Jean-Pierre Dick à l'arrivée, aux Sables d'Olonne ©Olivier Blanchet

Bien que naviguant sans quille depuis le 22 janvier dernier, Jean-Pierre Dick, qui s'était longtemps questionné sur son possible abandon du Vendée Globe, a bouclé son tour du monde en 86 jours.

Terminer le Vendée Globe est déjà presque un exploit en soit. Mais boucler un tour du monde en parcourant plus de 2000 milles sans quille, cela relève quasiment du miracle. C'est pourtant ce qu'a réalisé Jean-Pierre Dick qui a franchi lundi la ligne d'arrivée aux Sables d'Olonne.

Dick le héros, Thomson son ange gardien

C'est le 22 janvier dernier que les choses se corsent pour le skipper de Virbac Paprec 3. Alors 3e de la flotte du Vendée Globe, derrière François Gabart et Armel Le Cléac'h, le navigateur élu marin de l'année en 2011 perd sa quille au Sud des Açores. L'heure est grave pour le natif de Nice, car la quille est un élément essentiel sur un voilier. Cette pièce maîtresse empêche en effet le bateau de chavirer.

Après une longue hésitation, Jean-Pierre Dick décide finalement de ne pas abandonner et de terminer son tour du monde en limitant sa vitesse sur une embarcation qui s'apparente à une planche à voile géante très instable. Pari réussi pour le marin qui boucle son Vendée Globe en 86 jours, 3 heures et 3 minutes, soit seulement deux jours de plus que Michel Desjoyaux, le vainqueur de l'édition 2008-2009 (84 jours, 3 heures et 9 minutes), qui détenait par ailleurs le record du monde dans cette épreuve, avant que Gabart ne passe sous la barre des 80 jours cette année (78 jours 2 heures et 16 minutes).

Le marin qui a privé Dick de podium n'est autre qu'Alex Thomson. Le skipper d'Hugo Boss, derrière le marin niçois avant qu'il ne perde sa quille, a terminé 3e du Vendée Globe. Sans rancune pour Jean-Pierre Dick car son homologue britannique a été exemplaire en naviguant à ses côtés pour s'assurer qu'il ne connaisse pas de complications alors que les vents s'intensifiaient. "Je ne suis pas serein de te laisser naviguer seul alors que le vent va se renforcer dans quelques heures. Je vais naviguer à tes côtés jusqu'à ce qu'on retrouve des conditions météo plus modérées au large des Açores", avait écrit le skipper anglais à Dick. Une belle histoire qui prouve encore que le Vendée Globe mérite bien son surnom d'Everest de la mer.