Manu Tuilagi et son oreille

Grand artisan de la victoire du XV de la Rose face au XV de France dans le Tournoi des 6 nations samedi dernier, Manu Tuilagi n'aura pas seulement marqué le seul essai anglais. Le centre d'origine samoane a refusé de quitter le terrain malgré une oreille arrachée en début de match. 

19 points de suture. C'est ce qui a été nécessaire pour soigner l'oreille du centre anglais, Manu Tuilagi après la victoire de l'Angleterre face au XV de France pour la troisième journée du Tournoi des 6 Nations (23-13). Une blessure due à un coup de coude du troisième ligne français, Louis Picamoles, en tout début de partie et non à une morsure comme Evander Holyfield face à Mike Tyson. Refusant de laisser sa place sur le terrain, Manu Tuilagi a ordonné au médecin de l'équipe d'Angleterre de lui mettre un bandeau pour protéger son oreille. Comme au bon vieux temps. 

"Non, mets du ruban adhésif !" 

Titulaire au centre pour le XV de la Rose, le joueur des Leicester Tigers avait pour mission de bloquer Mathieu Bastareaud et d'apporter de la percussion en attaque. Mission réussie pour Tuilagi malgré la secousse reçue par Louis Picamoles :  "C'était le premier contact du match. J'ai vu des étoiles pendant quelques secondes. Je ne sais pas si j'ai été K.O mais j'étais vraiment étourdi", a souligné Manu Tuilagi à la presse anglaise après le match. "C'est un des plus grands tampons que j'ai reçu. J'ai dit au médecin d'envelopper mon oreille. Le docteur m'a dit que j'avais besoin de points de suture mais je lui ai répondu : 'Non, mets du ruban adhésif !'" 

La blessure du centre d'origine samoane était tellement profonde que les dix minutes de repos de la mi-temps ne suffisait pas pour lui prodiguer les soins nécessaires comme le précise Tuilagi : "Ils ne pouvaient pas me faire une couture provisoire pendant la mi-temps parce qu'il y'avait trop de dégâts. Il a fallu 40 minutes pour me mettre les points de sutures après le match. J'en ai 17 sur l'oreille externe et 2 en interne."

Sorry Good Game

Une blessure qui n'affolait pas le centre anglais dans une rencontre qui respirait les Crunch des années 1990 dans l'engagement et le combat. Un match qui a plu au plus jeune de la fratrie Tuilagi : "L'engagement physique est un des points que j'ai apprécié du match." Sans oublier son essai à la 54e minute suite à un cafouillage de la défense française après une chandelle de Farrell : "C'était un sentiment incroyable de marquer un essai pour ce match." Et de pouvoir dire une nouvelle fois aux français en hommage à Will Carlling, "Sorry Good Game."