogé à propos de sa mesure de taxation à 75% de la tranche de revenu supérieure à 1 million d'euros annuels et de l'émoi que cela a pu susciter dans le monde du sport, Hollande ne s'est pas démonté: "Ils doivent comprendre que quand un effort est demandé à tous les Français, ils se doivent d'être exemplaires." D'autant que ces très hauts revenus peuvent être étalés dans le temps: "les revenus exceptionnels peuvent être lissés sur l'ensemble d'une carrière", précise le candidat socialiste, qui ne s'est pas montré très sensible aux arguments déployés par ceux qui craignent une fuite des talents en cas d'application de cette mesure:"Depuis plusieurs années, les joueurs les plus cotés quittent notre pays pour aller jouer à l'étranger."
A Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel, qui estimait non sans un sens de la mesure très particulier que cette mesure signerait la "mort du football français", le champion de la gauche rappelle que, ayant été "dans des cabinets ministériels de gauche", il"devrait se souvenir que certains principes sont respectables." Semblant regretter que le football soit à ce point lié à l'argent, il se permet de "considérer que certains rémunérations n'ont pas à être aussi importantes." Il en profite pour s'amuser de la rémunération de Carlo Ancelotti (6 millions d'euros annuels), souhaitant "qu'à ce prix-là, le PSG soit champion de France !"
"Un joueur formé en France doit pouvoir jouer pour son pays"
Par ailleurs, le favori des sondages a également évoqué l'autre versant polémique au sujet du football, à savoir: la bi-nationalité des joueurs et, par conséquent, la question de savoir si un joueur, après avoir porté le maillot des sélections jeunes d'un pays, peut ensuite décider de représenter les couleurs d'un autre pays. Pour Hollande, les choses sont claires: "Dès qu'un jeune porte le maillot d'une sélection, il ne devrait plus pouvoir en changer." Une mesure qui ne vise cependant pas tout le monde: "Le jeune formé en France, qui a la double-nationalité et qui choisit de jouer pour son pays d'origine, dès lors qu'il n'a pas porté le maillot de l'équipe de France, cela ne me dérange pas." Citant par exemple le cas de Didier Drogba, formé à Guingamp et grand meneur de la Côté d'Ivoire, il précise: "Nous le connaissons bien, on ne va pas lui demander de prendre le maillot de l'équipe de France alors qu'il est Ivoirien."
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