Henry - Scholes: Le retour des vieux briscards
Un vent de nostalgie souffle actuellement sur le championnat anglais. Pour pallier de nombreuses blessures, Manchester United et Arsenal ont respectivement fait appel à Paul Scholes et Thierry Henry pour venir en aide à leur club de coeur.
Quand rien ne va plus en Angleterre, plutôt que de faire appel à des grands noms hors de prix, on préfère rappeler des anciennes légendes du club actuellement. En méforme ces dernières semaines, Manchester United à répondu à la main tendue de Paul Scholes qui s'était dit prêt à sortir de sa retraite pour venir en aide à son club de coeur. Le cas Thierry Henry est légèrement différent: le championnat américain étant en trêve jusqu'en mars prochain, le Français en profite pour effectuer une petite pige du côté de Londres. Ces dernières années, Arsène Wenger avait refusé de rappeler son meilleur buteur, mais les départs à la CAN de Marouane Chamakh et Gervinho, l'ont apparemment fait changer d'avis.
Le divin rouquin rempile
Le retour de Paul Scholes lors du derby mancunien, remporté par les Red Devils, a profondément surpris Roberto Mancini, le coach des Citizens: "Je n'en ai pas cru mes yeux lorsque je l'ai vu sur le banc". Il faut dire qu'à peine 3 heures avant le début de la rencontre, Paul Scholes était encore un paisible retraité. Encore affuté, car s'entraînant régulièrement avec la réserve mancunienne, le milieu de terrain est entré en jeu en cours de match, distillant une passe décisive à Rooney, comme s'il n'avait jamais raccroché les crampons. Sa réintégration s'est faites très rapidement a avoué Alex Ferguson, le seul entraîneur qu'il ait jamais connu: "Il est venu me voir et m'a dit qu'il regrettait d'être parti à la retraite. Il m'a dit qu'il souhaitait revenir parce que le foot lui manquait trop. Tout le monde est gagnant dans l'histoire: lui, ses coéquipiers, moi et les supporteurs. Alors j'ai accepté". Une histoire qui s'est répétée lundi soir au Nord de Londres.
Le Roi de Highbury fait rugir l'Emirates
Le come-back de Thierry Henry s'est lui fait contre une équipe de faible envergure, mais la manière était là. Incapables de trouver la faille face à Leeds, les Gunners ont dû attendre l'entrée en jeu de leur meilleur buteur pour se qualifier au tour suivant de la FA Cup. Cinq ans après avoir quitté Arsenal, Thierry Henry n'a toujours pas perdu son flair devant le but, et a gratifié un Emirates Stadium plein à craquer et en fusion de sa spéciale: l'enroulé de l'intérieur du pied droit. "C'était un rêve devenu réalité, une histoire que vous racontez à vos enfants", a déclaré Wenger à l'issue du match. Thierry Henry était lui aussi abasourdi au terme des 90 minutes: "Il y a deux semaines, je ne savais même pas que j'allais rejouer pour Arsenal. Je suis revenu comme un fan et maintenant je sais ce que c'est de marquer pour l'équipe que vous supportez. Dès que l'on parle d'Arsenal, il se passe toujours quelque chose de spécial en moi".
Ces deux retours prouvent une fois de plus à ceux qui en doutaient que malgré le poids des années, le talent est toujours là. Bien sûr, ces deux vieux briscards ne peuvent plus effectuer les mêmes courses que lorsqu'ils avaient la vingtaine, mais leur expérience et leur vision du jeu leur permettent amplement de compenser ces lacunes physiques. De quoi donner des idées à certains comme Ian Wright, autre légende des Gunners, qui a révélé dans The Sun: "Si je n'avais pas mon problème de cheville, je rechausserais les crampons et me précipiterais vers l'Emirates pour avoir l'opportunité de rejouer un match pour Arsenal".
La sagesse des légendes
Mais outre l'aspect symbolique de ces retours, on peut y voir une manière pragmatique de résoudre un problème d'effectif en un temps réduit. En effet renforcer son équipe au mercato hivernal avec une star achetée à prix d'or n'est pas forcément la solution optimale, Fernando Torres en est l'exemple même. Quel que soit leur niveau, ces joueurs doivent s'adapter à une nouvelle ville, de nouveaux coéquipiers et un nouveau système de jeu, et cette intégration ne se fait pas en un clin d'oeil.
Les anciennes gloires n'ont pas ce problème. L'identité du club fait partie de leur ADN et leur présence apporte un surplus de motivation aux jeunes du club. Comme l'a si bien dit Alex Ferguson, tout le monde est gagnant, du joueur aux supporteurs. Alors pourquoi s'en priver ? D'ailleurs Didier Deschamps semble s'en être inspiré en rappelant Brandao à l'OM pour la fin de la saison. Le Brésilien n'a pas forcément marqué l'histoire du club phocéen, mais après tout, on fait avec les moyens que l'on a.
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