Michel Platini

La réforme du fair-play financier prend effet ce 1er juin. Les clubs devront désormais faire très attention à leurs dépenses. Analyse d'une réforme chère à Michel Platini, président de l'UEFA.

"Les clubs ne devront pas dépenser plus que ce qu'ils gagnent", voilà comment résume un porte-parole de l'UEFA en parlant du fair-play financier selon Reuters et relayé par Yahoo!. A compter du 1er juin 2011, la réforme si chère à Michel Platini, le président de l'instance européenne, est mise en application, après avoir été approuvée à l'unanimité par le comité exécutif de l'UEFA. Ainsi les équipes qui ne seront pas en accord avec cette nouvelle réglementation pourront se voir attribuer des sanctions: de l'interdiction de faire des transferts à l'exclusion des compétitions européennes.

Bien entendu, la nouvelle lubie de Platini sera instaurée progressivement. Un club ne pourra se permettre plus de 45 millions d'euros d'endettement jusqu'en 2013 dans un premier temps. Puis il devra présenter un bilan équilibré (30 millions d'euros les trois suivantes). C'est à dire que les possibles sanctions pourraient tomber dès la saison 2013-2014 et l'éviction des coupes européennes dès la saison suivante (2014-2015).

Un projet gigantesque qui concerne tous les clubs, même les plus prestigieux. A titre d'exemple, les deux derniers finalistes de la Ligue des Champions, le FC Barcelone et Manchester United, comptent respectivement 442 et 900 millions d'euros de dettes. Bien au-delà du seuil toléré par l'UEFA. Mais Michel Platini se veut intransigeant. Aucun passe-droit ne sera délivré. Ainsi, selon une étude publiée par l'instance européenne, près d'un club sur cinq serait dans une situation critique.

Qu'est-ce que le fair-play financier va changer ?

Concrètement, les clubs vont moins dépenser et alléger leur masse salariale. Ce qui est déjà le cas depuis quelques temps: "Le fair-play financier n'est pas encore mis en place que les plus grands clubs ont déjà été plus ou moins calmes dans les dépenses pour acquérir des joueurs. On a même pu le constater lors des dernières fenêtres de transferts. Avec l'entrée en vigueur de cette initiative, il y aura une réduction de l'inflation sur le marché des transferts", indique Didier Primault, professeur au Centre du Droit et de l'Économie du Sport (CDES), à l'agence Reuters.

En revanche, Christophe Durand, professeur de management du sport à l'université de Caen, concède que si le fair-play financier donnera la possibilité de "limiter les déficits et les dépenses des clubs, et donc indirectement de réduire les salaires", il ne résoudra pas tout. Pire encore, il pourrait être contourné juridiquement: "Si un club exclu pose une réclamation en justice ordinaire, que peut-il se passer si on lui donne raison ?", s'interroge-t-il.

Le fair-play financier et les Ferraris

Car le fair-play financier interdit le système de mécénat que bon nombre de clubs appliquent, mais ils pourraient néanmoins récupérer de l'argent par d'autres biais. Notamment en gonflant les contrats publicitaires ou de sponsoring: "Si les gens sont prêts à donner de l'argent, ils y arriveront toujours", conclut le professeur de management. 

En tout cas, Michel Platini a une manière bien à lui d'expliquer son fair-play financier. "Quand j'étais jeune, je me rappelle avoir vu des gens sans argent acheter des Ferraris. Et grâce à cette Ferrari, ils séduisaient les plus belles filles. Ce n'est pas juste, mais ce qui est arrivé dans le football. Vous n'avez pas l'argent pour acheter les joueurs, mais vous les obtenez quand même. En définitive vous trichez et vous remportez la compétition. Ce n'est pas correct". Simple comme une image...