
Le technicien montpelliérain s'est exprimé en marge de la cérémonie de remise des Trophées UNFP, au cours de laquelle il a été désigné entraîneur de l'année par ses collègues.
Le titre de meilleur entraîneur, René Girard n'en fait pas spécialement tout un plat. Tout au plus reconnaît-il qu'il en retire un certain plaisir parce que "ce sont mes pairs qui me l'ont fait obtenir", détaille-t-il dans des propos relayés par L'Equipe. Avec son habituel franc-parler, le Nîmois rappelle cependant que "ce n'est pas ce trophée qui [lui] fera gagner" le championnat. "C'est sympa, mais je ne vais pas dormir avec." On veut y voir une espèce de revanche pour celui qui fut licencié du poste de sélectionneur des Espoirs en 2008 par la DTN, il n'en est rien: "Heureusement que je ne vis pas à travers ces gens-là pour savoir ce dont je suis capable ou pas." Et bam. "Mon métier et ma passion, c'est entraîner. Je dirais même que je les remercie." Bon, ben tout le monde est content, alors.
"Il y a toute une région qui attend ça avec impatience"
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas cette distinction qui risque de faire dévier Girard de sa ligne de conduite: Montpellier a encore un match à disputer et à ne pas perdre pour devenir champion, un titre pour lequel les observateurs du monde du football ont fait de son équipe un favori très tôt cette saison. Mais même si Montpellier à une main dessus, le boss de la Paillade prévient qu'il ne cédera à aucune anticipation: "Toute la saison, ça a été le maître-mot: tant que ce n'est pas acquis, on n'a rien gagné (on croirait entendre un socialiste à propos de la présidentielle). A nous de faire ce qu'il faut dimanche à Auxerre. Ça serait historique pour le club. Il y a toute une région qui attend ça avec impatience."
Après l'euphorie qui a suivi le succès à l'arrachée contre Lille (le but vainqueur d'Aït-Fana a été marqué à la 94e minute), il est impératif de tenir ses troupes éveillées: "C'est toujours difficile de remobiliser tout le monde, fait remarquer Girard. On va s'y atteler, mais les garçons sont conscients que si on veut aller au bout de notre histoire, il faut aller chercher ce titre. Sinon, il y aura un manque."
"Finir dans les deux premiers, c'est quelque chose de fabuleux"
Mais même sans titre, cette saison aura au moins eu le mérite d'apporter son lot de sensations fortes, à commencer par le but de Karim Aït-Fana qui délivra tout Montpellier à la dernière seconde du temps additionnel dimanche soir face à Lille. A commencer par René Girard, qui fut particulièrement remué à ce moment: "Sur le moment, on ne ressent pas grand chose. On écoute ce qui se passe dans le stade. Ce n'était pas une bombe agricole, c'était multiplié par dix ! Personnellement, ça ne m'arrive pas souvent, mais j'ai craqué. Quand on prend conscience qu'on est assuré de finir dans les deux premiers, que plus rien ne peut nous arriver, c'est quelque chose de fabuleux. Il fallait que ça sorte."
Une chose est sûre, si Montpellier gagne le championnat de France, tout le monde reconnaîtra que cette victoire sera avant tout celle du coeur.
