Maria Sharapova

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, les femmes du circuit mondial vont devoir faire attention à... leurs cris. La présidente de la WTA a annoncé que des tests allaient être mis en place pour savoir si certaines abusent de leurs cordes vocales. Mais au fait, savez-vous pourquoi nous crions pendant l'effort ? On vous dit tout.

Quiconque a déjà assisté à un match de tennis féminin n'a pas pu passer à côté d'un phénomène bien particulier. Non, on ne parle pas des petites jupettes et de la différence de niveau parfois stratosphérique entre les joueuses, non, ce serait une position sexiste. En revanche, les cris de ces championnes sont clairement très présents lors des rencontres.

Combien de décibels ? 

Que ce soit chez les hommes ou les femmes, crier au moment de frapper la balle est une pratique courante, mais quand ce sont ces dames il est vrai que cela peut parfois monter haut. En janvier 2012, une chaîne de télé avait mesuré les cris de Victoria Azarenka à plus de 91 décibels, soit l'équivalent d'une tondeuse à gazon. Quand on sait que le calme et le silence sont demandés entre chaque point, on peut comprendre la gène de certaines joueuses. 

"Bien sûr que tout le monde a le droit de faire du bruit, ça fait partie du tennis. Mais je pense que c’est trop fort. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de hurler aussi fort. Si la WTA peut faire quelque chose, ce serait bien, non ?", avait rappelé poliment Agnieszka Radwanska, défaite ce jour-là.

Et bien, il semblerait que les instances aient écouté le message, puisque la présidente de la WTA (le circuit professionnel féminin), Stacey Allaster, a déclaré s'être adjoint les services d'une société pour évaluer l'ampleur du problème. "Nous voulons développer une bonne stratégie pour faire disparaître les gémissements exagérés, a-t-elle lâché dans les colonnes d'USA Today. Nous avons démarré les tests audio depuis quelques mois"

Qui sont les fautives ? 

Les premières visées sont bien entendu Maria Sharapova, Serena Williams et Victoria Azarenka, toutes les trois dignes héritières de Monica Seles, championne des 90s et réputée pour ses cris sur les courts. "C'est sûr que j’ai beaucoup regardé Monica Seles jouer. Et j’ai commencé à crier parce qu’elle criait. Puis, je n’ai jamais cessé. Aujourd’hui, quoiqu’il en soit, je suis devenue une crieuse", admet la cadette des soeurs Williams dans un excellent dossier compilé par Rue89.

Mais toutes les joueuses ne sont pas de cet avis. La légende Martina Navratilova peste contre ces cris qu'elle juge exagérés: "On ne peut plus accepter ces cris. Ils sont de plus en plus longs et forts. Pour moi, c’est de la triche pure et simple. Il faut sévir".

Pourquoi crie-t-on ? 

On l'aura compris, le cri est devenu une pièce essentielle du tennis moderne, voire même du sport tout court. C'est d'ailleurs ce qu'explique Yann Aucouturier, membre de l'équipe de France d'Haltérophilie à Rue89. "C’est une forme de transe. Crier, ça peut libérer si on est trop crispé sous la charge. C’est une façon de donner tout ce qu’on a. Il m’est déjà arrivé de revoir des vidéos où j’étais dans un tel état d’explosion, d’émotions que je ne me reconnaissais pas. C’est une façon de s’exprimer aussi"

Pour Yves Jamet, professeur de karaté, c'est une véritable prolongation du geste sportif. Un coup de raquette, comme un coup de poing, ou une frappe au but, peut s'accompagner par la voix: "En japonais, le ki, c’est l’énergie. Le kiai, c’est donc un moment où le karatéka s’implique pleinement, physiquement et mentalement, dans l’action qu’il réalise. C’est une implication totale de l’être, une union des énergies".

Sinon, il y a toujours l'explication des gros mecs un peu plus bruts de décoffrage, un brin machos, comme Boris Becker, figure emblématique du tennis masculin: "Quand Maria Sharapova et Venus Williams jouent, tu ne regardes pas le match. Il y a quelque chose de sexuel".