PSG : comment le Qatar redore le blason français

par Onsenfoot, publié le 04 octobre 2011

Le football français n’est plus le numéro un au monde depuis déjà pas mal d’années. C’est encore plus criant en club qu’en sélection car depuis 2004, aucun club n’est allé en finale d’une compétition européenne. Alors que le fossé se creusait de plus en plus avec les cadors espagnols et anglais, le Qatar est arrivé et a changé la donne pour de nombreuses années. Explications.

Le football français a été pendant sept ans dirigé par l’OL qui raflait tous les ans le championnat. Puis trois équipes se sont succédées, dans l’ordre Bordeaux, Marseille et Lille, sans pour autant mettre la main sur une Ligue 1 des plus ouvertes. Le plus criant depuis sept ans, ce sont les résultats des clubs français en Coupe d’Europe. Que ce soit en Ligue des Champions ou en Europa League, personne n’est arrivé en finale depuis 2004. L’OL a atteint les demis de la LDC en 2010 au prix d’un combat fratricide face à Bordeaux en quarts, avant d’exploser face au Bayern… L’écart, forcément, avec les grandes nations européennes s’agrandissait. Les Espagnols et les Anglais amassant de plus en plus de points UEFA au prix de leurs finales consécutives. L’Allemagne en prenait aussi, le Bayern arrivant en finale il y a deux saisons et Schalke 04 en demis.

L’Italie suivait la même route que les Français en perdant régulièrement en Coupe d’Europe. Son manque de motivation pour la petite Coupe d’Europe, l’Europa League, était encore plus criant que celui des Français, qui la méprisaient déjà beaucoup… Alors le Portugal, qui privilégiait une coupe accessible, s’est mis à faire des résultats et à faire peur notamment à la France pour cette cinquième place européenne procurant une troisième équipe en Ligue des Champions… Et puis le Qatar arriva, c’est Zorro en personne pour tout un pays en fait.

Parce que le Qatar a d’abord mis la main sur le PSG. Pourquoi le PSG ? Un club aux très faibles moyens dans un championnat qui s’affaiblit et donc sans grosse concurrence. Les dirigeants avaient d’abord souhaité racheter Manchester United. Sauf que ça coûtait deux milliards d’euros. Ils en ont les moyens mais le PSG leur en a coûté 50 millions à l’achat plus 80 millions investis sur les joueurs. Et après neuf journées, le club est déjà en tête alors que le collectif est loin d’être rôdé. Les Qataris ont également enrôlé Leonardo, dont le travail est reconnu partout où il passe, avec un carnet d’adresse qui en fait envier plus d’un et en plus de ça, très fin négociateur et polyglotte. Et puis ses choix de joueurs sont pour le moment très bons. Pas forcément très cher sauf pour Pastore, mais le talent du joueur est tel qu’il a déjà marqué cinq buts, tous dans le jeu, plus deux passes décisives…

Avec un tel recrutement, les objectifs sont clairs pour ce nouveau PSG : remporter le championnat, la Ligue Europa et une Coupe nationale, rien que ça ! Mais les moyens mis à disposition de l’entraîneur Kombouaré, en qualité comme en quantité, le permettent. Et puis cela stimule au maximum la concurrence, les médias ne font que de parler de Paris, de Pastore et du Qatar. Et la presse internationale s’intéresse de nouveau au championnat français. Car Paris, c’est une marque. Et les dirigeants Qataris l’ont extrêmement bien compris.

Mais ce n’est pas tout, parce qu’en même temps, Al-Jazeera, la chaîne Qatarie, a acquis les droits de diffusion à l’international de la Ligue 1 pour un montant au moins trois fois supérieur à celui que mettait Canal Plus et pour une durée de six ans. Et pour mener cette barque sereinement, ce sera Charles Biétry, très fin connaisseur des rouages en la matière, qui s’en occupera. A moyen terme, le championnat français sera donc bien plus visible partout dans le monde et c’est une double stratégie très cohérente qui ne peut que faire du bien à la Ligue 1. Un championnat plus visible et de meilleure qualité destinée à redevenir un très grand parmi les très grands.

D’ailleurs, cela stimulera les autres clubs à plus investir pour se mettre au niveau et donc un championnat meilleur, à l’instar de ce qui peut se faire en Angleterre, et pour un coût, certes élevé au final, mais très mesuré par rapport à ce que cela aurait pu être Outre Manche et au regard des moyens disponibles pour le Qatar. Ce que n’a pas réussi à faire l’OL en renforçant financièrement les clubs français par l’achat des meilleurs joueurs évoluant dans l’Hexagone, le Qatar le fait avec des moyens, il est vrai, encore plus importants.

Mais pourquoi le Qatar investit-il dans le sport et particulièrement dans le football ? Vous n’êtes pas sans savoir que les petits pays du Moyen Orient ont leur économie basée sur leurs richesses extractives. Ce petit pays aussi grand que l’Ile de France veut se donner une nouvelle image et baser son économie sur plusieurs secteurs, en premier lieu le tourisme. Car ce pays, troisième producteur de gaz au monde, a des moyens et sait que son économie ne peut être pérenne. 

Ses moyens économiques sont énormes et il les utilise à bon escient. Cela passe par le football, sport planétaire, qui réalise les meilleures audiences, au cumul, dans le monde entier, et qui donne le plus facilement une image et une reconnaissance. L’organisation de la Coupe du Monde 2022 qui leur a été attribuée va aussi dans ce sens, même si c’est une hérésie pour bon nombre d’amoureux du ballon rond…

Le Qatar fait donc un pari assuré sur le long terme et a choisi la France et le PSG pour toutes les raisons évoquées précédemment. Cela va permettre au football français de repartir de l’avant, lui qui est mis sous pression par le Portugal à l’indice UEFA. Le PSG a pour but de gagner la Ligue des Champions dans les années à venir. Mais cela ne sera malgré tout pas simple car un club comme Chelsea, avec un homme aux moyens illimités comme Abaramovitch, n’a toujours pas réussi. 

Mais la double stratégie du Qatar ne va pas seulement profiter à un seul club, mais à tout un football. A l’heure où l’image est reine, le football français voit là sa seule chance de revenir parmi les meilleurs d’Europe. L’Euro 2016 va permettre aux clubs de se doter de nouveaux outils de travail importants. Si avec tous ces ingrédients, le foot hexagonal n’est pas dans les trois premiers d’ici cinq-six ans, alors il aura laissé passer sa chance. Pourtant, il n’y a plus qu’à suivre le train en marche.

Les matches en direct Ligue 1 - Journée 38
 Dimanche 20 Mai 2012
Ter.
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- 2
Montpellier
Ter.
Evian Thonon G.
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Brest
Ter.
Lille
- 1
Nancy
Ter.
Lorient
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Paris SG
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Lyon
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