Dans la presse espagnole, seuls Marca et AS proposent en une un joueur français... Simple dédain pour l'équipe de France, ou reflet de la situation nationale tendue, entre velléités indépendantistes et aggravation des rivalités Madrid-Barcelone, dans un contexte de crise économique ?

Ce mardi, jour du très attendu Espagne-France, l'équipe de Chronofoot a jugé utile d'aller voir ce qui se dit outre-Pyrénées. Si le fait de ne voir que Karim Benzema en une des quotidiens Marca et AS peut paraître un peu réducteur pour ce qui est de la représentation de l'équipe de France, le plus frappant reste qu'aucun des quatre quotidiens nationaux - qu'ils soient pro-Madrilènes ou pro-Catalans -, ne placent en une un maillot de la Roja.

"Espagne et France jouent aujourd'hui leur billet pour le mondial"

"Un match de classe mondiale", met en exergue Marca, "ennemis cordiaux", relève AS, avec dans les deux cas une photo de Sergio Ramos et de Karim Benzema. "Un match clé", déclare dans un coin de la une le Mundo Deportivo. "La moitié du FC Barcelone contre l'équipe de France", s'enflamme dans un encart Sport. Une une aux couleurs du FC Barcelone avec Xavi dans le premier cas, et Busquets dans le second : ce match Espagne-France n'a pas l'air d’enthousiasmer les Catalans, ce qui n'est pas sans rappeler que dans un contexte de crise sans précédent, les velléités indépendantistes des Catalans ont redoublé d'intensité, et un référendum a même été demandé.

Mais cette apparente préoccupation des Catalans peut également être vue d'un autre prisme. En effet, les unes qui ne parlent que de la rivalité Madrid-Barcelone ou d'un éventuel transfert de Busquets vers Manchester City peuvent également traduire le peu d'intérêt que représente aujourd'hui le fait d'affronter l'équipe de France. Ainsi, comme l'ont fait Marca et AS, le match face à l'EDF ne serait intéressant que par la présence de Karim Benzema, seul Français méritant de truster la une de deux quotidiens espagnols le jour de la rencontre. Reste donc à savoir si ce match est tout simplement mal tombé, en pleine période d'agitation sociale, ou si les Espagnols nous refont le coup de 2006 avec un "Vamos a jubilar a Zidane", prenant de haut l'équipe de France et la réduisant également à un seul homme...