Raymond Domenech

Ce mardi soir, Raymond Domenech était l'invité du Petit Journal de Canal +. Autant dire que l'émission satirique de Yann Barthès s'était payée un morceau de choix. Au programme : un décorticage du premier match des Bleus et le lot habituel de moqueries bien senties.

Quel meilleur gage de réussite pour un talk-show que de recevoir l'ancien sélectionneur des Bleus, Raymond Domenech ? Celui qui suscita les passions des Français par son caractère hors du commun et ses excentricités aussi fascinantes qu'irritantes s'est livré pendant un bon quart d'heure au jeu des questions, sur le ton toujours décalé qui anime le Petit Journal de Yann Barthès. Domenech, alias "L'homme aux sourcils toniques", a affiché une franche bonhomie, preuve que le stress de son éprouvant mandat est définitivement évacué.

Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, le déchainement médiatique à son encontre n'était pas partagé par les badauds de la rue. L'intéressé avance qu'il était même très populaire sur les pavés, multipliant les signatures d'autographes et recueillant des félicitations en tous genres. "C’est ce qui permet de tenir. Si je n’avais pas pu sortir dans la rue, j’aurais été mal pendant 6 ans", a expliqué le finaliste de la Coupe du Monde 2006. Durant son "règne", les passions suscitées par les Bleus ont atteint leur paroxysme. Cet engouement, comment l'explique-t-il ? "Il y a eu 98 et depuis, il y a cette passion dans tous les sens. C’est presque normal. Sinon ce ne serait pas des passions."

Pour Domenech, "l'Affaire Nasri" n'en est pas une

Lui qui a dû endurer les rébellions d'une multitude de joueurs a logiquement été interrogé sur le geste de Samir Nasri, qui, célébrant son but contre l'Angleterre (1-1), a explosé au grand jour sa rancœur envers un journaliste en lui demandant tout simplement de "fermer sa gueule". Pour Domenech, rien n'est grave dans cette histoire. Il se permet de tancer le présentateur au passage : "Vous n’avez jamais marqué un but dans un match [de haut niveau]. Il y a un moment où quand on marque un but, c’est une jouissance exceptionnelle. On n’a plus de limite. Le plus important, c’était de marquer."

En outre, s'il tient à dédramatiser la proximité au grand jour qu'il existe entre certains journalistes et Laurent Blanc [certains tutoient le coach en conférence de presse], qu'il juge tout simplement sincère, il dédouane également le manque de sympathie affiché par certains Bleus. Il compare aisément les joueurs à des acteurs, tétanisés par le trac de l'enjeu. De toute façon, ce n'est pas leur boulot, explique-t-il. Et il faut aussi des grandes gueules ! 

Domenech, roi de la mauvaise foi

Lorsqu'on lui demande, dans la seconde partie de l'émission, qui est le meilleur joueur [des Bleus], Raymond Domenech détourne une première fois la question en dévoilant les joueurs étrangers envers qui il porte le plus d'admiration : Xavi et Iniesta. Puis, placé devant le fait accompli, il témoigne d'une mauvaise fois explicite, qu'il justifie avec humour : "Comme diraient les politiciens : 'choisir, c’est éliminer'". Au jeu des prédictions, il voit la France atteindre les demi-finales. Et d'ailleurs, serait-il prêt à rempiler un jour ou l'autre ? C'est loin d'être évident, car ce métier nécessité beaucoup de force. La tâche la plus difficile : supporter les remarques des autres. "Tous les sélectionneurs savent ce qu’est ce métier là. On ne peut pas faire l’unanimité, c’est impossible", philosophe toutefois le meilleur ami de Nicolas Anelka. A ce propos, quand on parle du loup. Yann Barthès taquine pour finir ce cher Raymond sur l'épisode de Knysna, lui demandait ce que la photo [il lui montre un bus à deux étages] lui évoque. Habile, l'ex-sélectionneur se rappelle une anecdote personnelle concernant un "double-decker bus" londonien.

Quand le Petit Journal se moque de la Ministre des Sports

A ne pas manquer également, un passage consacré à Valérie Fourneyron. La nouvelle Ministre des Sports a invité le Petit Journal à suivre le match France-Angleterre en sa compagnie à son bureau. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Madame la Ministre a eu du mal à conjuguer sa passion du foot et le traitement de ses dossiers. Au grand désespoir de ses conseillers.