Dopage : Roger Federer favorable au passeport biologique

Depuis les déclarations de Christophe Rochus qui soupçonnait Rafael Nadal d'utiliser des substances dopantes, le gratin du tennis mondial multiplie les prises de positions en faveur de la lutte antidopage. Le dernier en date : Roger Federer qui se dit favorable à la mise en place du passeport biologique. 

"Un passeport sanguin sera nécessaire car certaines substances peuvent ne pas être découvertes en ce moment. Il devrait également y avoir plus de tests sanguins pendant et en dehors des tournois. Je n'ai pas été testé sur mon sang après l'Open d'Australie ! Et j'ai dit aux personnes responsables là-bas que je trouvais ça très surprenant." Actuellement au tournoi de Rotterdam aux Pays-Bas, Roger Federer s'est positionné à son tour de façon claire pour la lutte antidopage, pas assez rigoureuse à son goût au sein de son sport, le tennis. Et il n'est pas le seul. 

Un passeport biologique à l'année ?    

En cause pour le numéro 2 mondial, un manque de moyens : "Il devrait aussi y avoir plus de budget pour effectuer tous les tests possibles, et les tournois du Grand Chelem devraient aider à financer ces analyses. C'est évidemment dans leur intérêt de garder notre sport propre et crédible." Le recordman de victoires en Grand Chelem s'est également montré favorable à l'instauration d'un passeport biologique, à l'image de ce qui est mis en place en athlétisme et au cyclisme. C'est à dire un document retraçant tous les contrôles anti-dopage des sportifs ainsi que leur profil hématologique et endocrinologique. Le but étant de contrôler les variations des marqueurs biologiques pour détecter l'absorption de substances interdites.

Comme pour le cyclisme, certains tennismen privilégieraient un suivi à l'année comme l’Écossais Andy Murray : "Je pense qu'il faudrait faire plus de tests lors des périodes où les joueurs ne sont pas en compétition. Par exemple en décembre, lorsqu'on prépare la nouvelle saison, je pense qu'il serait bon que les joueurs soient plus contrôlés à ces moments-là."    

131 tests sanguins en 2011 seulement    

Ce discours, Roger Federer et Andy Murray ne sont pas les seuls à le tenir au sein du paysage tennistique. Une prise de position qui fait suite aux nombreuses suspicions de dopage au sein du monde de la petite balle jaune. Surtout depuis le pavé dans la mare lancé par l'ancien tennisman Belge, Christophe Rochus, durant l'Open d'Australie, concernant Rafael Nadal.

Jeudi dernier, le tennisman espagnol s'est montré agacé sur le sujet et confiait à L'Equipe sa volonté de voir un tennis propre et transparent : "Ce genre de rumeur existe parce que les contrôles ne sont pas publics. L'ITF doit jouer la transparence. L'AMA pareil. Sinon, ça continuera et je devrai encore écouter Christophe Rochus faire ses commentaires stupides sans aucune preuve. Je veux être sûr que celui en face est aussi propre que moi."  

Comme le relève Eurosport, la Fédération Internationale de Tennis (ITF) n'a effectué que 131 tests sanguins sur l'année 2011 contre 2019 tests d'urine. Des tests sanguins quasiment aux abonnés absent qui corroborent les mots de Novak Djokovic qui avait avoué pendant l'Open d'Australie 2013 "ne pas avoir subi de contrôle sanguin depuis six ou sept mois. C'était plus régulier il y a encore deux ou trois ans. Je ne sais pas pourquoi ils ont arrêté. Nous essayons de protéger l'identité de ce sport et je crois que les joueurs de tennis sont parmi les athlètes les plus propres dans un sport qui est un des plus compétitifs. Donc tant que tous les joueurs sont traités de la même façon, tant que le système est juste, je n’ai aucune raison de me plaindre des contrôles anti-dopage." Cette prise de position claire et collective devrait aboutir à des changements dans le futur.