PSG, Nicolas Sarkozy et Qatar, le plan à trois qui va bien

Info rédaction, publiée le 02 août 2011
Nicolas Sarkozy

Le Président de la République est loin d'être innocent dans la prise de pouvoir qatarie au sein du PSG. Ce dernier a agencé bon nombre d'arrangements entre le club, le Qatar et la France. La technique du "gagnant-gagnant" pour beaucoup de monde... enfin presque.

Le rachat du Paris Saint-Germain par des investisseurs qataris fait beaucoup parler. Que ce soit dans les chaumières, au bistrot du coin, dans les rédactions ou même dans les plus hautes sphères de l'Elysée, PSG et Qatar ne laissent personne indifférent. C'est d'ailleurs du Tout Puissant qu'est né le couple parisiano-qatari...

Sarkozy, le père du rachat du PSG

Ce n'est un secret pour personne, le Président de la République est un fan assumé du club de la capitale. Très souvent présent dans les tribunes du Parc des Princes, Nicolas Sarkozy a profité de ses relations et de son nouveau statut présidentiel pour marier passion sportive et conviction politique.

C'est son conseiller en communication, Franck Louvrier, qui le dit très clairement dans les colonnes de Libération, qui consacre trois pages à la question qatarie au PSG: "Il s'est intéressé de près au dossier. D'abord parce que c'est un État étranger qui investit en France, et puis parce que c'est un supporteur. S'il y a des fonds étrangers qui peuvent aider le sport français, il y est favorable".

L'héritier de la famille régnante au Qatar, Tamim ben Hamam al-Thani et Nicolas Sarkozy se sont rencontrés à de nombreuses reprises avant que ce dernier ne lui décerne la Légion d'honneur en 2010. C'est à ce moment là que l'hyperprésident évoque la possibilité d'investir autrement en France et pourquoi pas dans le club de la capitale. Résultat, il achète pour 70% des parts du club via le fonds d'investissement Qatar Sports Investements. "Ils ont évoqué le sujet du PSG quand ils se sont rencontrés", poursuit le communiquant dans les colonnes de Libé. Pour autant, le maître des mots de l'Elysée, Franck Louvrier, balaie l'idée que Sarkozy ait pu jouer "un rôle d'intermédiaire", comme l'explique le quotidien.

Le Qatar, c'est bon pour la France... et pour les amis de Sarkozy

Car si le président a souhaité que les Qataris investissent au PSG, ce n'est pas uniquement pour se payer du bon temps dans les travées du Parc, à l'image d'un roi autoritaire qui s'amuse avec l'argent de ses sujets à se payer les plus beaux joujoux. Non, la politique économique et financière qui lie la France à cet Émirat grand comme l'Île-de-France est bien plus importante.

Le président de la République a très vite compris l’intérêt pour la France de profiter des pétrodollars du Moyen-Orient. Ainsi, en 2007, le premier invité officiel de son quinquennat n'a été autre que... Tamim ben Hamam al-Thani, l'émir du Qatar et futur propriétaire du PSG. 

S'en est suivi bon nombre de contrats et d'échanges commerciaux entre la France et le Qatar. "Depuis 2007, les investissements qataris dans l'économie française et l'immobilier de luxe parisien ont explosé", explique toujours Libération. De plus, l'une des sociétés que gère le cheikh (Qatar Investement Authority) a également des parts dans le groupe Lagardère, le groupe hôtelier Barrière, Bouygues, Airbus, EADS, Suez, Areva, Vinci... Bref, on ne les compte plus. Et vous trouvez dans cette liste non-exhaustive quelques très proches du Président.

Un échange de bons procédés

Pourquoi le Qatar a-t-il investi autant en France ? Pour des raisons économiques d'abord et géopolitiques ensuite. D'une part économiques, puisque depuis 2009, la France exonère d'impôts sur les plus-values immobilières les sociétés qataries en France. Dès lors, le chéquier sort plus facilement, surtout dans une période de crise où la rigueur est de mise. Ainsi, il n'est pas impossible que le Parc des Princes et le PSG se séparent afin que la société qui gère l'exploitation du Stade de France (où évoluera le Paris Saint-Germain lors de la saison 2013-2014 en raison de travaux Porte de Saint-Cloud), Vinci, empoche quelques deniers supplémentaires. Car comble du sublime, le premier groupe mondial de concessions et de constructions appartient à hauteur de 5,7%... à Qatari Diar, une filiale de QSI, propriétaire du PSG. L'État serait ravi au passage de ne plus verser les 6 millions de "location" à Vinci.

Mais il n'y a pas que l'argent dans la vie... quoi que. Des raisons géopolitiques sont aussi en jeu. L'incursion très récente d'Al-Jazeera dans le paysage audiovisuel français pour la diffusion des droits de la Ligue 1 à partir de 2012 n'est pas anodine. La création d'une chaîne en France et une partie de la main mise sur les images du foot dans l'Hexagone du Qatar... La coïncidence est trop grande pour en être une. Surtout quand on sait que le nouveau président du conseil de surveillance du PSG, Nasser Al-Khelaifi, est un ancien d'Al-Jazeera.

Enfin, l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar est aussi l'un des grands projets de ce petit pays qui veut rayonner et compter dans un nouvel ordre mondial qui se dessine entre pays émergents et nations historiques qui s'effondrent. Et là encore, la France n'a pas été "ingrate" comme le souligne Christophe Ayad dans Libé, puisque Nicolas Sarkozy a invité Michel Platini, président de l'UEFA, en novembre dernier, soit quelques semaines avant l'attribution des Mondiaux 2018 (Russie) et 2022 (Qatar, donc). Et à cette table se trouvait un certain... Tamim ben Hamam al-Thani. Ou comme l'impression de faire partie des happy fews...

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