Stade Rennais : 110 ans, ça se fête !
Quel beau centenaire que le Stade Rennais ! Le club de la
capitale bretonne, fondée il y a 110 ans jour pour jour par quatre
jeunes rennais, Henri Jamin, Duchesne, Paul Peter et Philippe Ghis,
fête aujourd'hui son anniversaire en occupant la deuxième place du
classement de Ligue 1. Et il aura l'occasion de fêter comme il se doit
le début de sa 12ème décennie, demain soir dans son antre historique du
Stade de la route de Lorient, face à l'Olympique de Marseille. Tentons
aujourd'hui de revenir le plus succinctement possible sur l'histoire du
club jusqu'aux années Pinalut...
11 mars 1901 : fondation du Stade Rennais
Quatre anciens étudiants de la rue d'Echange décident de concrétiser
leur rêve. C'est à dire de créer leur club de football, à savoir le
Stade Rennais. Le nom des ces quatre étudiants sont : Henri Jamin,
Duchesne, Paul Peter et Philippe Ghis. Le premier maillot du Stade
Rennais sera rayé verticalement de couleurs bleu foncé et bleu ciel.
C'est avec ce maillot que les Rennais perdront leur premier match, deux
semaines plus tard, contre le Football Club Rennais (0-6). Leurs
adversaires portaient les couleurs... rouge et noir.
Saison 1932-1933 : début du professionnalisme
Contre toute attente, la FFFA décide de créer un Championnat de France
Professionnel. Alors que le Stade Rennais et son président Odorico
avaient lutté de nombreuses années pour arriver à ce résultat, le SRUC
décide de ne pas constituer d'équipe pour cette saison ! La raison est
simple, le budget du club est limité et il ne permettra pas de payer
les salaires et les avantages en nature des joueurs. Mais les
supporters s'engagent à créer un fonds de réserve pour aider le club à
participer au Championnat de France Professionnel. Le Stade Rennais
participera donc à ce championnat.
Saison 1934-1935 : deuxième place en championnat
Malgré un classement décevant en Championnat de France, le Stade
Rennais se qualifiera pour la finale de la Coupe de France face à
l'Olympique de Marseille pour la deuxième fois de son histoire. Coup
dur pour Rennes qui perdra sur blessure Walter Kaiser lors de la
demi-finale et qui sera out jusqu'à la fin de la saison. Sans son
buteur, Rennes ne fera qu'illusion face à Marseille (0-3).
Saison 1955-1956 : retour en première division
Après trois années passées en deuxième division, le Stade Rennais
retrouve l'élite du foot français grâce à son artilleur espagnol, un
certain José Caeiro. Longtemps convoité, Antoine Cuissard, qui avait
signé l'été d'avant, est également de la montée. A cette époque Henri
Guérin est l'entraîneur-joueur du Stade Rennais.
Saison 1964-1965 : et d'une Coupe de France...
La première saison de Jean Prouff aux commandes du club sera un moment
historique pour Rennes. Pour la première fois de son histoire, le Stade
Rennais remporte la Coupe de France en battant Sedan en deux matchs. En
championnat, les stadistes terminent à la 4ème place avec la meilleure
attaque de la saison (67 buts).
Saison 1970-1971 : ... et de deux !
Pour la deuxième fois de son existence, le Stade Rennais remporte la
Coupe de France contre l'Olympique Lyonnais de Raymond Domenech (1-0)
grâce à un but d'André Guy sur pénalty, dans un stade de Colombes tout
acquis à sa cause. Un parcours historique avec notamment l'élimination
de Marseille en demi-finale de la Coupe de France devant plus de 27 000
personnes route de Lorient. En championnat, le Stade Rennais Université
Club se classe à la 11ème place.
Fin des années 70 : le club en crise
En 1976, le déficit du club est colossal, il atteint plus d'un million
de francs. Les joueurs doivent même se déplacer vers le Groupement pour
toucher leur salaire. La situation sportive du Stade Rennais devient
critique, puisque le club descend en Deuxième Division en fin de saison
en terminant à la dernière place du championnat. Le Président Lemoux
quitte le club de son plein gré face aux difficultés de celui-ci.
Toutefois, celui-ci aura eu la particularité d'avoir fait entrer dans
l'administration du club un certain François Pinault.
Alfred Houget devient le nouveau Président du Stade Rennais en mai
1977. Faisant partie d'un Comité de sauvegarde avant son intronisation
aux commandes du Stade Rennais, il décide avec l'aval de ses
subalternes de reprendre le passif du club. Grâce à l'équipe de M.
Houget, la ville dont le maire n'est autre qu'Edmond Hervé décide de
prêter de l'argent au club de la ville. Toutefois, le problème n'est
pas clos. La saison suivante le déficit du club atteint les trois
millions de francs. En novembre, les joueurs professionnels du Stade
Rennais décident de faire grêve lors d'un match du Championnat de
France de Deuxième Division à Lille. Ce sont les joueurs amateurs du
club qui joueront le match.
Toutes les solutions sont abordées pour ne pas entériner la mort du
Stade Rennais Football Club. Certains membres du club pensent qu'il
serait préférable d'abandonner le statut professionnel pour celui
d'amateur. Ce qui aurait amené le Stade Rennais en District
(l'équivalent de la Sixième Division aujourd'hui). La mort du club est
annoncée dans certains médias. Le Président Houget décide contre toute
attente de déposer le bilan non pas au Tribunal de Grande Instance,
mais au Tribunal de Commerce de Rennes.
Grâce à cette initiative du Président Houget, le club obtient un
sursis. Un plan de licenciement est mis en place au sein du club.
Recruteur et ancien entraîneur du Stade Rennais, Cuissard est licencié.
De même que Dubaële, vainqueur de la Coupe de France 1965. Le club est
contraint également de vendre ses meilleurs joueurs : Jean-Luc Arribart
et Patrick Delamontagne sont conviés de rejoindre Laval, Pierrick Hiard
est transféré à Bastia.
Les supporters du Stade Rennais décident de créer un fonds
d'investissement afin de recueillir de l'argent pour aider leur club.
Celui s'appelera le "Club des 2000". En Deuxième Division, le Stade
Rennais se maintient en accrochant la 12ème place du groupe B.
Années 80 : les années yoyo
En 1982, le Président Dimier intronise Jean Vincent à la tête de
l'équipe première de Rennes. Le Stade Rennais remonte en Première
Division au prix d'une saison éblouissante qui les verront terminer en
tête du groupe A. Pour l'histoire, Rennes rencontrera Toulon - le
premier du groupe B - en match des champions. A l'aller, les Bretons
iront gagner dans le Sud de la France (0-1) et seront tenus en échec à
domicile (2-2). Cependant, ce résultat et son retour en Première
Division sont occultés par la fin de la suprématie régionale du Stade
Rennais. En effet, depuis quelques années des clubs comme Nantes, Laval
voire le Stade Brestois ont des résultats plus réguliers que ceux des
Rouge et Noir. Pour retrouver ses plus belles heures, la municipalité
de Rennes lui accorde une nouvelle subvention.
Pour son retour dans l'élite, Jean Vincent adresse une liste de joueurs
qu'il souhaite engager au Président Dimier. Sur cette liste figure le
nom de... Pierre Dréossi. Néanmoins, Dréossi ne viendra pas mais le
club recrute Yannick Stopyra qui jouera la Coupe du Monde 1986.
Pierrick Hiard retrouve sa Bretagne et les buts rennais après son
départ à Bastia en 1978. Hélas, ce recrutement ne permettra pas à
Rennes de se maintenir en Première Division. Le Stade Rennais terminera
20ème et dernier du classement. Jean Vincent sera évincé de ses
fonctions par la suite. Pierre Mosca devient alors le nouvel entraîneur
du Stade Rennais pour la prochaine saison. Vainqueur de la Coupe de
France 1965, Marcel Loncle devient directeur sportif.
La saison 1984-1985, en Deuxième Division, démarre sur les chapeaux de
roues et se termine sur la troisième place qui leur permet de disputer
le pré-barrage. Face à Saint-Etienne, le Stade Rennais se qualifiera
pour les barrages en les battant (0-2). En barrage, le Stade Rennais
rencontrera Mulhouse. Le match aller met pratiquement fin aux espoirs
des hommes de Mosca, puisque Rennes est battu au Parc des Sports de la
Route de Lorient (0-1). Cependant, les Rennais trouveront les
ressources nécessaires pour battre Mulhouse au match retour (2-4).
Grâce à cette victoire, les Rouge et Noir accèdent à la finale des
barrages contre Rouen. Au match aller, le Stade Rennais sera défait sur
le terrain de Rouen (0-1). Au retour, Rennes l'emportera sur le même
score. Les prolongations ne donnant rien, les deux formations doivent
en venir aux tirs aux buts. Pierrick Hiard, le gardien du Stade Rennais
sera le héros de la soirée en détournant deux pénaltys et par
conséquent envoyer les siens en Première Division.
Saison 1990-1991 : sauvés de la descente sur le fil
Le buteur du Stade Rennais, Van Der Boogaard quitte le club au grand
regret de Kéruzoré. Il est remplacé par François Oman-Biyik, qui sort
tout juste de la Coupe du Monde 1990 où il fut l'auteur du but
vainqueur lors du match d'ouverture contre l'Argentine de Diego
Maradona. Le Stade Rennais terminera à la dernière place du Championnat
de France. Le club est de nouveau relégué en Deuxième Division. Mais
coup de tonnerre ! Le Stade Rennais est repêché suite aux problèmes
financiers de Brest et de Nice épinglés par la Direction Nationale de
Contrôle de Gestion. Raymond Kéruzoré est remplacé au poste
d'entraîneur par Didier Notheaux, ancien joueur du Stade Rennais de
1976 à 1977. L'échéance n'est finalement retardé que d'un an, le SRFC
descendra en 1992.
Saison 1993-1994 : ultime remontée !
Michel Le Milinaire arrive au poste d'entraîneur. Celui-ci doit faire
avec les peu de moyens du club et s'appuiera sur la formation du Stade
Rennais. Pierre-Yves André, Laurent Huard, Ulrich Le Pen et Sylvain
Wiltord s'installent en équipe première au coté de Gourvennec. Du coté
de l'administration, François Pinault fait son retour au club. Il
devient le sponsor principal du Stade Rennais.
Au niveau du Championnat de France de Deuxième Division, le Stade
Rennais termine 2ème à un seul point du leader Nice. Mais cela suffit
aux Rouge et Noir pour remonter en Première Division, qu'ils ne
quitteront désormais plus jusqu'à aujourd'hui. A l'issue de la saison,
Gourvennec - meilleur buteur du club cette saison avec 14 buts - sera
élu par l'hebdomadaire France Football, le meilleur joueur de Deuxième
Division.





