
Après son recrutement à 140 millions d'euros, le PSG est le favori de tous les bookmakers de la Ligue 1. Depuis quelques semaines, cet exercice 2012/13 semble pratiquement déjà acté dans la presse, qui ne semble ne pas concevoir, faisant fi de beaucoup de leçons du passé, comment le titre peut échapper au club de la capitale. Alors évidemment, simple question de cohérence quand on a annoncé le club écrasant la Ligue 1 de long en large : si le PSG ne gagne pas, c'est qu'il est en crise... Soyez rassurés supporteurs parisiens, le championnat ne se décide pas en deux journées.
A la faveur de son recrutement "galactic" cet été, la presse française s'est très rapidement emballée sur les futures performances du Paris Saint-Germain. Annoncé comme le futur vainqueur avant même le début de la compétition, le club parisien n'a pourtant pas fait très bonne figure pour ses deux premières sorties face à Lorient et Ajaccio, à l'occasion desquelles il n'a pris que 2 points. Et, encore une fois, les médias français partent au quart de tour, déplorant l'incapacité du PSG à répondre à des attentes finalement infondées.
L'erreur : voir le PSG trop beau trop vite
Déjà l'année dernière, beaucoup de figures charismatiques du paysage footballistique français avaient annoncé le Paris Saint Germain champion. Cette année, les arrivées de Lavezzi, Verratti, et surtout les milanais Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic sont loin d'avoir inversé la tendance : indéniablement, le PSG a été annoncé champion avant l'heure un peu partout en France. Une tendance qui n'a pas été nuancée par la politique de communication du club, qui a affiché des ambitions déjà démesurées : alors que Javier Pastore évoque déjà le triplé championnat et coupes, Alex affirme par exemple que le PSG fait déjà partie du top 5 européens. Il est normal donc que les profanes, devant de tels discours, s'attendent à monts et merveilles dès les premières minutes du championnat. Bref, à ce que le PSG domine sans partage et sans accrocs sur la Ligue 1.
Ce qu'ils oublient un peu rapidement du coup, c'est qu'une équipe n'est pas un amas de nom, ou d'individualités. Certes Zlatan Ibrahimovic est excellent, et est capable de gagner des matchs à lui tout seul, mais il faut aussi dire que le Suédois n'aurait jamais eu le palmarès qu'on lui connaît dans des équipes mal rodées et sans automatismes. Et les automatismes, surtout dans le secteur offensif, mettent du temps à se mettre en place... Pour une équipe qui, comme le PSG, a changé les deux tiers de sa ligne d'attaque, de tels automatismes sont bien évidemment difficilement atteignables dès les premières journées du championnat. La preuve : déjà en août dernier le PSG, à l'effectif complètement chamboulé, sortait piteusement de ses deux premiers matches de la saison avec une défaite et un match nul. De quoi relativiser donc les deux petits points glanés par les hommes d'Ancelotti au sortir de leurs deux premières confrontations... Et ce d'autant plus quand la préparation a été tronquée, pour beaucoup de joueurs et recrues, par des compétitions internationales durant l'été. Ainsi, jamais Carlo Ancelotti n'a pu aligner le même 11 de départ depuis le début de la saison, matches amicaux compris ...
Des individualités qui manquent à l'appel
Bref, dans quelque sens que ce soit, il semblerait que les médias ne puissent s'empêcher de tomber dans l'extrême à l'évocation du Paris Saint-Germain. Et pourtant, de nombreux paramètres purement footballistiques peuvent expliquer cette "crise" du PSG qui fait tant jaser.
Outre le manque de rodages, les absences de joueurs notables parmi l'effectif parisien étaient à pointer du doigt pour les deux premiers matches de Ligue 1. Ne serait-ce qu'au milieu de terrain qui a subi une véritable hécatombe lors de ces deux premières journées : blessé depuis la finale de l'Euro, Thiago Motta commence à peine à revenir, tandis que Momo Sissoko est lui toujours en soins. A ces deux médians défensifs, on peut ajouter la plaque tournante offensive du milieu de terrain d'Ancelotti, Javier Pastore. El Flaco était suspendu contre Lorient, avant de se révéler complètement fantomatique pour son déplacement sur l'île de Beauté. En effet, dans un rôle très offensif l'année dernière dans le schéma "en arbre de Noël" de Carlo Ancelotti, l'international argentin doit maintenant se faire à son repositionnement plus reculé au milieu de terrain, où son travail sera de récompenser les bons appels de ses attaquants. De fait, comme cela s'est très nettement vu sur la pelouse du Stade François Coty, le meneur de jeu des Rouges et Bleus tâtonne encore dans son positionnement sur le terrain, et dans le rôle collectif qu'il doit privilégier.
Enfin, les deux recrues stars de l'été manquaient elles aussi à l'appel dimanche soir contre Ajaccio. Le robuste défenseur central Thiago Silva est toujours en train de récupérer de l'épopée brésilienne, au final décevante, aux Jeux Olympiques. Zlatan Ibrahimovic, indubitablement parisien du match en première journée contre les Merlus, est lui laissé au repos en raison d'une entorse péronéo-tibiale à la suite d'un choc avec Ecuele-Manga, et devrait également rater la prochaine journée. Conséquence de toutes ces indisponibilités, ce sont les joueurs annoncés sur le départ pour laisser de la place aux arrivées qui font l'intérim. Des situations pas vraiment évidentes pour Chantôme, Sakho, ou encore Kévin Gameiro qui ne savent pas vraiment de quoi leur avenir sera fait, ni où il se déroulera. Même inconsciemment, cela peut se ressentir dans l'implication et la concentration de ces joueurs sur le terrain, leur envie de gagner coûte que coûte les 3 points ...
En définitive, si le PSG a déçu pour ses deux premières sorties en Ligue 1 2012/13, il n'a pas non plus alarmé. Les débuts de saison sont toujours des périodes compliquées à gérer, et très dépendantes de la préparation de pré-saison qui vient de s'effectuer. Il n'est donc pas si étonnant que cela de voir un PSG balbutiant son football, à le recherche d'automatismes et de fluidité collective. Nous le répétons donc une bonne fois pour toute : non, le PSG n'est pas en crise. Ce qui semble plus sujet à la crise en ce moment, c'est la vision de long terme du football, très rapidement délaissée pour se laisser aller à toutes sortes de fantasmes footballistiques ...

très bonne analyse. tout à fait d'accord avec toi,le vainqueur de la Ligue 1 ne se décrète pas par la presse. C'est même manquer de respect aux autres. le LOSC, l'OM, l'OL et MHSC auront leur mot à dire lors de cette saison.et croyez-moi cela va être serré même si au finish les petits parisiens peuvent trôner sur la Ligue 1